Pour contester la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, une centaine de Sherbrookois venus de partout en ville sont allés visiter dimanche la seule place publique donnant accès à la rivière Saint-François, sur la rive Est, dans le secteur de Brompton.

La Ville donne son accord à la vente du parc Willie-Bourassa-Auger

Malgré les fortes protestations contre la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, situé rue du Perche, dans le district de Brompton, pour la somme de 91 400 $, la Ville de Sherbrooke semble bien décidée à tout de même aller de l’avant.

La Tribune a appris que les élus sherbrookois ont demandé de façon informelle lundi durant une rencontre à huis clos que le deuxième avis de règlement, qui doit faire avancer le processus de vente, soit adopté. La décision concernant la modification du règlement de zonage dans les zones RU1324 et REC1335, rue du Perche, sera donc rendue finale lors du prochain conseil municipal le 17 juin.

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Rappelons que pour contester la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, une centaine de Sherbrookois venus de partout en ville sont allés visiter dimanche la seule place publique donnant accès à la rivière Saint-François, sur la rive Est, dans le secteur de Brompton.

La Ville de Sherbrooke évoque entre autres la faible utilisation du parc et que la somme obtenue pourra être réinvestie dans les autres parcs du district pour justifier la vente.

Cacher derrière les citoyens

En se gardant bien de révéler la nature des discussions durant le huis clos des élus lundi, la conseillère municipale Évelyne Beaudin, qui s’est fait entendre depuis le début de cette saga en plus d’être impliquée dans le rassemblement de dimanche, a déploré le secret entourant les échanges dans le dossier de la vente du parc Willie-Bourassa-Auger.

« On refuse de discuter de n’importe quel dossier publiquement, explique-t-elle. Pour eux, les discussions devaient se passer à huit clos et je le déplore. Pour moi quand tu es élu, tu assumes tes prises de position et tu les défends publiquement. »

« Je suis très déçue que mes collègues ne saisissent pas l’opportunité de revenir sur une mauvaise décision, ajoute-t-elle. J’ai l’impression qu’ils reconnaissent que ce n’était pas une bonne décision, mais que pour ne pas perdre la face, ils préfèrent se cacher derrière les citoyens pour que ce soit eux qui mettent fin à ce processus qui n’aurait jamais dû voir le jour. »

« Manque de cohérence »

Les organisateurs du mouvement de protection du parc ont été avisés par courriel de la décision des élus. La Ville invite tout de même les opposants à une rencontre pour expliquer le processus visant à contester l’adoption du règlement.

« Je suis vraiment déçue, je ne comprends pas et je suis en colère aussi, souligne Catherine Boileau, l’une des organisatrices du mouvement pour protéger le parc Willie-Bourassa-Auger et citoyenne de Brompton, lors d’une entrevue avec La Tribune. On entend plein de nouvelles par rapport à l’environnement. Au fédéral, on a entendu Justin Trudeau avec les bouteilles de plastique. Plus près de nous, on n’atteint pas les cibles en matière de gaz à effet de serre. On va à contre-courant de tout ça et on vend un espace vert. C’est un manque de cohérence. Il me semble que c’est clair qu’ils n’ont pas à faire ça. C’est complètement ridicule. »

Mme Boileau n’entend toutefois pas baisser les bras. La tenue d’un registre et le référendum sont des options.

« On va inviter plein de monde à venir au conseil municipal pour leur signifier qu’on est vraiment contre le changement de zonage », assure-t-elle.