Il y a quelques jours, l'intersection des rues King et Jacques-Cartier était transformée en lac.

La pluie et le temps chaud pourraient causer des dommages aux bâtisses

Le temps doux des prochains jours pourrait causer de vilains maux de tête aux propriétaires de bâtiments. En effet, avec la pluie annoncée au cours des prochains jours, l’eau pourrait s’infiltrer par la toiture ou par le solage.

Les affaires roulent chez Excavation Jimmy Préfontaine. Le propriétaire, Jimmy Préfontaine, a reçu beaucoup d’appels lors de la dernière fin de semaine. « Nous avons eu 80 appels en huit heures. L’hiver, ce sont plus les compagnies de sinistres qui sont appelées. Ils vont assécher les planchers. Nous, souvent, il faut mettre des pompes ou aller creuser un petit trou à l’extérieur, pour mettre une pompe directement à côté du solage. »

M. Préfontaine conseille à ses clients de contacter leurs assurances lorsque l’eau entre, puisque les dégâts peuvent endommager lourdement le matériel. «Lorsque les gens ont un plancher flottant, il gonfle. Quand ils ont un faux plancher, il peut parfois sécher, mais il faut parfois l’arracher au complet », explique-t-il.

L’hiver, il est impossible de refaire les drains. « J’ai des clients qui doivent laisser leur sous-sol dénudé le temps qu’on fasse nos travaux au printemps. Ça ne se fait pas, car on doit laver le solage au jet d’eau à pression, à – 30 degrés, l’eau gèle », indique l’entrepreneur.

Qu’est-ce que les gens peuvent faire pour éviter les dégâts d’eau? « Les gouttières, dit-il, du tac au tac. Avant, on mettait des drains noirs sous le sol à un pied et on le faisait aller à 50 ou 60 pieds plus loin. Comme ça gèle l’hiver, ça ne marchait jamais, donc les gouttières dégoutaient sur le bord des solages. On peut les éloigner avec des tuyaux rigides à cinq ou six pieds de la maison. »

« Les galeries suspendues qui sont sur des petits blocs en ciment peuvent être problématiques, poursuit-il. On peut les arracher, faire poser des pieux vissés, car une galerie qui lève va inverser, pencher vers la maison, et comme il y a de l’eau à la grandeur, l’eau va passer par-dessus le solage. Je suis le premier appelé et 50 % du temps, ce n’est même pas un travail de drains. C’est la galerie ou des fenêtres mal isolées. »

Du côté de l'Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), le directeur du service technique, Marco Lasalle, affirme que l’eau peut souvent entrer par la couverture. « La neige n’a pas le même poids que la glace. C’est long de changer les spécifications, car ce sont des statistiques qu’on cumule depuis 50 ans, donc deux ou trois hivers avec plus de surcharge, ça n’influence pas encore les calculs, mais on le voit », avoue-t-il.

Pour lui, la mode des maisons est un facteur dans la problématique. « Le retour au design contemporain est à peu près la pire chose que l’on peut faire avec les températures qu’on a. On fait des maisons presque sans pentes ou pire, des toits plats. Ce n’est pas l’idéal. Souvent, les drains de toits sont bloqués. Ce ne sont pas des designs faits pour ici. On avait moins de problèmes dans les années 2000 quand les gens aimaient la mode champêtre et les fortes pentes », analyse-t-il.

Côté topographie, l’APCHQ n’est pas beaucoup appelée à ce niveau. «Sur les quatre premiers pieds à partir de la maison, on va s’éloigner et ça fait comme un dos-d’âne », conseille M. Lasalle.

Celui-ci conseille de déneiger sa toiture. « Pas besoin de déneiger toute la toiture, mais les rebords de toit, car le soleil tape plus fort sur le haut du toit. Également, pas obligé de gratter la toiture pour l’endommager, laisser un ou deux pouces de neige », résume Marco Lasalle.