La période des questions des citoyens limitée à trois minutes

Trois minutes. C’est le temps dont disposeront désormais les citoyens pour poser deux questions lors des séances du conseil municipal. Les élus ont adopté ce nouveau règlement mercredi midi à l’occasion d’une séance extraordinaire du conseil à l’hôtel de ville. La conseillère Évelyne Beaudin a tenté en vain de donner plus de temps aux citoyens.

La durée de la période des questions est définie dans le règlement 1 de la Ville de Sherbrooke, qui comprend des dispositions sur une foule d’autres sujets, notamment le stationnement et le taux de taxation.

Concrètement, le règlement stipule que la période de questions aura une durée maximale de 60 minutes et que les citoyens disposeront de trois minutes pour poser un maximum de deux questions sur le sujet annoncé au moment de demander un droit de parole. 

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a néanmoins montré de l’ouverture à faire preuve de flexibilité quand elle le jugera nécessaire.

Évelyne Beaudin aurait aimé que tous les amendements au règlement 1, qui portaient sur des sujets différents, puissent être adoptés à la pièce pour éviter de rejeter l’ensemble des nouvelles propositions en même temps. Sa suggestion d’amendement pour reporter le débat sur la durée de la période de questions n’a reçu l’aval que de sa collègue Karine Godbout.

La chef intérimaire de Sherbrooke Citoyen est revenue à la charge en proposant un amendement pour que le temps imparti à chaque citoyen soit de quatre minutes.

« Est-ce que ça fera en sorte que tu te rallieras? Sinon, j’ai l’impression qu’on perd notre temps. Nous avons tous dit que nous étions prêts à nous ajuster », a interrogé Annie Godbout.

« J’ai comme principe que les débats doivent se tenir en public. Les vraies décisions se prennent ici. Je voterai pour l’amendement, mais comme je me suis opposée à l’adoption du budget, je m’opposerai à la hausse des tarifs adoptée dans le règlement 1. C’est pour ça que je proposais de scinder les modifications. »

Les élus ont offert une meilleure écoute, même s’ils ont rejeté cette nouvelle suggestion. Cette fois, Annie Godbout, Paul Gingues et Chantal L’Espérance ont ajouté leur appui à Mme Beaudin et à Karine Godbout. Nicole Bergeron s’est abstenue de voter.

« Je comprends que nous serons flexibles si des gens en sont à leur première intervention au conseil », a conclu Évelyne Beaudin.

Vincent Boutin ne croit pas que les nouvelles règles briment le droit de parole des citoyens. « Le fait de ramener le temps de parole à une proportion respectable ne brime pas la liberté des gens. Lundi dernier, par exemple, des gens sont partis parce qu’il était 21 h et qu’ils étaient tannés. Ils n’avaient pas eu la chance de parler encore. Il y a des mères et des pères de famille qui veulent parfois s’exprimer, mais qui ne peuvent pas attendre aussi tard. »

Le maire Steve Lussier abonde dans le même sens. « Ce qui est important, c’est qu’on ne brime le droit de parole de personne. On pourra peut-être s’adapter en cours d’année. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours été très flexible. Le règlement limitait la période de questions à 30 minutes, mais nous sommes déjà allés à 90 minutes. Nous nous adapterons. »

Au citoyen Jonathan Savard, qui aurait aimé un report de cette décision pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur les modifications proposées, Nicole Bergeron a mentionné que les élus souhaitaient l’application du règlement dès la séance du 21 janvier.