Josée Fortin, directrice de Sherbrooke Innopole

Le blocus ferroviaire inquiète Sherbrooke Innopole

Le service de transport ferroviaire doit reprendre au plus vite, car la région de Sherbrooke commencera à ressentir très bientôt les effets du blocus qui sévit depuis des semaines au Canada.

La nervosité est palpable du côté de Sherbrooke Innopole. On n’a pas encore reçu de signaux inquiétants de la part des entreprises d’ici, mais ça ne serait tarder, redoute Josée Fortin, directrice de l’organisme de développement économique.

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« Je suis inquiète », lance-t-elle, lors d’un entretien téléphonique accordé jeudi à La Tribune.

« Le blocus doit cesser bientôt. Des entreprises vont manquer de matière première. Ça veut dire qu’il y aura des mises à pied. Il y aura des effets collatéraux. »

Des blocus ferroviaires paralysent plusieurs tronçons de chemin de fer au Canada depuis deux semaines. Le transport de marchandises par train est paralysé, notamment au Québec. De plus, mercredi le service de la ligne de train de banlieue de Montréal a été stoppé en raison d’une barricade de manifestants à Saint-Lambert. Les manifestants disent agir en solidarité avec les Autochtones de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, où ils s’opposent à la construction d’un pipeline.

« Je ne veux pas me montrer alarmiste. Personne n’est content de ce qui se passe », revient Mme Fortin.

« Ça n’affecte pas seulement les entreprises manufacturières. Prenez par exemple une boulangerie. La farine peut venir de l’Ouest canadien par train. »

« C’est délicat »

Josée Fortin ne peut évaluer le pourcentage d’entreprises de la région sherbrookoise qui dépendent du train pour recevoir leurs matières premières ou expédier leurs produits. Certaines devront se tourner vers le transport par camion. « Mais encore là, il y a des enjeux, se plaint-elle. L’industrie du camionnage manque de conducteur. »

« Il y a des bateaux qui attendent de livrer des conteneurs au port de Montréal actuellement. »

Josée Fortin n’a pas de solution toute faite. Mais on devra prendre des décisions rapides pour dénouer la crise. Elle invite toutes les parties à faire un effort. « Je n’ai pas de réponse. C’est délicat », dit-elle.

« Je pense que le gouvernement devrait arrêter le chantier du pipeline. Ça ferait lever les barricades et ensuite on pourrait négocier. Tout le monde doit s’assoir à une table pour négocier. »

Sherbrooke Innopole n’a pas encore reçu de signaux d’entreprises de la région se plaignant des effets du blocus ferroviaire, malgré les messages expédiés vers elles. Même chose pour ce qui est des répercussions de la crise du coronavirus. « Nous n’avons pas eu de réponse », avoue-t-elle.

« Si on nous fait signe, nous serons là pour les accompagner pour trouver des solutions. Les entreprises n’ont qu’à nous contacter. »