L’aéroport veut profiter de la relance dès cette année

La desserte aérienne Sherbrooke-Montréal, qui donnerait accès à plusieurs autres destinations nationales et internationales, pourrait entrer en fonction dès 2021, selon Claude Charron.

La Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke (CDAS) entre cet été en phase de négociations avec des transporteurs aériens afin d’arriver à un accord qui permettrait de faire décoller les premiers avions en direction de Montréal d’ici la fin de l’année, envisage Claude Charron, élu municipal sherbrookois et président du conseil d’administration de l’organisme.


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La CDAS souhaite en effet être fin prête afin de profiter de la relance post-covid dans l’industrie et démarrer pour de bon la nouvelle desserte aérienne qui relierait Sherbrooke à des destinations nationales et internationales via la métropole.

« L’entente entre le gouvernement fédéral et des compagnies aériennes ainsi que les signaux tangibles de reprise des activités aériennes au Canada viennent donner de l’oxygène à notre projet », a ainsi analysé le directeur général de la CDAS, Jean-François Ouellet. En fait, « jamais les circonstances n’auront été aussi favorables pour l’établissement d’une liaison commerciale aérienne », a même soutenu M. Charron. La pandémie a évidemment retardé le déploiement du projet, mais si le lancement avait eu lieu avant la crise, le contexte aurait été encore plus désavantageux. « On a tout de même été chanceux dans notre malchance », a résumé Claude Charron en entrevue. Si la Corporation parvient à s’entendre avec un partenaire, le projet d’entente pourrait être soumis au conseil municipal d’ici la fin de l’automne. « Nous parlons de ce dossier depuis trop longtemps, il est temps qu’il aboutisse », a réagi M. Charron.

L’atout dont dispose la CDAS demeure le financement disponible, soit un apport de 250 000 $ annuellement de la Ville de Sherbrooke en plus de 3 M$ provenant du gouvernement provincial via le Fonds d’appui au rayonnement des régions. Ces sommes pourront concrètement permettre à la CDAS de compenser financièrement son éventuel partenaire pour les vols qui ne seraient pas remplis dans les premières années de la desserte. L’idée est d’assurer un service régulier le temps d’aller chercher une clientèle suffisante, a fait valoir M. Charron, faisant un parallèle avec les circuits d’autobus. Sans un minium de fréquence, les habitudes de déplacements des gens ne changeront pas, a-t-il fait valoir. Idéalement, au bout de quelques années, la desserte pourrait devenir rentable sans argent public, selon les plans de la CDAS.

Plan d'affaires

Impossible toutefois de connaître les prévisions d’affluence de l’organisme puisque la mise à jour du plan d’affaires ne sera pas rendue publique comme prévu, justement en raison des négociations qui s’entament, a indiqué Jean-François Ouellet. Ce nouveau plan d’affaires devait en principe être dévoilé ce printemps. La stratégie d’adopter un projet de loi privé pour accroître le financement municipal, envisagée jusqu’à récemment, n’est par ailleurs plus dans les cartons pour l’instant, a aussi spécifié M. Charron.

Rappelons qu’un appel de proposition avait également été lancé l’an dernier auprès des transporteurs, mais aucune ne s’est révélée conforme. « La Ville peut maintenant entamer des négociations de gré à gré avec des entreprises intéressées », a donc indiqué Marie-France Delage, directrice générale adjointe au développement et aux partenariats à la Ville de Sherbrooke, qui précise qu’au fond, les acteurs impliqués « reprennent là où le processus s’est arrêté avant la pandémie ».

Quant à l’implantation des contrôles de sécurité, ce devrait être chose possible même si l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien ne délivre pas une désignation officielle, sauf que les frais devront alors être assumés par la CDAS, a informé M. Ouellet. Ce service conférerait un avantage certain aux voyageurs, qui n’auraient pas besoin de repasser les contrôles lors de l’escale à Montréal.

Le communiqué conjoint de la Ville et de la CDAS réitère que « la grande région de l’Estrie a besoin d’une liaison commerciale reliant Sherbrooke aux principales villes du monde pour accroître son développement économique et touristique ». Cette desserte est même « capitale » pour Sherbrooke, qui mérite cette desserte « comme toutes les agglomérations canadiennes de plus de 200 000 habitants », est-il également mentionné.

Rémi Léonard

Rémi Léonard, La Tribune

Rémi Léonard est journaliste aux affaires municipales à La Tribune depuis l’été 2021. Diplômé de l’UQAM, il débute en journalisme à la radio avant de se tourner vers l’écrit et de se spécialiser dans la couverture des enjeux municipaux et de société.