Les AVC représentent des urgences médicales très sérieuses, car il y a 1,9 million de neurones qui meurent chaque minute lorsqu’une artère majeure est obstruée au cerveau – ce qui est le cas lors d’un AVC.

L’AVC, une grande urgence médicale

SHERBROOKE — Trois cents dix-neuf personnes souffrant d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique se sont présentées à l’Hôpital Fleurimont en 2017-2018. Les AVC représentent des urgences médicales très sérieuses, car il y a 1,9 million de neurones qui meurent chaque minute lorsqu’une artère majeure est obstruée au cerveau — ce qui est le cas lors d’un AVC. Sur les 319 patients, 62 ont subi un traitement par thrombolyse.

« Malgré les avancées médicales, c’est la rapidité de la prise en charge d’un patient ayant des signes et symptômes d’un AVC qui réduit les risques de séquelles permanentes », rappelle le Dr François Evoy, neurologue et chef du département de neurologie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Plus vite le patient se présente à l’hôpital, plus il augmente ses chances de recevoir certains traitements qui peuvent avoir un impact très important sur sa réhabilitation. En effet, chaque minute d’hésitation avant d’appeler l’ambulance peut avoir une incidence sur les mouvements, la coordination motrice, la vision et la mémoire du patient.

Continuum de services AVC

L’Hôpital Fleurimont a mis en place le continuum de services AVC en 2013 au CHUS Fleurimont par le biais de toutes sortes de mesures qui ne cessent de s’améliorer et de se peaufiner depuis.

Les impacts sont concrets. Par exemple, le délai moyen entre l’arrivée du patient et le traitement par thrombolyse est passé de 67 minutes à 32 minutes à l’Hôpital Fleurimont depuis 2016.

« Le continuum de soins AVC est une grande réussite pour l’organisation des soins de santé », se réjouit le Dr Evoy.

Les ambulanciers paramédicaux ont été formés à reconnaître les signes d’AVC, ce qui leur permet alors d’orienter immédiatement leurs patients vers l’hôpital Fleurimont où le continuum AVC a été instauré.

Dès que les ambulanciers signalent par radio qu’ils conduisent un patient faisant potentionnellement un AVC, un code est lancé afin de mettre en branle toute une équipe de professionnels : les urgentologues bien sûr, mais aussi la neurologie, la radiologie interventionnelle, le personnel du laboratoire également où on devra agir rapidement pour procéder aux premières analyses.

Mais pourquoi est-ce si urgent de se présenter à l’hôpital? Ce qui rend la visite à la salle d’urgence si urgente est la possibilité de recevoir une thrombolyse (un médicament très puissant administré dans le but de dissoudre le caillot) ou encore une thrombectomie (insertion d’un cathéter dans l’aine dans le but d’aller retirer le caillot) en radiologie interventionnelle.

En fait, la thrombectomie a fait son apparition en 2016 pour le traitement des AVC sévères. Cette intervention est offerte dans les quatre centres tertiaires du Québec, dont l’Hôpital Fleurimont. La fenêtre thérapeutique pour recevoir ce médicament qui dissout le caillot est de quatre heures et demie.