Le promoteur Robert Bôté veut construire une tour de 17 étages qui compterait 200 appartements. Il déplacerait aussi la rue du Pacifique pour qu’elle s’arrime avec le prolongement de la rue Roy.

La Ville trop lente au goût d'un promoteur

Des travaux de défrichage sur le terrain visé pour le projet d’immeuble à logements de 17 étages le Bonaparte ont alerté des voisins, inquiets de voir un complexe érigé sans consultation officielle de la Ville de Sherbrooke. Le promoteur Robert Côté, impatient d’avoir une réponse de la Ville à propos du bâtiment projeté au coin des rues Pacifique et Claire-Jolicoeur, dans le district de l’Université, rapporte qu’il vise simplement à décontaminer son terrain.

M. Côté presse le comité consultatif d’urbanisme de faire cheminer son dossier, mais il semble que le projet n’avait pas été déposé officiellement.

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Rappelons que Robert Côté avait tenu une séance d’information à la demande de la Ville, en septembre, pour recueillir les commentaires des citoyens. Il proposait alors de construire une tour de 17 étages qui compterait 200 appartements. Il déplacerait aussi la rue du Pacifique pour qu’elle s’arrime avec le prolongement de la rue Roy. Le promoteur avait déjà obtenu l’aval du conseil municipal, en 2013, pour l’ajout d’un bâtiment de neuf étages sur son terrain mais souhaite modifier son projet.

« J’attends après la Ville. J’essaie de savoir quand le dossier passera au comité consultatif d’urbanisme. Je trouve que ça traîne », dit M. Côté. « J’ai laissé mon projet tel quel. Tout le monde était pour », ajoute-t-il en référence à la réaction générale lors de sa soirée d’information.

« Je ne sais pas pourquoi ça prend autant de temps. On m’avait dit que je serais le premier sur la pile. Je vais finir la décontamination du terrain dans la première semaine de décembre. J’espère que le dossier sera traité entre-temps. Je ne peux plus retarder mon projet. Si je commence à le construire trop tard au printemps, je ne pourrai pas le livrer dans les délais. Si je ne peux pas le livrer, je devrai le reporter d’un an. Mais si ça ne passe pas cette fois-ci, je vais tout annuler. Je vais construire selon le zonage. Ce sera plus modeste, moins prestigieux. Les gens du quartier devront s’en contenter. »

Avant les Fêtes, « sinon j’annule tout »

Robert Côté est catégorique : il faut que tout se règle avant les Fêtes. « Sinon j’annule tout. Ça fait déjà deux mois que j’ai eu la réunion d’information avec les citoyens. »

Le conseiller municipal Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, rapporte que son comité avait étudié le dossier de façon informelle et qu’il n’était pas favorable au projet pour des raisons d’intégration. 

Robert Côté

« Après sa soirée d’information, nous lui avons donné une liste de devoirs à faire. »
Vincent Boutin

« Après sa soirée d’information, nous lui avons donné une liste de devoirs à faire avant de déposer le projet officiellement. J’ai compris la semaine dernière qu’il souhaite que nous nous repenchions sur sa demande. Nous verrons donc à étudier le nombre d’étages dans un premier temps. Si le conseil disait non, cette façon de faire aura évité au promoteur d’engager des dépenses pour des plans et l’esthétique de son bâtiment. »

Le temps nécessaire pour de telles démarches dépassera assurément les échéanciers de M. Côté, puisqu’il faut prévoir entre trois et six mois pour tout changement de zonage. Le conseil municipal devrait d’abord recommander le changement avant qu’une consultation publique soit organisée. 

« S’il veut bâtir neuf étages, comme il est permis de le faire en ce moment, ça pourrait être plus rapide. »

M. Boutin confirme avoir reçu des questions de citoyens préoccupés. « Le projet n’est pas aussi bien reçu que le laissait entendre la soirée d’information. »

Le conseiller Paul Gingues a reçu des courriels de citoyens également. « Ils se demandaient s’ils avaient manqué une réunion. »

M. Gingues estime que le dossier du Bonaparte chemine à une vitesse normale pour le moment. « La ville est en effervescence. C’est certain que M. Côté aimerait que ça chemine plus vite. Il y a beaucoup de dossiers à traiter en même temps. »