C’est une lisière de forêt située derrière le couvent Mont-Sainte-Famille que la Ville a achetée.

La Ville achète un lot sur le flanc du mont Bellevue

La Ville de Sherbrooke achète une parcelle de forêt située derrière le couvent Mont-Sainte-Famille, sur la rue Galt Ouest. Les quelque 40 000 mètres carrés coûteront 1,8 M$ et pourront être greffés à la réserve du Mont-Bellevue. La conseillère Évelyne Beaudin en profite pour demander que la Ville se dote d’une politique de vente et d’acquisition de terrains.

Il était déjà prévu dans la présentation du projet du Quartier Sainte-Famille, projet du promoteur Services Immobiliers First qui doit compter 362 logements et 4000 m2 d’espaces commerciaux dans ce secteur, qu’une lisière de forêt serait acquise par la Ville pour être protégée. La résolution adoptée par la Ville à cet effet au début du mois de septembre permet de fixer le prix de vente.

« Dans le cours des démarches, il fallait signer une entente de réciprocité pour aller plus loin, notamment sur l’achat de la partie au sud, qui est une partie boisée à haute valeur écologique, pour la greffer au parc du Mont-Bellevue. Le montant est 1 873 000 $ pour acquérir 38 974 mètres carrés. Il y a eu une étude payée tant par la Ville que par le promoteur pour avoir une lecture objective de ce terrain », explique Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme.

« La première évaluation s’élevait à 2 M$, mais la Ville a retiré les milieux humides que le promoteur ne pouvait pas développer, les bandes riveraines, les services d’aqueduc et nous sommes arrivés à cette proposition. Vouloir atteindre notre objectif de [protéger] 17 % [du territoire] est louable en soi, mais ce projet nous permettra aussi de maintenir un bâtiment patrimonial, qui est celui des petites sœurs. Il y aura également un élément fiscal puisque nous ne prélevons pas de taxes en ce moment sur ce bâtiment qui est de nature religieuse », ajoute-t-il.


« Ça vient confirmer notre intention de protéger le maximum d’espace pour la réserve naturelle. Avec les revenus générés par le projet, nous pouvons espérer que le coût d’acquisition sera remboursé rapidement. »
Paul Gingues

M. Boutin précise qu’il reste plusieurs étapes avant de lancer la construction du projet. « Le promoteur a fait ses forages géotechniques pour connaître la composition du sol et prévoir l’implantation des bâtiments. Nos services négocieront les éléments techniques avec le promoteur. »

Le conseiller du district de l’Université, Paul Gingues, considère la transaction comme une bonne nouvelle. « Ça vient confirmer notre intention de protéger le maximum d’espace pour la réserve naturelle. Avec les revenus générés par le projet, nous pouvons espérer que le coût d’acquisition sera remboursé rapidement. »

Trop cher, selon Beaudin

Évelyne Beaudin est elle aussi heureuse de l’achat de ce terrain, mais se demande pourquoi la Ville ne possède pas de politique pour la vente et l’achat de terrains boisés. 

« Ce qui me dérange, c’est le prix qu’on paye et la façon avec laquelle on choisit les terrains qu’on sauve versus ceux qu’on sacrifie. On va payer 1,8 M$ pour acheter un terrain qui n’aura pas d’effet majeur sur la grosseur du parc du Mont-Bellevue et sur l’expérience que les gens en ont alors qu’il n’y a pas si longtemps tout le monde était prêt à se départir d’un parc pour aussi peu que 90 000 $. Ce que je me suis demandé, c’est : ça fait combien de temps qu’elle existe cette lisière boisée? Comment ça se fait que la Ville n’a pas tenté de l’acheter avant? Étions-nous vraiment obligés d’attendre que la menace de déboisement soit aussi immense avant de se décider? Mon petit doigt me dit qu’on aurait payé une fraction de ce prix-là si on s’était réveillé avant. On va payer 67 % du prix de l’évaluation pour 40 % du terrain. 

« On se ramène une fois de plus à la mauvaise gestion de notre réserve foncière. On n’a pas de politique. On n’a pas de plan. On gère à la pièce. On ne comprend pas trop qui décide que tel terrain boisé vaut la peine d’être sauvé. Le terrain près du Mont-Bellevue, on le sauve. Celui près du parc Saint-Charles-Garnier, on le détruit. Pourquoi? Aurons-nous bientôt une politique de vente et d’achat des terrains? »

Vincent Boutin indique que la Ville travaille sur une politique d’achat de terrains. Elle devrait être déposée cet automne ou cet hiver.