Stéphanie Lemoine, directrice à la direction des programmes en santé mentale et dépendance au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et Dr Jean-François Trudel, chef du département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke.
Stéphanie Lemoine, directrice à la direction des programmes en santé mentale et dépendance au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et Dr Jean-François Trudel, chef du département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

«La psychiatrie n’est pas une jungle», rassure le Dr Trudel

Le psychiatre Jean-François Trudel, chef du département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, tient à rassurer la population sur la qualité des soins qui sont offerts à cet endroit.

« Les patients qui causent des problèmes en psychiatrie sont une petite minorité. Il faut transmettre le message que la psychiatrie n’est pas une jungle. Oui il arrive de temps en temps des situations disgracieuses parce que c’est une clientèle particulière qui est là, mais c’est exceptionnel. La majorité des gens qui viennent chez nous sont des personnes souffrantes. Ils repartent soulagés, avec le sentiment qu’on les a aidés », clame-t-il.

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Au cours des derniers mois, La Tribune a fait mention de plusieurs incidents violents survenus en psychiatrie. Le 22 mai dernier, une infirmière a été gravement blessée quand un patient l’a attaquée. Deux semaines plus tard, le 3 juin, c’était au tour d’un psychiatre d’être gravement blessé par un patient à l’urgence psychiatrique.

Par le passé, d’autres incidents violents ont aussi fait la manchette.

C’est vrai et ça arrive, mais tout ça reste exceptionnel, soutient le Dr Trudel.

« Les gens qui sont hospitalisés dans les unités psychiatriques sont là pour recevoir du réconfort et des soins. Les gens peuvent avoir confiance que s’ils consultent entre les murs de notre établissement, ils vont avoir une équipe dévouée, dédiée pour les soigner, qu’ils seront en sécurité. On va leur donner des soins de la meilleure qualité possible. C’est fondamental que les gens sachent que c’est sécuritaire. Nous avons des employés dévoués qui travaillent avec tout leur cœur pour aider les gens qui sont hospitalisés », ajoute-t-il.

« Il faut comprendre qu’il y a des gens admis en psychiatrie qui peuvent être instables et "faire du trouble" sur les unités, mais c’est vraiment une minorité, une fraction. Quand ça arrive, nous avons aussi une unité un peu plus sécurisée qu’on peut utiliser comme backup, ce qui fait que les unités plus conventionnelles sont quand même préservées », ajoute le Dr Trudel.

C’est notamment dans cette unité qu’a eu lieu la perquisition de mercredi matin.

La perquisition étant maintenant terminée, la direction de l’établissement continuera tout de même à évaluer ses stratégies concernant la sécurité au sein de l’établissement ainsi que dans les stationnements et autour de l’hôpital.

« Tout sera évalué pour savoir comment on peut poursuivre ces mesures », indique Stéphanie Lemoine, directrice des programmes en santé mentale et dépendance au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« C’est important, mais l’objectif, c’est aussi que ça reste un milieu de soins, un milieu thérapeutique, et non pas un milieu carcéral, ni non plus un milieu où tout est permis et où les gens ont peur de venir travailler ou d’être soignés », ajoute le Dr Trudel.