La Tribune confirme son virage numérique

La Tribune a arrêté son plan de match pour les prochains mois, qui seront évidemment marqués par une reprise en mode « après-COVID ».

La Coopérative de solidarité La Tribune a adopté cette semaine son plan d’action 2020-2021. Il confirme la suspension définitive des éditions imprimées du lundi au vendredi et le maintien de l’édition imprimée du samedi dans sa nouvelle formule magazine. On pourrait toutefois présenter une édition supplémentaire en semaine l’automne prochain. Un comité analyse actuellement cette question, afin de voir si les conditions du marché permettent de réintroduire cette deuxième édition imprimée.

Ce virage numérique était prévu, rappelle Jean Perrault, président du conseil d’administration de La Tribune, dans le plan d’affaires déposé à la fin 2019 en vue d’acquérir le Groupe Capitales Médias par le regroupement de ses six journaux régionaux relancés en coopératives de travailleurs. 

« Le virage arrive toutefois 12 à 18 mois plus tôt que prévu, à cause de la situation d’urgence provoquée par la crise sanitaire et des impacts durables que cette crise aura sur les revenus des journaux », dit-il. 

« Nous sommes évidemment conscients que cette décision va décevoir des lecteurs. Après plusieurs semaines de travail, nous en venons à la conclusion qu’il s’agit malheureusement de la seule avenue possible pour garder notre Tribune vivante et remplir notre mission d’informer la communauté estrienne sur ce qui se passe chez elle. »

« Il y a une lueur d’espoir. Les gens sont attachés à La Tribune. Ils veulent que la mission du journal se poursuive. Une presse dynamique soutient la démocratie », lance-t-il.

« Nous avons de l’aide des différents gouvernements, de bailleurs de fonds et de donateurs. Ça donne de l’air frais au journal. » 

Ce virage numérique est complètement aligné sur la tendance observée partout dans le monde, alors que des milliers de titres ne sont plus imprimées. Et le mouvement s’est accentué ces dernières semaines. Le marché va définitivement vers le numérique depuis plusieurs années, souligne-t-il encore. 

Du côté des journaux membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), qui inclut la coop de La Tribune, il a été décidé que cette plateforme numérique serait payante. Dès l’automne, le groupe ira de l’avant avec la mise en place d’un mur payant pour accéder à nos contenus en ligne, soit le site web et l’application mobile. 

Les premiers abonnés seront ceux qui ont adhéré à la campagne Je contribue et qui versent déjà, sur une base volontaire, une contribution mensuelle ou annuelle. Les abonnés à l’édition imprimée du samedi auront également accès aux services numériques sans frais supplémentaire, précise-t-on.

Ce plan d’action 2020-2021 a été adopté par la Coopérative de solidarité La Tribune ainsi que par les cinq autres coopératives indépendantes locales de journaux membres de la CN2i.

Pertes d’emplois

Les revenus actuels et anticipés confirment qu’on ne pourra pas rappeler au travail tous les employés qui ont été mis à pied à la fin du mois de mars pour assurer la survie des journaux dans le contexte de la COVID-19, admet Jean Perrault.

« Nous avons dû prendre cette décision difficile. Il fallait le faire pour sauver le journal », plaide-t-il.

« Nous avons regroupé des services et nous avons obtenu un prix avantageux en nous alliant avec les autres coops pour l’achat du papier, ce qui nous permet de faire des économies. »

Les six coopératives prévoient garder quelque 300 employés pour l’ensemble des journaux, dont plus de 170 sont dédiés à la création et à la diffusion de contenus. Les pertes de postes s’élèvent à environ 90 dans tout le réseau.

Outre La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l’Est de Granby, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, Le Quotidien de Saguenay, Le Droit d’Ottawa et Le Soleil de Québec sont membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante.