Certaines craintes subsistent chez les chauffeurs d’autobus scolaires en prévision du retour en classe des élèves du primaire.
Certaines craintes subsistent chez les chauffeurs d’autobus scolaires en prévision du retour en classe des élèves du primaire.

La protection essentielle dans les autobus jaunes

Sherbrooke — Les mesures de protection pour les chauffeurs d’autobus scolaire demeurent une condition essentielle pour assurer leur sécurité avec le retour en classe des élèves du primaire.

Le président du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) qui représente plus de 3000 chauffeurs d’autobus au Québec, Stephen Gauley, croit que c’est au gouvernement du Québec de payer pour ces équipements de protection.

« Les visières, les masques, les gants ou le désinfectant sont des équipements qui ont un coût. Nous ne savons pas encore qui va payer pour ces protections qui sont essentielles pour pas que les chauffeurs d’autobus scolaires se trouvent dans la même situation que ceux dans les CHSLD », explique M. Gauley. 

« C’est certain que c’est inquiétant dans les autobus scolaires parce que la distanciation physique est pratiquement impossible. Les mesures de protection seront alors importantes », ajoute le président de la CSN en Estrie, Denis Beaudin, qui représente 250 membres dans les commissions scolaires de l’Estrie.

Plexiglas, visières, masques, ce dernier croit qu’aucun équipement de protection ne devra être exclus pour protéger les chauffeurs d’autobus. 

Environ 14 pour cent de ces personnes qui travaillent auprès des enfants sont âgés de plus de 70 ans et environ 54 pour cent sont âgés de plus de 60 ans.

« Les chauffeurs qui ont des conditions médicales particulières devraient pouvoir rester chez eux sans être pénalisés sur le plan financier », estime M. Gauley. 

Du côté d’Autobus des Cantons, on attendait les directives du gouvernement du Québec avant de plancher sur les scénarios de distanciation dans les autobus.

Environ 45 pour cent des chauffeurs chez Autobus des Cantons sont âgés de plus de 60 ans.

« Tout le monde a hâte de revenir au travail malgré certaines craintes. Nous allons voir ce qui va se passer », explique Sonia Poulin des Autobus des Cantons.

Le président de la CSN en Estrie croit que ce retour au travail pour les chauffeurs d’autobus était attendu.

« S’il n’y a pas de retour en classe, les chauffeurs auront épuisé leur admissibilité à l’assurance-emploi. Ils n’avaient pas accès au PCU (NDLR :Prestation canadienne d’urgence) », signale Denis Beaudin.

Stephen Gauley déplore ce fait que les chauffeurs d’autobus aient été pénalisés durant cet arrêt de travail forcé.

« Les chauffeurs d’autobus se sont retrouvés avec des baisses de salaire de 45 pour cent. Si l’on regarde dans le futur, certains pourraient ne pas recevoir de prestations de chômage à la semaine de relâche ou à la période des fêtes s’ils ne peuvent pas revenir au travail en raison de contraintes à l’emploi. Il faut aussi voir à ce que les chauffeurs ne soient pas pénalisés étant donné qu’il n’y aura pas de retour des élèves du secondaire », soulève Stephen Gauley.

Une rencontre entre les transporteurs scolaires, les syndicats, le ministère de l’Éducation et les Commissions scolaires doit se dérouler, mardi, pour préciser les détails du retour en classe.