Le pont n'aura que deux voies et le lien automobile vers la rue Frontenac à cet endroit sera probablement piétonnier.

La rue des Grandes-Fourches repensée pour la mobilité durable [VIDÉO]

La rue et le pont des Grandes-Fourches seront étroits et ne comporteront qu’une voie dans chaque direction. Dans une révision de son concept de réaménagement du secteur des Grandes-Fourches, la Ville prévoit désormais un carrefour giratoire à l’entrée du pont de la rue Terrill, un agrandissement du parc James-S.-Mitchell et une piétonnisation possible d’une partie de la rue Frontenac.

À l’aube du lancement d’un appel d’offres pour la conception des plans et devis du pont signature, la Ville dévoilait mercredi ses nouvelles orientations qu’elle juge en cohérence avec la déclaration universelle d’urgence climatique. « C’est une occasion unique de dessiner le centre-ville de demain et de se doter d’une vision urbanistique du 21e siècle », résume Chantal L’Espérance, présidente du comité de revitalisation du centre-ville.

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La Ville opte pour un pont « signature » sur Grandes-Fourches

Yves Tremblay, directeur du Service de l’urbanisme et du développement durable à la Ville de Sherbrooke, parle de la construction d’un boulevard urbain semblable au boulevard René-Lévesque. « Nous plaçons la mobilité active et le piéton à l’avant-plan. Nous recalibrons l’espace de l’automobile. En rétrécissant les voies de circulation, nous laissons de la place pour le verdissement. »

Les voitures qui circuleront en direction nord, vers la rue Terrill, ne pourront pas tourner à gauche sur les rues des Abénaquis ou Court. Le stationnement sur rue sera aussi interdit. Ces mesures visent à assurer une fluidité accrue de la circulation. À l’entrée du pont Terrill, un carrefour giratoire double, tel que prévu dans la première mouture du projet, avant d’être remplacé par une intersection standard, sera construit.

« Il y a des avantages environnementaux et nous offrons ainsi une plus grande sécurité pour les piétons et les cyclistes. »

Le parc James-S.-Mitchell, enclavé entre les rues Dufferin, Moore et Montréal, sera pour sa part agrandi alors que sera éliminé un petit tronçon de la rue Dufferin. Du même coup, plusieurs feux de circulation pourront être enlevés. Les automobilistes qui souhaiteront parcourir la rue Dufferin en entier en direction nord devront désormais transiter par le carrefour giratoire à l’angle des rues des Grandes-Fourches et Terrill. L’accès piéton au parc sera par ailleurs plus facile. 

Quant à la rue Frontenac, la portion située entre la rue Wellington Nord et la rue des Grandes-Fourches pourrait être réservée aux piétons. Yves Tremblay rapporte qu’il faut laisser de l’espace aux ingénieurs, mais que la formule de la piétonnisation semble la meilleure pour le moment.

« Nous sommes encore en concept. Les détails du projet ne sont pas attachés », prévient Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke. 

Dès cet été, la rue des Grandes-Fourches sera reconstruite entre les rues King Ouest et Meadow. Les culées du pont seront construites cet automne tandis que le pont lui-même prendra forme l'an prochain. L’appel d’offres pour la construction des liens routiers menant au pont sera lancé quelque part au printemps. En raison des normes gouvernementales sur la crue des eaux, le nouveau pont sera construit un mètre plus haut que l’ancien.

La passerelle piétonne, qui devait à l’origine être détruite, restera finalement à sa place puisqu’il s’agissait de la première structure au monde à être conçue avec du béton haute performance. Les piétons et les cyclistes pourront aussi se déplacer sur le nouveau pont des Grandes-Fourches grâce à des trottoirs élargis.

« Ce qu’on oublie dans la formule, c’est qu’on veut ramener les citoyens à vivre au centre-ville. S’il y a une occupation résidentielle sur place, c’est moins de transport. Il y aura toujours une circulation de transit, de là l’importance d’offrir un transport en commun efficace », précise Yves Tremblay.

