Malika Bajjaje, présidente du FTMS, considère que la perte de l’apport financier de la SAQ a mené le festival à réajuster son budget cette année.

La SAQ largue le FTMS

La 21e édition du Festival des traditions du monde de Sherbrooke ne compte plus sur l’apport financier de la SAQ, un partenaire pendant plus de 13 années. Bien que les organisateurs étaient au courant depuis 2016, la perte importante de financement engendré par le départ de la société d’État en tant que porte-parole devrait fragiliser le bilan de l’année.

« On a travaillé fort à rajuster notre budget. Notre plus grand souci était de faire en sorte que le festivalier ne s’en rende pas compte en proposant une programmation de qualité. Si beaucoup de commanditaires quittaient en même temps, ça mettrait l’événement en péril. Pour l’instant, disons que ne fait que fragiliser la situation financière », explique Malika Bajjaje, directrice du FTMS.

C’est que le représentant de la SAQ leur a expliqué la décision de ne plus s’associer avec le festival en 2016, expliquant vouloir se diriger vers un autre type d’événements dans le futur. Ils ont finalement agi à titre de porte-parole en 2017 en apportant un dernier apport financier totalisant 55 000 $ en produits et commandites.

L’édition 2018 est la première à ne plus compter sur le partenariat avec la société d’État.

« On a des restaurants sur notre site, des activités liées aux produits alimentaires. On était surpris de cette décision et on a tenté de la renverser. J’aurais aimé comprendre mieux les critères, car nous ne les acceptons pas et il n’y a rien à faire avec ça », lance-t-elle.

Incontournable
Le FTMS est un événement reconnu dans l’ensemble de la province et du haut de ses 20 années d’expérience, il fait partie des incontournables pour de nombreux Estriens.

« On a un festival régional qui offre une programmation unique, qui est rassembleuse dans un monde dans lequel on parle plus souvent des conflits. On a un festival qui traverse les cultures avec l’art en avant-plan misant sur l’harmonisation entre les peuples. Le FTMS est une institution, ce n’est pas un festival amateur, et on entend dire que la communauté sherbrookoise se l’est approprié très bien », indique-t-elle.

Elle estime que la décision de la SAQ aurait pu être prise en considérant l’importance culturelle que revêtait l’événement depuis très longtemps, tout en affirmant au passage que le FTMS a été le tremplin pour de nombreux artistes maintenant bien connus à l’international.

Pour Jean-Charles Doyon, directeur des opérations au FTMS, le partenariat s’est conclu avec professionnalisme de la part de la SAQ.

« Ils ont été très honnêtes avec nous. C’est décevant parce qu’on a la certitude que notre événement est un fit pour eux. Nous offrons des produits du terroir, en plus d’offrir aux festivaliers de nombreux choix de consommations alcoolisées. On garde espoir de pouvoir revenir avec eux dans le futur », explique-t-il.

Ce qui est certain, c’est que malgré l’apport financier de la SAQ en moins, le FTMS continue d’être un endroit qui offre de nombreuses expériences immersives aux festivaliers.

« C’est un événement avec une panoplie d’activités interactives. On a la chance de compter sur une belle équipe de près de 600 bénévoles. On est peut-être une petite équipe derrière tout ça, mais on arrive à réaliser un festival qui prend des proportions gigantesques », affirme Mme Bejjaje.