Kanak apporte beaucoup de réconfort aux enfants victimes d’actes criminels, notamment à ceux qui ont subi des agressions sexuelles.

La police de Saguenay veut accueillir un chien de soutien émotionnel

Le Service de police de Saguenay (SPS) pourrait figurer parmi les premiers corps policiers québécois à bénéficier des services d’un chien de soutien émotionnel. Des démarches ont été entreprises afin d’accueillir l’animal formé par Mira et utilisé pour réconforter, apaiser, faire diversion et procurer un sentiment de sécurité aux victimes d’actes criminels.

« Il y a plusieurs étapes à franchir. On a monté un projet pour acquérir un tel chien. On est au début du projet. On doit passer plusieurs étapes. Il faut monter un plan, évaluer les coûts », affirme Bruno Cormier, porte-parole du SPS.

Kanak accompagne les enfants qui doivent témoigner en cour.

Nicolas St-Pierre, directeur général de Mira, confirme que le SPS a effectué des démarches auprès de son organisation. M. St-Pierre affirme que Saguenay est le seul corps policier en processus afin d’accueillir un tel chien. Le Service de police de Sherbrooke a été le premier corps policier au Québec à avoir accueilli un chien de soutien émotionnel. Le projet a été initié par la sergente-détective Mélanie Bédard.

Kanak, un labrador, est arrivé à Sherbrooke en mai 2016. Depuis, le Service de police de Terrebonne a accueilli un tel animal. Trois chiens travaillent pour leur part avec la Sûreté du Québec. « On a aussi collaboré avec Bruxelles, en Belgique, où un chien travaille actuellement, confirme Nicolas St-Pierre. Si le projet se concrétise, Saguenay sera parmi les précurseurs en milieu policier au Québec. »

Kanak accompagne les policiers lorsque ceux-ci doivent annoncer la mort d’un proche à des enfants.

Le directeur général de Mira confirme toutefois que plusieurs étapes restent à franchir avant qu’un chien puisse s’installer au SPS.

« Il faut d’abord que le corps policier trouve quelqu’un qui deviendra le gardien principal du chien, ainsi qu’un remplaçant. Ça prend quelqu’un qui comprend comment travailler avec le chien. Eux, ils doivent sélectionner la bonne personne, mais j’ai un droit de regard. De mon côté, je dois trouver le bon chien. »

Kanak accompagne les enfants qui doivent témoigner en cour.

Le gardien du chien et son remplaçant doivent suivre une formation d’une durée d’une semaine avec Mira.

Les chiens sont sélectionnés parmi ceux entraînés pour le programme de soutien aux enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Les chiens de soutien émotionnel sont choisis pour leur aisance avec les humains. Ils doivent aimer rencontrer différentes personnes et être doux avec tout le monde, même avec les petits qui pourraient être plus brusques.

Mira forme 80 chiens par an pour les enfants TSA. Il s’agit de labrador, de labernois, de St-Pierre ou de bouvier bernois. Former un chien de soutien émotionnel nécessite trois mois de travail de Mira. Le chien est prêt à travailler vers l’âge de 18 mois. Le coût d’un tel chien est de 25 000 $.

« Étant donné que le chien de soutien émotionnel rencontrera plein de monde, ça prend un chien vraiment attiré par les humains. Il devra voyager en auto, se rendre sur des lieux de crise, aller en cour. Ça fait des chiens super heureux. Ils ont une super belle vie. Ils ne sont jamais seuls à la maison. »

Nicolas St-Pierre assure que les résultats du projet sont concluants.

« Les enquêteurs de la SQ sont en amour avec le projet. Les gens sont tellement contents des résultats. Des centres jeunesse et la Maison du père travaillent aussi avec de tels chiens. Ça adoucit le travail des intervenants, ça humanise les interventions. On est contents que nos chiens puissent faire une différence. »

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KANAK, UN CHIEN QUI FAIT DU BIEN

Depuis son arrivée, Kanak, le chien de soutien émotionnel du Service de police de Sherbrooke, a fait une différence pour plusieurs victimes d’actes criminels. 

Le premier chien de soutien émotionnel rattaché à un corps policier au Québec accompagne les victimes, notamment les enfants qui ont subi des crimes sexuels. 

« C’est exceptionnel comme projet, témoigne Martin Carrier, porte-parole du Service de police de Sherbrooke. On a vraiment senti un impact quand Kanak est arrivé. Sa présence favorise la discussion avec les victimes. Pour des enfants qui ont vécu des événements traumatisants, notamment des agressions sexuelles, rencontrer des enquêteurs dans un poste de police peut être stressant. La présence de Kanak facilite la discussion, enlève le stress, même que parfois, on voit des sourires. Les liens sont créés rapidement. »

En 2017, Kanak a été présent lors de 66 entrevues vidéo de victimes menées par des enquêteurs. Il a accompagné des victimes lors de rencontres en cour à 18 reprises et effectué 17 visites communautaires. 

En 2018, Kanak a participé à 68 entrevues vidéo avec des victimes, 22 rencontres en cour et 16 visites communautaires. 

« Il apporte vraiment du réconfort aux victimes d’actes criminels. Il est là lorsque des enfants ont vécu des événements traumatisants, comme le décès d’un parent ou un accident mortel. Il accompagne les enquêteurs. »

Le chien peut aussi être présent lors d’interventions avec des personnes âgées. 

« Kanak a un tempérament très clame. Il aime se faire coller. C’est un beau toutou. Il est formé pour ça. Même avec les plus jeunes enfants, qui sont parfois plus brusques, il demeure calme. Il accepte tout ça sans problème », assure le porte-parole du Service de police de Sherbrooke.

Un chien de soutien émotionnel pourrait oeuvrer avec le Service de police de Saguenay.