La piétonnisation de la rue Frontenac pourrait entraîner un détour important pour les automobilistes qui voudraient passer de la rue des Grandes-Fourches à la rue Wellington Nord... « Il faut voir qui se retrouvera dans cette situation. Le touriste aura peut-être des petites manœuvres de lecture à faire pour se repositionner. Mais le citoyen qui vient tous les jours trouvera bien vite par quelle direction entrer pour ne pas se faire prendre dans une situation d’entonnoir. » 

En recalibrant l’espace de l’automobile, demeure-t-il pertinent de construire un nouveau pont? « Nous en avons vraiment besoin pour faire le lien entre le centre-ville et l’est, le Cégep. Les études de circulation ont démontré que le lien est essentiel, mais pas de l’ampleur prévue initialement », répond Caroline Gravel.

La reconfiguration de la rue des Grandes-Fourches entraînera la perte d’une centaine de cases dans le stationnement de la Grenouillère. Le stationnement étagé s’y trouvant devra quant à lui être reconstruit dans cinq à dix ans. 

L’ensemble du projet des Grandes-Fourches est évalué à 36,6 M$, dont 26 M$ proviennent du ministère des Transports. Tous les aménagements devraient être terminés en 2021. Il est trop tôt pour connaître les plans concernant le réaménagement des berges.

Le pont n'aura que deux voies.

Cette simulation 3D donne une idée du projet lors de son lancement, à l'été 2018. Le concept d'aménagement préliminaire, présenté en janvier 2019, comprend plusieurs modifications qui ne se retrouvent pas dans cette vidéo. Entre autres, la rue des Grandes-Fourches ne comptera qu'une voie dans chaque direction. L'intersection avec la rue Terrill sera remplacée par un carrefour giratoire.

La place Nikitotek restera au centre-ville

Le maire Steve Lussier a finalement confirmé, mercredi, que le théâtre de la place Nikitotek déménagera, mais qu’il demeurera au centre-ville. Évitant de donner la moindre information sur les lieux envisagés pour l’infrastructure, il précise néanmoins qu’elle devra être déplacée à l’issue de la saison touristique pour permettre le début des travaux de construction du pont des Grandes-Fourches.

« La bonne nouvelle, c’est que la place Nikitotek va rester au centre-ville. Où on va l’implanter? Ça reste dans nos cartons à positionner. On en parle. On va vous revenir incessamment par rapport à cette question-là », dit M. Lussier.

Pour le maire, le centre-ville s’étend de la rue Terrill à l’extrémité sud de la rue Wellington. « On va vous faire une belle surprise. Il y a une belle vue en ce moment. Est-ce que ce sera situé au même endroit? Je ne peux pas vous le dire pour le moment. »

Steve Lussier avance qu’il ne faudrait pas rembourser une partie de la subvention obtenue pour la construction du théâtre, subvention qui visait la revitalisation de la gorge de la rivière Magog.

La Ville devrait-elle tenir compte du bruit pour le repositionnement de l’infrastructure? « Qu’on la place n’importe où, il y aura toujours du son qui ira à gauche et à droite. Les gens comprennent que c’est une place extérieure. On a le choix d’avoir des événements ou pas, mais il y a une petite partie de bruit. C’est tout à fait normal. » 

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke mentionne que la Ville étudie plusieurs emplacements pour installer la scène extérieure. « On devrait rencontrer les intervenants directement touchés avant d’arrêter un choix. On la démantèle à la fin de la saison. »

L’idée originale de l’implanter à côté du Centre des arts de la scène Jean-Besré et de la salle intermédiaire semble désormais écartée. « L’idée initiale était de combiner les infrastructures, mais il semble que ce ne soit pas possible. Ça ne fait pas partie des sites qui sont analysés. »

À Destination Sherbrooke, on a été informé des scénarios analysés, mais pas d’une décision finale. La volonté de l’organisme paramunicipal était de garder l’infrastructure au centre-ville. Dans le déménagement, il faut non seulement considérer la scène extérieure, mais également les infrastructures d’accueil.

À noter que Destination Sherbrooke travaille toujours sur le dossier de la vague de surf, qui pourrait se trouver dans le secteur du pont des Grandes-Fourches. L’organisme attend toujours les résultats d’une étude de caractérisation qui concerne entre autres une espèce menacée, le fouille-roche gris.