La Ville de Sherbrooke a reporté le processus de consultation qui devait mener à la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, dans le district de Brompton.

La Ville pourrait reconsidérer la vente du parc Willie-Bourassa-Auger

Plusieurs citoyens se sont prononcés contre la vente du parc Willie-Bourassa-Auger du district de Brompton, lundi au conseil municipal. Les démarches ont porté leurs fruits, si bien que le deuxième avis de règlement, qui devait faire avancer le processus de consultation sur le sujet, a été reporté.

« Si je regarde le titre de la résolution, on ne se rend pas nécessairement compte qu’il s’agit de la vente d’un parc », a mentionné la conseillère Évelyne Beaudin, laissant entendre qu’il n’était pas évident pour les citoyens de comprendre de quoi il s’agissait avant que le sujet devienne public dans les médias.

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La résolution ne mentionne effectivement pas le parc, mais la modification d’un règlement de zonage dans les zones RU1324 et REC1335, rue du Perche.

« Pourtant, sur les réseaux sociaux, je n’ai jamais vu une publication qui suscite autant d’engouement », a ajouté Mme Beaudin avant de demander le vote, dans l’espoir que l’avis de règlement soit retiré et que la vente du parc avorte.

« Je propose de retirer le point pour que nous ayons une réflexion plus importante sur les parcs. Nous pourrions voir quels secteurs sont plus propices à la vente. Si nous voulons protéger les lacs, les rivières et les bandes riveraines et que nous vendons un parc riverain, nous manquons peut-être de cohérence », a réagi Marc Denault.

« Au pire, on ne pourrait pas transformer le parc en zone verte et le protéger, si nous ne voulons pas l’entretenir? », a suggéré Claude Charron.

Rémi Demers a demandé la liste des zones que la Ville a choisi de protéger dans les dernières années. Il se disait inconfortable devant l’impression que la Ville se départit de ses zones vertes.

Danielle Berthold s’est montrée surprise qu’il n’y ait eu aucune opposition quand le sujet a été présenté au comité consultatif d’urbanisme. « C’est particulier qu’on veuille changer le processus en cours de route selon le côté où souffle le vent. »

Pierre Avard n’a pas tardé à répliquer. « La démocratie, c’est de se laisser influencer. C’est pour ça qu’il y a des processus en place avec plusieurs avis de règlement. Si on n’est pas d’accord avec ça, on a un problème. »

Annie Godbout, elle, a cherché à savoir pourquoi l’ensemble la Ville n’est pas appelé à se prononcer. La greffière Line Chabot a précisé que le changement de zonage qui concerne une zone en particulier s’adresse aux citoyens habitant les zones voisines.

« Le parc Willie-Bourassa-Auger deviendra sans doute le secret le moins bien gardé de la Ville », a ajouté Évelyne Beaudin.

Plus tôt en soirée, des représentants des Amis du parc Victoria et de l’Association citoyenne des espaces verts (ACEV) de Sherbrooke, ainsi que plusieurs citoyens, avaient demandé à la Ville de revoir sa décision.

Serge Lapointe, de l’Association des amis du parc Victoria, craint que tous les parcs deviennent vulnérables et s’inquiète qu’il n’y ait pas de division de l’environnement à la Ville pour le moment.

Gilles Quenneville a indiqué qu’il s’agissait d’un endroit prisé des pêcheurs. « C’est un paradis, un îlot de nature extraordinaire. Il n’y a pas d’autres accès entre Brompton et le rocher du Pin-Solitaire pour aller à la pêche à gué. »

Claude Cinq-Mars, de l’ACEV, a demandé un moratoire sur la vente du parc.

Thierry Nootens estime pour sa part que ce dossier démontre que la Ville n’a pas pris le taureau par les cornes dans les dossiers environnementaux.

En raison du report du sujet à l’ordre du jour, le processus pour la demande de signature d’un registre est aussi reporté.

Bergeron assure que le processus est transparent

La conseillère du district de Brompton, Nicole Bergeron, défend le processus ayant mené à la vente potentielle du parc Willie-Bourassa-Auger. Elle explique que des consultations ont été organisées en amont et qu’elles avaient été annoncées publiquement.

« Vous pouvez être contre le principe de vendre un parc, mais tout a été fait dans les règles de l’art. Nous avons fait une séance d’information en amont pour prendre le pouls de la population du secteur concerné. Nous avions envoyé 70 lettres et 11 personnes se sont présentées à une consultation en novembre. De ces personnes, quelques-unes étaient intéressées par l’achat du terrain. D’autres n’étaient pas d’accord pour la vente. Le voisin du parc était là et il a confirmé que le parc n’était pas très utilisé. »

Un consensus semblait s’être dégagé pour investir davantage dans les autres parcs. « Ce parc est un défi parce que l’accès à la rivière est dangereux. Nous nous sommes dit qu’il était préférable d’avoir un parc dont les citoyens pouvaient profiter à l’année. Je pense qu’il y a huit parcs à Brompton. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des autres secteurs pour le ratio entre le nombre de parcs et le nombre d’habitants.

« C’est un parc qui est peu utilisé et il y a un autre parc du même côté de la rivière, à un kilomètre, qui est bien pourvu d’équipements. L’argent obtenu devrait être réinvesti dans les parcs du secteur de Brompton. »

Une nouvelle séance de consultation officielle s’est tenue à l’arrondissement la semaine dernière. « Elle a été annoncée comme les autres séances de consultation. Personne ne s’est présenté pour s’opposer. Rien n’a été fait en catimini. Tout a été fait de façon transparente. »

Nicole Bergeron ajoute qu’Hydro-Québec semble à l’aise avec la vente du terrain. « Nous devions recevoir l’aval d’Hydro-Québec parce qu’une subvention a été accordée en 1997 au Canton de Brompton. Nous leur avons demandé leur position en leur expliquant la démarche et nous avons obtenu un accord verbal. »

À une citoyenne inquiète, celle qui est aussi présidente du conseil a mentionné qu’il n’y avait pas d’autres parcs en vente à Sherbrooke.

Enfin, Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement, a profité de la situation pour inviter ses collègues à soumettre les dossiers ayant une teneur environnementale au comité de l’environnement pour qu’il en fasse une analyse. « Si la voix citoyenne ne trouve pas son chemin, s’il n’y a pas de moratoire, faisons confiance aux citoyens du secteur pour préserver ce milieu de vie. »