Après des mois de tourmente, le nouveau conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Sherbrooke et le syndicat des employés espèrent que la sérénité reviendra à l’intérieur des murs de l’institution.

La présidente du MBAS quitte

La présidente du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Lucie Lemay, a démissionné mardi soir.

 Au terme de la houleuse assemblée générale qui a rassemblé plus de 70 personnes, elle a annoncé aux membres du C.A. qu’elle ne souhaitait plus poursuivre son mandat. Ceux-ci ont élu Raymond-Mathieu Simard comme président intérimaire.  

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« Je suis nouvellement arrivé, je fais partie du conseil d’administration depuis la fin du mois de novembre seulement, mais je sens l’attachement des citoyens pour le Musée. Étant donné la forte participation des membres à l’assemblée générale, je retiens que l’avenir de l’endroit interpelle beaucoup de monde. Malgré une situation assez difficile au cours de la dernière année, nous, on est convaincus que les espoirs sont permis et qu’il faut réorganiser les structures du Musée pour être capables d’affronter l’avenir dans un esprit de coopération. J’ai siégé à plusieurs conseils d’administration et on m’a souvent confié le mandat de régler des situations problématiques qui empêchaient l’organisation de bien fonctionner », explique M. Simard, qui est avocat de formation. 

Trois agents de sécurité supervisaient la rencontre annuelle à laquelle assistaient un nombre record de membres. Rappelons que l’automne a été mouvementé pour l’institution et marqué par la syndicalisation des employés du MBAS, qui ont dénoncé publiquement un contexte de travail difficile et abusif. Trois plaintes officielles ont d’ailleurs été déposées à la CNESST et sont en cours d’enquête. 

« Ces dossiers-là, qui sont judiciarisés, on ne pouvait évidemment pas les commenter en assemblée. Beaucoup de gens ont posé des questions. Tant de personnes qui s’intéressent au Musée, je vois ça positivement. Je suis aussi convaincu qu’un climat de travail agréable est un élément-clé pour l’avenir. Au C.A., on a prévu une autre rencontre la semaine prochaine parce qu’on sait qu’on a du pain sur la planche, mais je suis optimiste. On regarde vers l’avant. L’assemblée a été tendue, effectivement, mais à la fin, il y avait des sourires d’espoir », souligne M. Simard.  

Luc Fortin

Du côté du syndicat, on espère que le meilleur se dessine. 

« C’était une soirée haute en émotions pendant laquelle plusieurs ont pris la parole au micro. Ils ont posé des questions pour lesquelles ils n’ont pas nécessairement obtenu de réponses claires et on a senti l’impatience, la déception et l’indignation de certains. Il y a eu quelques interventions négatives par rapport au syndicat, aussi. Je précise que la syndicalisation des employés n’a jamais été une déclaration de guerre. On souhaitait se donner des outils et des balises afin de bâtir un cadre de travail adéquat et agréable. C’était pour nous la bonne voie, personne n’était mal intentionné. Dans tout ça, on a l’impression d’avoir été soutenus par la communauté artistique, d’avoir été entendus, aussi. La balle est maintenant dans le camp des membres du C.A. et les discours positifs et bienveillants qu’ils ont faits avant la levée de l’assemblée nous permettent d’être optimistes pour la suite », souligne Sarah Boucher, conservatrice au MBAS et présidente du syndicat.  

Des réponses attendues

« Il y a eu beaucoup de questions, confirme M. Simard. On les a notées. Et à court ou moyen terme, il va falloir qu’on soit capables de donner des réponses claires et transparentes. Moi, l’avenir du Musée me concerne, il concerne tous les gens de Sherbrooke. Et la réunion de mardi me motive. C’était la première assemblée annuelle du MBAS à laquelle j’assistais, je n’avais pas tous les éléments en main, mais j’ai commencé à regarder les règlements et procès-verbaux. (...) Dans mon parcours, j’ai souvent eu à réécrire les statuts et les règlements généraux pour différentes organisations. Et là, au Musée, il y a un travail à faire à ce chapitre. Je suis un gars d’équipe et je pense qu’on est capables, avec la collaboration des membres, des employés et de la population de faire progresser le MBAS de façon rigoureuse et continue. »


« On m’a sollicité et proposé un siège vacant. Accepter allait de soi parce que je voulais participer à l’avancement du Musée. »
Luc Fortin

Trois recrues ont fait leur entrée au sein du conseil d’administration. Charles-Olivier Mercier, Paul Morissette et Noëlle Boutet-Reulet s’ajoutent aux administrateurs Raymond-Mathieu Simard, Pierre Bernard, Yvan Dagenais, Johanne Desrosiers, Nadia-Sophie Duplessis, Michel Gagné, Martin Houle, Jean-Baptiste Le Pesant et Luc Fortin. Le nom de ce dernier ne figurait pas encore sur le site du MBAS puisqu’il a été nommé sur le C.A. par les membres en poste, il y a quelques semaines seulement. 

« On m’a sollicité et proposé un siège vacant. Accepter allait de soi parce que je voulais participer à l’avancement du Musée, un endroit qui a toujours occupé une place importante lorsque j’étais député et ministre de la Culture. Pendant la dernière campagne, j’ai pris l’engagement de faire progresser le projet d’agrandissement du MBAS. C’est structurant pour l’endroit et pour la revitalisation du centre-ville. Je ne sais pas quel sera mon rôle au sein du C.A., les responsabilités de chacun restent à déterminer, mais ma motivation pour m’impliquer au musée, c’est le projet d’agrandissement. Si on me demande d’assumer toutes les représentations nécessaires pour le pousser, je vais le faire avec grand plaisir », exprime M. Fortin.  

Les irritants nommés mardi soir dans l’assistance n’ont pas plombé son enthousiasme. 

« J’ai vu pire à l’Assemblée nationale! Je n’étais pas aux premières loges de tout ce qui s’est tramé, puisque mon implication est récente. Mais comme tout le monde, j’ai lu les journaux. Je m’attendais à ça. Il y avait des divergences d’opinions, c’est vrai, mais il s’agit de trouver un terrain d’entente. Je pense que c’est possible parce que, tant du côté du C.A. que du côté du syndicat, tout le monde souhaite le mieux pour ce joyau du centre-ville », ajoute l’ancien ministre. 

L’actuelle directrice de l’établissement, Cécile Gélinas, prendra sa retraite en janvier. Son poste est déjà affiché et des entrevues se dérouleront sous peu. Le syndicat a, lui, commencé à plancher sur sa première convention collective : « On a eu la présentation du projet la semaine dernière, on travaille dessus. On ne veut pas tourner les coins ronds. On souhaite se donner une bonne base et on espère une négociation respectueuse et de bonne foi », note Mme Boucher.