La ville du haut des arbres

Une passerelle aérienne qui mène à la cime des arbres, avec deux belvédères, dont un à la hauteur de la rivière Magog : c'est la nouvelle proposition qu'a dévoilée Destination Sherbrooke pour la révision de son plan Parcours.
Daniel Quirion
Le plan initial, présenté en 2015, prévoyait la construction de sept tours agrémentant des parcours cyclables et piétons élaborés selon sept thèmes différents. La nouvelle proposition revient plutôt à trois tours et à un parcours qui relie le centre-ville au mont Bellevue, dans une thématique historique, de l'époque préindustrielle à l'ère du savoir.
Pour mener à bien cette mise à jour, Destination Sherbrooke s'est adjoint les services de l'architecte Daniel Quirion, de Jubinville et associés.
La passerelle aérienne partirait du pont noir, au parc Jacques-Cartier, et s'étendrait dans le boisé du Champ des buttes. Elle encerclerait un immense arbre, en spirale, pour culminer à 60 ou 65 pieds par un belvédère. « L'objectif est de voir la ville sous tous ses angles. Le but n'est pas l'altitude, mais le fait de lever de terre. Du belvédère, nous aurions une vue intéressante vers le mont Bellevue », rapporte M. Quirion.
Un autre belvédère serait aménagé à la hauteur de la rivière. « Il serait possible de se reposer au niveau de l'eau, les piétons pourraient circuler sur un étage médian et les cyclistes sur un troisième étage. »
La passerelle aérienne serait montée sur des pieux et ne nécessiterait pas l'abattage d'arbres.
Concrètement, Daniel Quirion suggère aussi l'aménagement d'une tour dans la gorge de la rivière Magog, à la hauteur du barrage des Abénaquis. Un pavillon urbain pourrait y être construit avec la possibilité d'y loger des douches, des fontaines ou des jeux pour les enfants. Un bain à même la rivière ou une passerelle au niveau de l'eau ont été évoqués.
Un réaménagement de la rue Frontenac, de manière plus ludique, plus adaptée au vélo, est aussi proposé.
Parmi les améliorations soumises par Daniel Quirion, on retrouve l'ajout de mobilier urbain, comme des bancs et des bornes wi-fi dans le secteur du Marché de la gare, et la plantation d'arbres à grand déploiement, comme des pommiers ou des cerisiers, sur la berge sud du lac des Nations.
Appel au milieu
En ce qui concerne le mont Bellevue, le concept n'est pas fixé et devrait émaner en partie de la communauté. « C'est une porte d'entrée extraordinaire, mais c'est au milieu de la trouver. »
« Nous pensons à une réalisation vers 2020 ou 2021. Cette passerelle et celle de la gorge dépendront du financement. Mais il n'y a pas que la Ville qui contribuerait. On veut toujours que les deux tiers soient financés par les paliers supérieurs de gouvernement », commente le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier.
Les coûts du projet ne sont pas connus. Une évaluation plus précise est attendue dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
Vincent Boutin aime cette nouvelle mouture. Diane Délisle estime que le projet rejoint toutes les générations alors que Chantal L'Espérance apprécie l'inspiration des origines et de l'histoire de Sherbrooke.
Hélène Dauphinais parle d'un projet esthétique, beau et logique, mais s'interroge à savoir si de plus petites interventions ne seraient pas plus porteuses. Elle suggère que la passerelle à la cime des arbres soit jumelée à la reconstruction du chalet du mont Bellevue.
« On semble s'être trouvés », dit Bruno Vachon. Annie Godbout, elle, est préoccupée par l'éparpillement des projets de Destination Sherbrooke.
« Comme n'importe quel projet d'envergure, il faut y aller à petits pas », ajoute Nicole Bergeron.
Serge Paquin a rappelé que l'aménagement de la gorge de la rivière Magog, soit le prolongement du sentier, devrait aboutir sous peu.
Rémi Demers a confiance que les investissements suivront. « Somme toute, dans les dernières années, le conseil a investi des montants importants pour nous permettre d'arriver à des résultats. Mais il ne faut pas aller en bas des montants qu'on consacre déjà. Il faut absolument aller chercher notre part à l'échelle touristique. »
« Les autres villes pressent le pas, dit Denis Bernier. Trois-Rivières a investi 50 M$ pour son amphithéâtre, Lévis compte investir 20 M$ pour ses fontaines. Percé a un projet de 7,3 M$. Les élus ont un choix à faire. En matière de pertinence, de faisabilité et d'acceptabilité, nous n'avons pas de doute que nous atteignons les objectifs. »