Stéphane Simoneau

La Ville de Sherbrooke se place en mode veille

 La Ville de Sherbrooke se place en mode veille concernant le coronavirus. Stéphane Simoneau, coordonnateur aux mesures d’urgence, rapporte que la Ville, à titre d’employeur, n’a pas le choix de se préparer pour protéger son personnel, mais que la situation n’est ni plus ni moins inquiétante que mercredi. La Ville a établi une priorité parmi les services qu’elle offre à la population pour s’assurer, en cas de dégradation de la situation, que les services essentiels continueront d’être offerts à la population.

M. Simoneau compare le plan particulier d’intervention en cas de pandémie à celui utilisé lors des situations d’inondation. « On convoque la veille pour assurer la continuité de nos services à la population. On vient dire qu’il y aura mise en place de certaines procédures prévues depuis trois semaines, par exemple du matériel désinfectant que nous avons acheté et des procédures de nettoyage, de communication et de rassemblement des personnes pour protéger nos employés. »

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Selon M. Simoneau, la Ville veut éviter la propagation de la maladie, mais aussi prévoir l’absentéisme de ses employés. « Il faut penser à de nouveaux mécanismes si jamais la situation évolue. Pour l’instant, nous avons des indicateurs qui nous obligent à passer en mode veille pour démontrer que nous nous préparons. Le plan d’intervention compte cinq phases et nous sommes à la première. En tant qu’organisation, c’est un devoir de mettre en place certains mécanismes. »

L’impact d’une possible pandémie, même si elle n’atteignait pas directement Sherbrooke, provoque déjà du stress. « La frénésie entourant la chaîne logistique d’approvisionnement nous touche aussi. Les services essentiels ne doivent pas être touchés, et c’est beaucoup plus large que la police et le Service de protection contre les incendies. Ça touche l’eau potable et le ramassage des ordures. Il ne doit y avoir aucun bris des services essentiels. 

« La décision de tenir des rassemblements publics relève du provincial, mais une organisation comme la Ville de Sherbrooke pourrait décider de mettre fin à un événement parce que les situations de contamination seraient trop élevées. Nous ne sommes pas rendus là », expliquait M. Simoneau en matinée. 

La pire phase, la phase 4, pourrait mener à la fermeture des écoles ou des établissements publics. « Si on en venait à fermer les écoles, il y aurait un impact pour nos employés qui, même s’ils ne sont pas malades, devront rester à la maison pour s’occuper des enfants. On se doit d’avoir une stratégie pour contrer l’absentéisme. »

Dans la priorité des services, la Ville s’interrogera à l’intérieur même des services d’urgence. Les pompiers doivent-ils continuer à être les premiers répondants dans toutes les situations? Doivent-ils continuer de tenir des activités de prévention chez des personnes pouvant être porteuses du virus? Quelles mesures préventives doivent toucher les secrétaires, qui accueillent les citoyens se présentant à l’hôtel de ville?

« Il y aura un élément de cohérence important. Nous présenterons au conseil municipal notre plan et il devra se prononcer à l’intérieur de la gradation pour savoir comment il devra agir. »

La Ville compte environ 2000 employés. Elle réfléchit déjà à la possibilité d’encourager le télétravail. « Certains investissements faits dans les technologies de l’information nous aideront à implanter cette mesure. »

Si le seuil 4 du plan d’intervention est atteint, des projets majeurs pourraient être paralysés selon les priorités établies par la Ville. « Arriverons-nous à ce niveau-là? Je ne pense pas. »

Les citoyens pourront suivre les recommandations de la Ville, le cas échéant, au sherbrooke.ca