La subvention pour les bornes de recharge passe de 500 à 300 $

Le programme de subvention pour les bornes de recharge de véhicules électriques sera de retour en 2020 à la Ville de Sherbrooke. De 500 $, l’aide financière par foyer passera à 300 $. L’enveloppe totale disponible sera toutefois doublée.

La Ville avait annoncé en novembre avoir épuisé son enveloppe 2019 (156 000 $) en raison de la forte demande. Pour 2020, 321 000 $ seront disponibles et couvriront aussi les mois de novembre et décembre 2019. Les demandes effectuées après le 4 novembre seront traitées en priorité.

Le président d’Hydro-Sherbrooke, Julien Lachance, a rappelé que 50 % des gaz à effet de serre sont occasionnés par le transport. « À la Ville, nous voulons encourager la population à prendre le virage de la voiture électrique et nous voulons être un leader de l’électrification du transport. Pour nous, il y a un retour sur l’investissement parce que l’acheteur consommera de l’électricité. »

La Ville a précisé que les subventions seront disponibles jusqu’à ce que l’enveloppe soit épuisée.

La conseillère Évelyne Beaudin a proposé d’utiliser une partie de cette somme, la moitié par exemple, pour encourager les citoyens à se procurer des vélos électriques. « L’achat de véhicules électriques est déjà largement subventionné par le provincial et le fédéral. Le vélo est bon pour la santé et nous coûte moins cher en infrastructures. » Elle n’a reçu l’appui que d’une collègue : Annie Godbout.

« L’enjeu des changements climatiques est majeur. On parle d’un pacte sur l’urgence climatique. C’est lent avant qu’un changement s’opère. Toutes les manières seront bonnes pour encourager un changement », a plaidé Mme Godbout.

La Ville est justement à mettre en place un comité des transports électriques sur lequel siège Vincent Boutin. « Nous regarderons l’électrification des transports au sens large. La question des vélos est un peu trop préliminaire. Les bornes électriques, c’est clair que les profits vont à Hydro-Sherbrooke. Le vélo, on est plus dans la mobilité durable. Ce serait plus un budget de la Ville qui devrait s’appliquer. Je ne suis pas contre l’idée, mais ce n’est pas le bon moment pour octroyer ces subventions. »

Chantal L’Espérance abonde dans le même sens. L’idée de financer des vélos électriques pourrait être étudiée dans un autre budget selon elle. « Dans ce cas-ci, avec les voitures, il y a un retour sur l’investissement, chose que nous n’aurons pas avec un vélo. »

Marc Denault voudrait pour sa part qu’on clarifie les rôles de chacun. « On ne peut pas être contre la vertu mais du point de vue budgétaire, nous nous sommes donné un cadre serré. Il faudra être prudent. Il faudra savoir qui s’occupe de l’électrification : est-ce Hydro-Sherbrooke, le comité des stationnements, le comité de la mobilité durable? »

Danielle Berthold et Pierre Avard ont accueilli froidement l’idée de Mme Beaudin.

« Ça me fait bien rire qu’on en vienne à demander des subventions pour les vélos électriques. On pousse un peu. On va ensuite en donner à la tondeuse, la souffleuse? Ça ne s’arrêtera pas. C’est un choix d’acheter un vélo électrique. Ce n’est pas le moment de faire ça », dit Danielle Berthold.

« On perd complètement le sens. Un vélo, à ce que je sache, n’a pas besoin de borne de recharge », ajoute Pierre Avard.

Julien Lachance a aussi rejeté l’idée d’Évelyne Beaudin. « Si on coupe dans l’enveloppe pour les bornes de recharge, il risque de ne plus y avoir d’argent dès juin. »