La lutte à l’agrile du frêne reprendra en 2019 à Sherbrooke avec l’abattage prévu d’environ 300 arbres appartenant à la Ville.

La Ville abattra 300 nouveaux frênes

La lutte à l’agrile du frêne reprendra en 2019 à Sherbrooke avec l’abattage prévu d’environ 300 arbres appartenant à la Ville. Une distribution d’arbres pour les propriétaires privés de frênes est par ailleurs prévue le 18 mai prochain.

À ce jour, ce sont 23 foyers d’infestation qui ont été recensés, ce qui a entraîné l’abattage de 375 frênes publics entre le 1er octobre 2018 et le 15 mars 2019, portant le total depuis 2017 à 459 frênes. La plupart ont été remplacés. « Tout porte à croire qu’il y a des foyers ailleurs, mais nous croyons que nous sommes toujours en début d’infestation », estime Roger-Pier Mercier, chef de la division des parcs et des espaces verts à la Ville de Sherbrooke. « Nous pouvons penser que les populations d’agrile vont croître de façon exponentielle. »

Il reste 1778 arbres à abattre, dont environ 300 cette année, entre le 1er octobre 2019 et le 15 mars 2020. En contrepartie, 304 arbres seront plantés en remplacement et 99 autres seront ajoutés par anticipation. Ce sont 36 espèces et variétés différentes qui seront plantées et les espèces à grand déploiement seront privilégiées là où c’est possible. « L’objectif est de réduire l’impact sur le couvert forestier. »

Les citoyens propriétaires de frênes pourront profiter d’une distribution gratuite d’arbres le 18 mai, à la plage Lucien-Blanchard, entre 9 h et 12 h. Un total de 600 arbres seront offerts.

Quant au traitement au TreeAzin, un traitement qui peut permettre de prolonger la vie des frênes, ce sont 178 arbres qui ont été traités en 2018. La Ville en ajoutera 275 à compter de la mi-juin. Les endroits privilégiés sont les îlots de chaleur, comme le boulevard de Portland, les secteurs à forte concentration de frênes, comme le parc Belvédère, ou les secteurs à forte densité de population, comme celui de la rue des Boisés.

Le chef de la division des parcs et des espaces verts à la Ville de Sherbrooke. Roger-Pier Mercier, prévient que la ville est toujours en début d’infestation et que les populations d’agrile vont croître de façon exponentielle.

Le projet pilote mené au parc Chauveau, où avaient été disposés des pièges pour capturer des agriles, il a par ailleurs permis de capturer… deux insectes. Ce projet vise toutefois davantage à contaminer les bestioles avec un champignon, le Beauvaria bassiana, qui entraînera leur mort. Le champignon peut ensuite se propager aux autres insectes.

« Actuellement, l’étude est menée dans 12 villes. Les résultats démontrent que le contrôle des populations est meilleur si le champignon est utilisé en début d’infestation. Les deux agriles capturés n’étaient pas contaminés, mais ça ne veut pas dire que nous n’en avons pas contaminé d’autres. »

Le projet se répétera cette année au parc Chauveau et des pièges seront aussi installés au parc de Liège.

La Ville de Sherbrooke a désormais procédé à l’inventaire des frênes sur environ 60 % de son territoire. On estime qu’on compte 6354 frênes privés à Sherbrooke. Jusqu’à maintenant, 152 permis d’abattage ont été demandés par des citoyens. Les frênes abattus sont valorisés, soit en pâte et papier ou en compost.

Rappelons qu’il est interdit de transporter du bois de frêne, du 1er avril au 30 septembre, précisément pour éviter l’agrandissement des foyers de contamination. Le plan de lutte à l’agrile du frêne devrait coûter 5,7 M$ en 10 ans à la Ville de Sherbrooke. Pour le moment, ce sont 341 883 $ en immobilisations, pour la plantation d’arbres, et 222 892 $ en fonctionnement, pour l’abattage, qui ont été dépensés.

Les propriétaires de frênes qui voudraient traiter leur arbre peuvent s’inscrire sur le site de la Ville, à sherbrooke.ca/agrile, pour profiter d’un tarif préférentiel.