Les Sherbrookois pourraient devoir prendre leur mal en patience avant d’obtenir un point de vente puisque la Société québécoise du cannabis a choisi de mettre sur la glace son projet de déploiement de ses succursales.

L’ABC du cannabis

SHERBROOKE — Voilà, c’est fait! Le cannabis est légal au Canada. Le territoire de Sherbrooke ne comptera toutefois pas de succursale pour en vendre, du moins pour l’instant. Seulement 12 sont en activité dans la province en date de mercredi.

Les Sherbrookois pourraient d’ailleurs devoir prendre leur mal en patience, puisque la Société québécoise du cannabis (SQDC) a choisi de mettre sur la glace son projet de déploiement de ses succursales. En entrevue avec Le Soleil, jeudi dernier, le PDG Alain Brunet a souligné qu’il souhaitait prendre son temps afin de mieux connaître les directives du gouvernement de François Legault. Il veut ainsi éviter des « dépenses inutiles ».

Rappelons qu’un éventuel point de vente de la SQDC à Sherbrooke doit s’installer dans un quadrilatère encadrant le lac des Nations, entre les rues Belvédère, King Ouest, Galt Ouest et Jacques-Cartier. De son côté, Magog entend autoriser la vente de cannabis seulement sur une portion de la rue Principale, soit celle comprise entre les rues Sherbrooke et du Moulin.

« Il faut savoir qu’on recherche l’acceptabilité sociale, souligne Mathieu Gaudreault, porte-parole pour la SAQ. On a consulté les élus municipaux. Une fois que la zone est déterminée, il faut trouver un local abordable, disponible et qui répond à nos critères. On a commencé le travail dans plusieurs villes, mais ce n’est pas toutes malheureusement qui ont une succursale pour l’instant. »

Les deux succursales les plus accessibles pour les gens de l’Estrie seront donc situées à Drummondville (965 boulevard Saint-Joseph) et à Saint-Jean-sur-Richelieu (174 boulevard Saint-Luc, suite 114). Elles seront ouvertes de 10 h à 21 h la semaine et de 10 h à 17 h les samedi et dimanche.

La vente en ligne

Les Estriens ne désirant pas se déplacer devront donc se tourner vers la vente en ligne s’ils veulent se procurer du cannabis de la SQDC. La plateforme de vente en ligne sera disponible dès mercredi matin au www.sqdc.ca. Tous les produits offerts en magasin le seront également sur le web.

Des frais de 5 $ seront facturés pour la livraison et les gens peuvent s’attendre à recevoir leur colis de 2 à 5 jours plus tard.

Il n’y aura pas de commande minimum en ligne, mais le maximum sera limité, comme en magasin, à 30 grammes.

Les achats en ligne seront livrés à domicile par Postes Canada. Leurs livreurs seront responsables de vérifier l’identité et l’âge du client. Et pas question de laisser des colis sur le pas de la porte, a fait valoir Alain Brunet en point de presse, mardi matin. Les facteurs sont habitués au processus, car ils livrent déjà le vin de la SAQ, a-t-il précisé.

Trois différentes espèces

Les produits sont offerts selon trois différentes espèces de cannabis : Indica, Sativa et Hybride et se déclinent en plusieurs variétés qui possèdent chacune des effets, des arômes et des taux de THC et CBD différents. Indica est généralement décrite comme calmante et relaxante, Sativa énergisante et euphorisante, et Hybride est un mélange des deux, indique la SQDC.

Les produits sont disponibles sous forme de fleur séchée, cannabis moulu, préroulé, huile, atomiseur oral et pilule. Aucun produit comestible ne sera offert.

« Pas de muffin, pas de brownies et de bonbons, confirme Mathieu Gaudreault. Il y aura une consultation de Santé Canada. Si le cadre réglementaire vient à changer, on s’adaptera, mais pour l’instant nous n’avons pas le droit d’en vendre. »

Des icônes d’intensité, d’arômes et de type de produits sont facilement repérables en succursale ou en ligne et les conseillers sont formés pour guider les consommateurs.

Lorsque le gouvernement fédéral le permettra, la résine de cannabis (haschich) pourra être vendue par la SQDC.

À partir de 5,25 $ le gramme

Le gramme de cannabis sera vendu à partir de 5,25 $, taxes incluses, a confirmé la SQDC mardi.

« Notre objectif est d’avoir un prix assez bas pour être compétitifs avec le marché noir, mais sans non plus banaliser le produit, admet Mathieu Gaudreault. Le prix des différents produits varie aussi, mais notre objectif est d’offrir le gramme de cannabis à moins de 7 $, taxes incluses. Le prix va s’ajuster par la suite. »

Différentes réglementations municipales

La plupart des villes en Estrie se sont dotées d’une réglementation concernant la consommation de cannabis dans les lieux publics.

La loi provinciale interdit déjà de fumer du cannabis dans les endroits publics où il est interdit de fumer du tabac. À Sherbrooke, il est interdit de fumer le cannabis dans les rues, les ruelles, les parcs, les parcs canins, les tunnels piétonniers, sur les trottoirs et sur les pistes multifonctionnelles comme la promenade du Lac-des-Nations. La Ville précise toutefois qu’il sera légal de consommer dans les lieux publics des produits contenant du cannabis comme des muffin, gâteaux, etc. Elle rappelle toutefois que les policiers pourront intervenir si une personne montre des signes avancés d’intoxication.

Certaines municipalités comme Lac-Mégantic se doteront d’une réglementation un peu plus tard au mois de novembre. L’objectif est d’uniformiser la réglementation dans la MRC.

La loi provinciale pourrait toutefois changer puisque la CAQ a promis de faire passer l’âge minimal pour consommer du cannabis récréatif à 21 ans (elle est à 18 ans en ce moment). Les troupes de François Legault souhaitent aussi interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics sur tout le territoire du Québec et revoir à la baisse la limite de possession individuelle. Elle est fixée présentement à 30 grammes dans les lieux publics. Avec La Presse canadienne et Le Soleil

Quelques rappels :

  • Il est interdit pour les mineurs (moins de 18 ans) de posséder du cannabis;
  • Il est possible de posséder 30 grammes de cannabis séché ou son équivalent dans un lieu public;
  • La limite de possession dans une résidence est de 150 grammes de cannabis séché ou son équivalent, peu importe le nombre de personnes majeures qui y habitent;
  • Il est interdit de faire de la culture de cannabis à des fins personnelles selon la loi provinciale;
  • Un employeur peut encadrer l’usage de cannabis sur le lieu de travail, voire l’interdire complètement;
  • Seule la SQDC peut vendre du cannabis au détail au Québec.