Serge Malenfant, président, coordonnateur et fondateur de MURIRS, était honoré mardi à l’hôtel de ville, pour son imposant travail sur les murs du centre-ville.

La Ville honore Serge Malenfant

Serge Malenfant a peint l’histoire de Sherbrooke en 443 personnages sur 29 198 pieds carrés de murs, principalement au centre-ville, si bien que l’immensité de son œuvre le fait passer lui-même à l’histoire. Le président, coordonnateur et fondateur de MURIRS, à l’origine des 18 murales qui constituent une galerie d’art à ciel ouvert, a été honoré par la Ville de Sherbrooke mardi.

L’auteure Anne Dansereau, sur grand écran, lui a d’ailleurs rendu un court mais vibrant hommage. « Toutes les villes devraient avoir un Serge Malenfant. C’est un trésor vivant. Il fallait rêver grand et rêver mieux, et c’est ce qu’il a fait. »

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Ils ont été nombreux à saluer la carrière de celui qui, en janvier, annonçait sa retraite. L’ex-maire Jean Perrault, le premier à avoir adhéré au concept des murales trompe-l’œil, raconte à quel point l’idée d’un circuit de murales l’avait charmé. « Je me demandais pourquoi personne n’avait ramassé le concept. Ce serait une vitrine dans la cité des rivières. Quand nous avons fondé la nouvelle ville, je disais que le premier coussin financier devait être réservé aux murales. »

Le maire actuel, Steve Lussier, a rappelé que la première fresque a été dévoilée en 2002, à l’occasion du bicentenaire de Sherbrooke. « Merci de faire rayonner Sherbrooke. »

Le président du comité de la culture, Paul Gingues, a affirmé que des centaines de passants sont devenus « des amateurs d’art au fil de leurs promenades » et a indiqué que Serge Malenfant avait contribué à démocratiser l’art et la culture. Des Sherbrookois passés à la postérité grâce au travail de l’artiste, il n’en a nommé que quelques-uns : Clémence Desrochers, Jean Besré, Garou, Louis Bilodeau, Guy Jodoin, Claude Métras et Madame Bou.

Annie Godbout, présidente de Destination Sherbrooke, a pour sa part rappelé que le circuit des murales est unique au Canada et en Amérique du Nord et qu’il représente 50 % des actes de renseignement au bureau d’information touristique.

« Fabuleux héritage »

Même deux personnages historiques des murales, incarnés par des comédiens, ont tenu à participer à la soirée. Francis le peintre, qu’on aperçoit sur la murale au Collège Sacré-Cœur, a rappelé les tours animés qu’il a menés pendant quatre ans, de murale en murale, beau temps, mauvais temps. Mais surtout par mauvais temps.

La bonne d’Alexander Galt, Mary O’Malley, peinte de dos sur la murale du bureau d’information touristique, a qualifié Serge Malenfant d’homme agréable, patient et posé. « Vous m’avez fait penser aux pionniers arrivés au début des années 1800 : il fallait qu’ils défrichent. Vous êtes de la race des grands bâtisseurs, de ceux qui laissent un fabuleux héritage en cadeau. »

Le principal intéressé, Serge Malenfant, a raconté comment, pour chaque projet, MURIRS finissait toujours par frapper un mur : un problème technique ou administratif, quand ce n’était pas une question d’intempéries. « Nous sommes devenus des références jusqu’en Chine pour la technique développée pour la longévité de nos œuvres. »

Coiffé de sa casquette distinctive, M. Malenfant s’est avoué ému. « Les murales sont avant tout une façon publique d’honorer nos ancêtres, d’évoquer qui nous étions et qui nous sommes. »

Il en a profité pour lancer un message pour que la Ville investisse dans l’art, mais aussi dans la protection du patrimoine. « Oui à la revitalisation, mais pas au détriment du caractère patrimonial. L’intégration par contraste de style, non merci. Il faut soigner notre centre-ville comme on le ferait pour un vieil oncle qui nous ferait revivre notre histoire. Notre caractère patrimonial des Cantons-de-l’Est est très différent du reste du Québec. Il faut préserver les immeubles de la rue Wellington, de la rue Dufferin, avant qu’ils disparaissent. »