La députée de Sherbrooke Christine Labrie

Labrie soulève l’idée d’un projet de transport structurant

Est-ce que Sherbrooke pourrait faire comme Lévis et avoir recours à des fonds publics du provincial et du fédéral pour réaliser un plan de transport en commun structurant?

C’est ce que demande la députée de Sherbrooke à l’Assemblée nationale, Christine Labrie.

« La Ville de Lévis, d’une taille comparable à Sherbrooke, amorce les consultations pour un réseau structurant de transport en commun. Le projet serait financé à 90 % par Québec et Ottawa, et permettrait de construire des voies réservées, d’assurer une fréquence de bus aux 7,5 minutes aux heures de pointe, et d’ajouter des stationnements incitatifs », explique Mme Labrie.

« Quand je dis qu’il y a des fonds à aller chercher aux autres paliers de gouvernement, et que Sherbrooke s’en prive actuellement en ne soumettant pas de projet structurant de transport en commun, en voilà un bel exemple. La Ville de Sherbrooke est assez peuplée et assez dense pour se doter d’un service de transport en commun structurant vraiment efficace. »

On apprenait cette semaine que la Ville de Lévis va de l’avant avec son projet de réseau structurant de transport en commun qui privilégie dans un premier temps l’ajout de deux voies réservées sur le boulevard Guillaume-Couture.

Ces deux voies, d’une longueur de cinq kilomètres, seraient situées le long de la chaussée et non au milieu sur deux tronçons de Guillaume-Couture. Le premier entre les routes du Président-Kennedy et Monseigneur-Bourget et le second entre le chemin du Sault et la rue de Mercure, rapportait le journal Le Soleil.

Le coût de ce projet évalué à 87,9 millions $ sera subventionné à 90 % par les deux paliers gouvernementaux (50 millions $ par Québec, 27,3 millions $ par Ottawa). La Société de transport de Lévis investira 10,6 millions $.

La députée de Québec solidaire se propose de faire le pont entre Sherbrooke et le palier provincial pour aller chercher le financement disponible. « Mon travail comme députée provinciale, ce n’est pas d’élaborer ce projet. C’est de soutenir la Ville pour trouver des moyens de le financer », exprime-t-elle.

« Les programmes existent déjà pour ça, mais pour avoir des fonds, il faut avoir un projet. Et surtout, pour avoir un bon système de transport en commun dans cinq ans, il faut y penser tout de suite, parce que ça ne s’implante pas du jour au lendemain. Le temps presse. »

Lévis prévoit commencer les travaux en 2021 et les terminer en 2025.

« Chaque fois qu’un citoyen âgé qui vient de se faire retirer son permis de conduire se présente au bureau de circonscription complètement désemparé, parce qu’on vient de le priver de sa mobilité et de son autonomie, je réalise encore plus à quel point le temps presse », ajoute Mme Labrie.

Joint à ce sujet, Marc Denault, président de la Société de transport de Sherbrooke, assure que les ambitions de Mme Labrie concordent avec celles du monde de la mobilité durable dans la région de Sherbrooke. À preuve, la semaine dernière, divers intervenants se sont réunis pour en discuter lors d’un forum spécial.

« Nous travaillons sur un projet qui sera présenté à la population. Après Montréal avec sa ligne rose et Québec avec le tramway, c’est au tour de Sherbrooke de se positionner. Le timing est parfait », lance le conseiller municipal du district du Golf.

« Mais c’est un projet de toute une ville, pas seulement pour les clients de la STS. Un projet pour les 15 prochaines années. »

Toutefois, il n’entend pas s’inspirer seulement de ce que propose Lévis, qui selon lui a plus « un profil de transits entre deux rives », comme l’agglomération Gatineau-Ottawa.

« Nous parlons plus en termes d’électrification et de voies réservées par exemple », ajoute M. Denault en prenant soin de ne pas trop dévoiler le plan. « C’est un projet collectif et Mme Labrie est sur la même longueur d’onde que nous. »