Monseigneur Luc Cyr, archevêque de l'archidiocèse de Sherbrooke ; Soeur Denise Pomerleau, supérieure générale ; Soeur Rachel Lemieux, directrice du Centre Marie-Léonie Paradis, posent dans la pièce où se trouve la relique de soeur Marie-Léonie Paradis, actuellement exposée dans une châsse vitrée à la Maison générale de la communauté sur la rue Galt Ouest.

La relique de Marie-Léonie déménagera

Les Petites Soeurs de la Sainte-Famille tourneront une page de leur histoire le 31 mai prochain. En effet, la relique de leur mère fondatrice, la bienheureuse Marie-Léonie Paradis, quittera leur couvent de la rue Galt Ouest pour prendre place à l'intérieur de la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.
Le cercueil de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis a été exhumé du cimetière Saint-Michel de Sherbrooke en 1935 pour être transféré à la Maison générale des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.
« Lorsque nous avons commencé à évoquer la possibilité de déménager, la première inquiétude de nos soeurs était de savoir ce qu'il allait advenir des restes mortels de mère Marie-Léonie. Il nous fallait trouver un autre site pour sa relique », soutient soeur Rachel Lemieux, directrice du Centre Marie-Léonie Paradis.
Rappelons que les Petites Soeurs de la Sainte-Famille s'installeront à la fin du printemps dans un nouveau bâtiment de 20 millions de dollars situé sur un terrain vacant adjacent au couvent surplombant la rue Galt Ouest. Comme l'imposant bâtiment n'est toujours pas vendu, une cinquantaine de religieuses continueront de vivre dans l'actuel bâtiment.
La fondatrice de la communauté religieuse est un personnage important de l'histoire religieuse du Québec. Elle a été béatifiée lors du passage du pape au Québec en 1984 et pourrait être canonisée si un second miracle lui était attribué. Son squelette, enrobé de cire et de bandelettes avec un masque de plâtre, vêtu du costume d'époque, est actuellement exposé dans une châsse vitrée à la Maison générale de la communauté sur la rue Galt Ouest.
Il fallait donc idéalement lui trouver un site où elle demeurerait accessible aux visiteurs. « Une nouvelle châsse vitrée sera installée dans l'un des transepts de la basilique-cathédrale et respectera l'architecture du site », explique monseigneur Luc Cyr.
En plus, un espace pour un musée, dont l'aménagement est prévu pour septembre, lui sera consacré et permettra aux visiteurs d'en apprendre davantage sur les Petites Soeurs de la Sainte-Famille qui comptent encore près de 200 religieuses à Sherbrooke.
Long processus
Le transfert des restes mortels d'une religieuse n'est pas une mince affaire en raison de son statut de bienheureuse accordé par le Vatican en 1984. « Nous avons fait plusieurs démarches et avons dû obtenir plusieurs autorisations civiles et ecclésiastiques pour pouvoir procéder », précise soeur Rachel Lemieux en soulignant que les démarches sont allées jusqu'au Vatican par le biais de l'archevêque Luc Cyr.
Le tombeau de mère Marie-Léonie sera donc transféré à la cathédrale de Sherbrooke, mais son coeur, qui se trouve dans une urne, sera transféré à la maison Au Boisé d'Élodie, la nouvelle maison de la communauté. La maison porte ce nom en hommage au nom de baptême de la religieuse-fondatrice. « Le fait de pouvoir apporter son coeur avec nous a adouci la transition pour les soeurs de la communauté qui ont trouvé difficile de se séparer de la dépouille de notre fondatrice », se réjouit Rachel Lemieux.
Une autre relique importante, l'os d'une main, est partie à la maison centrale des soeurs de la Sainte-Famille à Tegucigalpa au Honduras. « L'avenir de notre communauté est là-bas, toutes les soeurs les plus jeunes s'y trouvent. Elles étaient vraiment ravies de pouvoir avoir une relique de leur fondatrice », ajoute soeur Lemieux.
Il s'agit de la deuxième fois que la dépouille de la bienheureuse est déplacée. En effet, à sa mort en 1912, elle a d'abord été inhumée au cimetière Saint-Michel de Sherbrooke. En 1935, son cercueil a été exhumé pour être transféré à la Maison générale des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.
Un apport à la communauté
La bienheureuse Marie-Léonie Paradis est décédée en 1912 à Sherbrooke. Celle qui a fondé l'Institut des Petites Soeurs de la Sainte-Famille en 1880 a été reconnue en décembre dernier comme personnage historique par le gouvernement du Québec.
Son oeuvre a traversé les frontières : son leadership et son charisme ont fait en sorte qu'elle a mené des centaines de femmes à s'accomplir au sein de l'Église. En effet, la communauté qu'elle a fondée avait pour objectif de seconder le clergé en effectuant les tâches variées dans les collèges, séminaires, évêchés ou autres lieux d'enseignement. Les responsabilités assumées par ces religieuses sont aujourd'hui considérées comme un apport important au développement du Québec.
« Quand on parlait des soeurs de la Saint-Famille, on dirait qu'elles apportaient une âme dans les lieux où elles se trouvaient », souligne Mgr Luc Cyr.
La dépouille mortelle quittera la maison religieuse le 31 mai à 13 h dans un impression cortège qui se rendra jusqu'à la cathédrale-basilique de Sherbrooke. Toute la population est invitée à assister à ce cortège historique.