Le maire Steve Lussier est venu constater l'ampleur des dégâts causés par l'incendie.

La Ville s’intéresse à l’usage futur du terrain de la rue Dufferin

Les politiciens laisseront la poussière retomber à la suite de l’incendie ayant entraîné la démolition du 256, rue Dufferin, mais ils estiment que la Ville devra évaluer la possibilité d’acheter ce terrain situé dans un endroit stratégique. Sans argumenter sur la pertinence d’en faire une acquisition publique, les conseillers Vincent Boutin et Chantal L’Espérance mentionnent que le conseil devra en discuter.

Mme L’Espérance est la conseillère du district du Lac-des-Nations, lequel englobe tout le centre-ville de Sherbrooke. Elle mentionne que cet immeuble ne faisait pas partie du plan initial de revitalisation dressé dans la foulée du déménagement du pont des Grandes-Fourches. « C’est sûr que nous aurions souhaité qu’il soit retapé parce qu’il s’agissait d’un bâtiment patrimonial. Peu importe les travaux, nous voulons garder le cachet d’origine du secteur. Chaque fois qu’un édifice patrimonial disparaît, c’est une partie de notre histoire, de notre culture qui disparaît. »

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Un deuxième coup dur pour le bar L’Otre zone

Si un périmètre précis de revitalisation a été établi dans le précédent mandat pour établir les frontières du projet Well inc., aucun périmètre semblable n’avait été créé pour la cellule impactée par le déplacement du pont des Grandes-Fourches. La Ville pourrait-elle néanmoins profiter du triste événement pour acheter une nouvelle parcelle de terrain au centre-ville?

« C’est une réflexion que nous aurons à faire. Il faut voir toutes les opportunités quand elles se présentent, et malheureusement, c’en est une. M. [Steve] Lussier parle de revitaliser le centre-ville de façon globale. Il faut se donner une vue d’ensemble avant de nous prononcer parce qu’il y a beaucoup de nouveaux élus autour de la table », dit Chantal L’Espérance.



Il faut construire selon le zonage qui est permis.
Chantal L’Espérance

Quoi qu’il arrive, toute construction projetée sur ce lot de la rue Dufferin devra passer par un processus sévère, puisque ce secteur du centre-ville fait l’objet d’un plan d’implantation et d’intégration architectural sévère. 

« Il faut construire selon le zonage qui est permis. Tout projet devrait être présenté au comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement. C’est vraiment un quartier historique. On ne pourrait pas faire n’importe quoi. Les exigences sont assez élevées. »

Mme L’Espérance mentionne par ailleurs que dans l’inventaire des immeubles à valeur patrimoniale effectué par la Ville, plusieurs édifices de la rue Dufferin avaient été ciblés.

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, confirme pour sa part que le secteur ne fait pas l’objet d’un plan particulier d’urbanisme. « Il est donc un peu difficile de se projeter. Pour la suite des choses, c’est une discussion que le conseil devra avoir. Il est trop tôt pour penser à acheter le terrain. Je ne connais pas la volonté du maire ou de mes collègues. Pour Well inc., nous avons acheté des terrains pour donner une impulsion, mais ce n’est pas la même dynamique sur la rue Dufferin. Nous laisserons le temps au propriétaire d’encaisser le coup. Il y a beaucoup de choses à voir avant de penser à acheter le terrain. Je ne suis pas certain que l’idée passerait la rampe au conseil. Il vaut mieux être prudent et laisser la poussière retomber. »

Le maire Steve Lussier n’avait pas eu le temps de se pencher sur la question mercredi.

Chantal L’Espérance