La députée de Sherbrooke Christine Labrie n’a pas attendu longtemps avant de porter plainte au SPS puisque les menaces qu’elle recevait étaient « très violentes ».
La députée de Sherbrooke Christine Labrie n’a pas attendu longtemps avant de porter plainte au SPS puisque les menaces qu’elle recevait étaient « très violentes ».

Labrie a reçu des menaces «très violentes»

L’une des deux plaintes déposées par Christine Labrie au Service de police de Sherbrooke vendredi concernait des menaces particulièrement agressives, indique la députée de Sherbrooke. Les événements sont survenus peu après sa prise de parole à l’Assemblée nationale pour dénoncer l’intimidation subie par plusieurs députées.

« Je n’ai pas attendu longtemps avant de dénoncer, parce que c’était très violent », indique à La Tribune la députée solidaire, précisant que les menaces qu’elle a reçues sous forme de message ont été prises au sérieux par les autorités. En ce qui a trait à la deuxième plainte, celle-ci aurait été déposée pour dénoncer une situation de harcèlement.

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« C’est une situation qui n’était pas nouvelle, que j’avais décidé d’ignorer au début et jusqu’à tout récemment. À un moment donné, comme ça ne cessait pas, il fallait changer de stratégie », partage Mme Labrie, indiquant que les événements durent depuis plusieurs mois.

« Je n’ai aucun contrôle sur l’issue, mais j’ai le sentiment du devoir accompli. J’ai pris mes responsabilités pour que ça cesse », commente-t-elle également. 

Elle avance être en mesure d’identifier « au moins l’une des deux personnes » faisant l’objet de ses plaintes.

« la honte doit changer de camp »

Le week-end dernier, d’anciens députés estriens ont confié à La Tribune avoir eux aussi fait face à des problématiques semblables. 

« Je ne suis pas surprise, réagit Mme Labrie. Je ne suis certainement pas la première députée à porter plainte à la police. On est nombreux à subir ça et à vouloir faire respecter nos droits. Plus on fait savoir qu’on va aller au bout du processus et porter plainte, plus ce sera dissuasif, je l’espère. Jusqu’à maintenant, ce que je vois de plus positif de ce qu’on a fait dans les dernières semaines, c’est que les gens se sont sentis autorisés à dénoncer publiquement ce type de messages là. »

« Au sujet des agressions sexuelles, je dis souvent que la honte doit changer de camp, renchérit-elle. C’est la même chose dans cette situation-là, ce n’est pas la victime qui doit avoir honte, c’est l’agresseur. » 

Lorsque interrogée sur les actions à entreprendre pour remédier à cette large problématique, Mme Labrie a confié qu’il s’agit « d’un enjeu très complexe ». 

« Ça vient toucher à la liberté d’expression, nuance-t-elle. Quand on touche à la liberté d’expression, c’est très difficile d’intervenir. C’est très précieux, la liberté d’expression. On ne veut pas non plus y apporter de trop grandes limites. Mais, assurément, il y a des cas où c’est clair que la limite est franchie. [...] Je pense qu’il faut créer un climat dissuasif pour ça, assurément en dénonçant haut et fort et en portant plainte. C’est sur que si on s’assurait que tout ce qui est écrit en ligne était fait à visage découvert, je pense que ça pourrait être dissuasif aussi. Il faut aussi s’assurer que comme communauté, on réagit fortement à ça et qu’on dénonce le manque de respect, pour que ces personnes-là ne se sentent pas légitimées de la faire. En ce moment, il y a des personnes qui font ça tout à fait impunément et se trouvent drôles de le faire. Il faut arrêter de le banaliser. » 

La Presse rapportait lundi que la mairesse de Montréal Valérie Plante donnait son appui à Christine Labrie, avouant elle aussi souvent recevoir des messages haineux.