Le garage municipal, qui abritait jusqu'en décembre les véhicules municipaux, sera démoli d'ici le début du mois d'avril, comme le bâtiment adjacent, qui accueille le Service de l'approvisionnement.

La Ville doit démolir deux bâtiments d'urgence

La Ville de Sherbrooke doit démolir deux des bâtiments de son garage municipal, situé sur la rue des Grandes-Fourches. Un appel d'offres doit être lancé mardi pour que croulent le garage, désaffecté depuis le 22 décembre, et le bâtiment du Service de l'approvisionnement, au plus tard à la fin mars ou au début avril. Devant l'urgence, le conseil doit engager des sommes de 2,5 M$.
Les élus se sont réunis lundi midi pour définir les orientations concernant l'avenir du garage municipal. « Nous récupérerons la dalle de béton sous le bâtiment. Un dôme temporaire sera installé pour abriter les véhicules de la Ville de Sherbrooke et pourra être récupéré dans le projet de nouveau garage municipal », explique le maire Bernard Sévigny.
Cet abri démontable, utilisé ailleurs, comme à Lévis, coûtera 875 000 $ à lui seul.
« En novembre, nous avons réfléchi au projet du futur garage municipal sur la rue Hector-Brien. Nous cherchions à réserver des fonds pour la réalisation des plans et devis. Nous avions prévu 1,25 M$, que nous récupérons, et nous ajoutons 1,25 M$. La deuxième portion sera récupérée dans les budgets 2017 et dans les fonds de 2016 qui n'ont pas été engagés encore. C'est le travail qu'il reste à faire par le comité exécutif de façon à ce que nous puissions investir de façon urgente. Nous avons un budget d'immobilisation de 38 M$. Des projets comportent des enveloppes résiduelles. Certains projets n'ont pas encore démarré. La commande que nous donnons à nos services, c'est que nous ne voulons pas que ça coûte un sou de plus malgré la situation d'urgence. Il n'y aura pas d'effet sur l'endettement de la Ville », ajoute M. Sévigny, qui assure que cette décision n'est pas liée avec la campagne électorale imminente.
« Devoir de diligence »
Un mandat avait été confié à l'automne à des ingénieurs pour inspecter la structure du garage, en prévision du déménagement. La solidité de la structure des bâtiments, situés en zone inondable, devait être validée. « Le 22 décembre, nous avons évacué le bloc D, qui abritait les véhicules municipaux. Nous avons un devoir de diligence dans des situations où il est question de sécurité. » Les véhicules sont depuis entreposés à différents endroits sur le territoire de la ville.
Le président du comité exécutif, Serge Paquin, affirme que les premiers groupes d'activités seront relocalisés sur la rue Hector-Brien en 2019. « Nous avons des déboursés supplémentaires de 80 000 $ par année qui seront compensés par la réduction des dépenses. Nous n'aurons pas à chauffer les bâtiments démolis. » Même en libérant les sommes nécessaires aujourd'hui, il faudrait compter 18 mois pour la construction du nouveau garage municipal. Des interventions immédiates au centre-ville ne peuvent donc pas être évitées.
La rénovation et la mise aux normes des bâtiments existants auraient coûté 5,7 M$. L'atelier de mécanique, lui, ne sera pas démoli, mais nécessitera des interventions à court terme.
Guylaine Boutin, directrice du Service de l'entretien et de la voirie, explique qu'une inspection de l'ampleur de celle réalisée l'automne au garage municipal n'est pas systématique. La structure, construite en 1952, n'avait pas été inspectée depuis 20 ans. « Les risques d'effondrement sont faibles, mais les conséquences seraient sérieuses. »
« À travers tout le parc immobilier de la Ville, il n'y a pas de bâtiment qui commande une intervention d'urgence ou qui montre des signes que la sécurité des employés ou du public est en danger. L'an dernier, nous avons acheté un logiciel qui nous permet de faire la gestion des bâtiments et de faire la gestion d'entretien de façon plus organisée. », ajoute M. Sévigny.
Le contrat pour la démolition du garage municipal devrait être octroyé au conseil municipal le 20 mars. Il faut compter deux semaines de travaux. Puisqu'il s'agit d'une zone inondable, aucun débris ne devra être laissé sur le site pendant la déconstruction. Ces matériaux seront acheminés chez Valoris.
Annoncée en 2014, la relocalisation du garage municipal devait alors s'étaler sur une décennie et entraîner des dépenses de 37 M$.