La salle intermédiaire sera conçue pour avoir un impact visuel autant le jour que le soir. 
La salle intermédiaire sera conçue pour avoir un impact visuel autant le jour que le soir. 

L’architecture de la salle intermédiaire est dévoilée

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
L’Atelier Paul Laurendeau et NEUF architect(e)s ont remporté le concours d’architecture pour la conception de la salle de diffusion destinée à un public jeunesse à Sherbrooke. Paul Laurendeau, qui a conçu l’Amphithéâtre Cogeco à Trois-Rivières, propose un bâtiment sobre, simple, où la couleur rouge sera prédominante. Il assure qu’il respectera le budget total, établi à 10 M$. Il aura six mois pour élaborer les plans et devis nécessaire à l’appel d’offres pour la construction du théâtre.

La pandémie aura retardé d’un mois l’annonce du lauréat, alors qu’il était prévu, en mars, que le gagnant du concours d’architecture soit connu le 9 septembre. L’inauguration de la salle de spectacles qui sera située au coin des rues Wellington Sud et du Dépôt est toujours planifiée pour la fin de l’année 2022. Le projet gagnant a été choisi à l’unanimité par le comité de sélection. 

Concrètement, la façade du bâtiment sera vitrée, mais recouverte d’une pellicule rouge. Deux entrées distinctes seront aménagées, soit par la billetterie ou par le foyer. Celui-ci sera simple, voué à l’éducation, et sera drapé d’un velours rouge rappelant un rideau de théâtre. « La couleur donne un côté théâtral très expressif, alors que le Centre des arts de la scène Jean-Besré sert à l’entraînement et la pratique », indique Paul Laurendeau pour expliquer le contraste entre les deux édifices qui seront adjacents.  

Dans la salle, les 300 sièges pourront être déplacés pour permettre plusieurs configurations avec une scène d’un côté ou au centre. Des lumières bleues seront installées au plafond pour créer une ambiance.

Bianca Martel-Couture, chargée de projet en construction, explique que le projet vainqueur a retenu l’attention parce que le bâtiment s’harmonise bien avec le cadre bâti tout en permettant une distinction des usages. « La proposition s’est démarquée par la grande rigueur budgétaire, pour le bâtiment fonctionnel et pour la qualité architecturale. Le concept est simple, réfléchi et la scénographie est au centre des préoccupations. »

L’équipe gagnante a d’ailleurs travaillé avec Guy Simard, consultant scénographe. 

Simplicité et sobriété 

Le budget étant un élément-clé, Paul Laurendeau explique avoir opté pour des formes simples. « Le bâtiment est un rectangle très simple. Pour respecter le budget, on choisit souvent des matériaux plus simples. On utilise moins de surfaces en bois à l’intérieur. Juste avec de l’éclairage et de la couleur, on peut créer beaucoup d’impact. Nous avons aussi mis les équipements mécaniques sur le toit, pour économiser des mètres carrés.Un autre élément qui peut coûter cher : la dimension du théâtre. Nous n’avons pas dépassé les 1600 m2 demandés. Souvent, les architectes ajoutent de l’espace pour que ça ait l’air plus agréable, mais on doit en retrancher lors de la réalisation. »

M. Laurendeau affirme que les finalistes du premier concours d’architecture avaient tous proposé un théâtre plus grand que les 1600 m2 carrés demandés. 

La directrice de Côté Scène, Lilie Bergeron, a accueilli la nouvelle avec beaucoup d’émotion. « C’est une immense reconnaissance que ce projet se poursuive malgré toutes les embûches rencontrées. En ces temps de pandémie, c’est une très bonne nouvelle de dire que les choses continuent, qu’il y aura un pôle culturel facilement identifiable au centre-ville, un lieu de rassemblement pour les jeunes familles. Je suis très heureuse du choix du jury. »

Enfin!

« Enfin! », a soufflé le président du comité de la culture, Paul Gingues. « Il faut savoir que ça fait à peu près 20 ans que ce projet percole, pour reprendre une expression populaire à la ville. Ça fait longtemps qu’on attend. Je pense que cette fois-ci est la bonne. »

Chantal L’Espérance, conseillère du district du Lac-des-Nations, estime qu’il s’agira d’un beau levier pour dynamiser le secteur culturel et pour favoriser le développement économique. 


Nicole Bergeron s’est dite réconfortée dans la décision qu’ont prise les élus de lancer un deuxième concours d’architecture après que le premier lauréat eut répondu de façon insatisfaisante au cadre budgétaire. « Vous avez traversé de tempêtes. Cela vous honore », a-t-elle lancé aux porteurs du projet.  

Évelyne Beaudin a jeté son attention sur la place publique gazonnée devant le futur théâtre. « L’énergie est beaucoup mise sur le bâtiment. Je respecte ça. C’était la bonne décision à prendre. Mais comme Ville, nous pouvons penser que la place publique aura un rôle important. » Elle rêve d’une petite scène extérieure et d’un plancher de danse en plein centre-ville. 

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines, explique que la place publique fait partie du plan directeur de la rue Wellington Sud et que son aménagement sera réalisé plus tard. 

Marc Denault a qualifié les démarches pour aboutir à ce projet de « plus belle mobilisation » qu’il a vue à Sherbrooke. 

Un comité technique a analysé les propositions en tenant compte de la faisabilité à l’intérieur du cadre budgétaire qui se chiffre maintenant à 10 M$. La part de la Ville sera de 2,8 M$ alors que les gouvernements provincial et fédéral contribuent pour 4 M$ et 2,7 M$ respectivement. Côté Scène, le diffuseur injectera 500 000 $.

À l’origine, le budget de la salle intermédiaire était de 8,5 M$. La Ville de Sherbrooke aura, à la fin du projet, dépensé au moins 1,7 M$ de plus, soit 744 200 $ pour des fonds dépensés dans le premier concours d’architecture et 943 400 $ pour l’indexation des dépenses. Cette majoration du budget n’est pas admissible à une aide financière des gouvernements. 

Rappelons que la Ville a relancé un concours d’architecture après qu’elle eut jugé que le premier lauréat ne respectait pas les balises contractuelles du premier concours. Le Ministère de la Culture avait alors affirmé que ce genre de situation était une première au Québec en matière de concours d’architecture. Des démarches juridiques ont été amorcées dans ce dossier.

En mai, la Ville annonçait avoir reçu dix propositions pour la salle intermédiaire. Six avaient été jugées conformes et trois ont été déclarées finalistes.