Le bédéiste Marc Delafontaine, alias Delaf, fait partie des 60 bédéistes invités à rendre hommage à l’univers d’Astérix pour souligner les 60 ans de création du célèbre héros à moustache. Seulement deux Québécois ont mis leur griffe à l’album Générations Astérix qui sera lancé au Québec lundi.

Le bédéiste Delaf participe à un hommage à Astérix [VIDÉO]

L’artiste sherbrookois Marc Delafontaine, alias Delaf, est l’un des deux bédéistes québécois à participer à l’album hommage Générations Astérix. En tout, une soixantaine de créateurs ont signé chacun une page dans la brique dessinée qui sera lancée au Québec lundi prochain pour marquer le 60e anniversaire du futé héros à moustache.

« C’est un honneur et un grand plaisir de mettre ma griffe à ce projet. J’avais l’impression d’être un petit gars à qui on donnait la permission de s’amuser avec les personnages de BD qui ont marqué ses premières années. J’ai eu plusieurs coups de cœur littéraires dans le monde de la BD, mais les créateurs qui m’ont le plus marqué, ce sont Uderzo et Goscinny, pour Astérix, ainsi que Frankin, pour Gaston Lagaffe », explique celui qui signe depuis 15 ans la populaire série Les Nombrils avec Maryse Dubuc.

La proposition artistique enracinée à l’univers d’Astérix est arrivée via Facebook. Marc Delafontaine avait reçu une invitation d’un Européen avec lequel il avait quelques amis en commun. « J’ai tardé à répondre. Jusqu’à ce que je réalise que c’était le directeur général des éditions Albert René. »

La demande d’amitié était tout juste acceptée que le Sherbrookois recevait déjà un message privé de son nouvel ami Facebook.

« Il écrivait adorer Les Nombrils et me proposait de participer à l’album hommage à Astérix. »

Une si belle invitation ne se refusait pas.

« Je n’avais vraiment pas le temps, mais évidemment, j’ai dit oui. »

Le bédéiste avait carte blanche pour créer sa planche. L’éditeur a émis un seul souhait : que ce soit Les Nombrils qui rendent hommage à Astérix. 

« Je me demandais comment j’allais réussir ça. Le plus grand défi, c’était le scénario. De prime abord, je ne voyais pas comment marier les deux univers. Puis, j’ai eu le flash de camper les ancêtres de Jenny et Vicky dans le village gaulois. »


« Je pense avoir réussi à mettre ma touche en respectant l’œuvre originale. »
Marc Delafontaine

L’auteur tenait son filon d’or.

« C’est assez rare que ça arrive, mais là, en quinze minutes, j’avais le texte. » 

Les aïeules qu’il a imaginées, Jennine et Vickine, sont à l’image de leurs descendantes, de véritables petites pestes qui sèment la pagaille partout où elles passent. Les valeureux Gaulois n’en peuvent bientôt plus des vacheries qu’elles profèrent à tout vent. Et contre ça, même la potion magique ne peut rien. C’est quand même Panoramix le druide qui sauve la mise en inventant le Wi-fi...

Précieux héritage

En dix cases bien pensées, Delaf raconte un épisode auquel on adhère et dans lequel on sent autant sa signature que l’héritage laissé par Uderzo et Goscinny.

« Je pense avoir réussi à mettre ma touche en respectant l’œuvre originale. J’ai travaillé sans trop penser à la pression qui vient nécessairement lorsqu’on s’associe à pareil pilier. Astérix, c’est un monument et c’est, de loin, le plus gros succès de la bande dessinée franco-belge avec quelque chose comme 370 millions d’albums vendus », note celui qui a découvert les aventures illustrées des irréductibles villageois alors qu’il ne savait pas encore lire.

« J’étais très attiré par l’univers graphique de ces livres qui m’avaient été donnés et qui avaient déjà beaucoup vécu. Je me souviens que j’avais colorié les pages de garde. Après ça, les dessins animés sont devenus des classiques de Ciné-Cadeau. Astérix est un personnage qui a marqué notre imaginaire et, curieusement, dessiner cet univers-là a été plus facile que je le croyais. J’ai réalisé que mon coup de crayon a été davantage influencé que je le pensais par Uderzo. J’imagine que certains auteurs nous marquent lorsqu’on est jeunes, ils laissent une empreinte qui vient définir, dans une certaine mesure et de façon inconsciente, notre style graphique. »

En plus de se retrouver dans Générations Astérix, la page dessinée par Delaf a aussi brillé sur la quatrième de couverture d’une édition des Cahiers de la BD. Le collectif, déjà disponible en Europe depuis un mois, sera sur les tablettes des librairies québécoises le 11 novembre. Le bédéiste Mikaël (à qui on doit Giant et Bootblack) est l’autre auteur du Québec qui a collaboré à l’ouvrage.

« C’est difficile de savoir quel impact peut avoir une participation à un truc comme celui-là. On dit oui pour le plaisir, pour la croix sur le parcours que ça représente. Cette belle aventure professionnelle m’a permis de rencontrer le directeur des éditions Albert René. On a lunché ensemble à Paris. J’ai constaté que c’est un vrai fan des Nombrils. Il a lu tous les albums, et probablement plus d’une fois! »

Parlons Nombrils, justement. Le deuxième album des Vacheries des Nombrils, lancé plus tôt cet automne, devrait être suivi d’un troisième l’an prochain. Le duo de créateurs derrière la série publiée chez Dupuis réfléchit à ce que pourrait être le tome neuf des aventures du trio féminin Jenny-Vicky-Karine.

En parallèle, Marc Delafontaine planche sur un projet solo qui l’amènera dans un autre univers, toujours dans la sphère de la bande dessinée.

« J’en suis seulement aux premières étapes, mais c’est très stimulant. J’aimerais une publication en 2021. »  

 

Vous voulez lire

Générations Astérix

Éditions Albert René

140 p.

En librairie le 11 novembre