Ryan Sylvestre-Young et Félix Mathieu

La pénurie de main-d’œuvre, un incitatif au décrochage?

Le décrochage scolaire a remonté légèrement en Estrie, avec un taux de 17,9 %. La pénurie de main-d’œuvre pourrait être l’un des facteurs qui expliquent cette légère remontée, selon le coprésident de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIE), Martial Gaudreau. C’est l’une des données qui est ressortie lors du coup d’envoi des Journées de la persévérance scolaire (JPS), lundi, une initiative de la TECIE et du Projet Partenaires pour la réussite éducative en Estrie (PREE).

« Depuis une dizaine d’années, avec le projet PREE, on a réussi à faire passer le taux de décrochage de 30 % à 17,3 % (en 2015-2016). Cette année, on a remonté à 17,9 % (2016-2017, secteur public). C’est une légère hausse, mais c’est la première fois depuis de nombreuses années de notre travail collectif. Chez les filles, ça continue d’aller bien. Chez les garçons, on a vu une hausse marquée du décrochage l’an dernier. C’est difficile d’identifier une seule cause. Le décrochage est multifactoriel. Il n’y a pas une seule cause sur laquelle on peut mettre le doigt. Mais selon mon expérience terrain, ça ne serait pas étranger à la pénurie de main-d’œuvre. Ici en Estrie, on a tout près de 63 % de nos jeunes qui travaillent pendant qu’ils sont aux études, alors que la moyenne provinciale se situe davantage autour de 50 %. Environ 10 % des filles travaillent 15 heures et plus. Chez les garçons, c’est plus de 20 % qui travaillent plus de 15 h. Il y a là une piste à regarder », indique M. Gaudreau, directeur général de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), également père de six enfants. 

Environ 30 % des postes disponibles ne requièrent aucune qualification, note M. Gaudreau, en citant des données de Services Québec. « Ça demeure attractif pour un jeune qui est sur les bancs d’école, pour qui ce n’est pas facile... »

Selon un sondage Léger mené auprès d’employeurs, 69 % des entreprises sondées affirment accorder une plus grande importance à la réussite éducative de leurs employés, mais seulement 31 % des répondants donnent systématiquement des encouragements à persévérer. 

Plus de 350 activités seront organisées dans toute la région dans le cadre des JPS, qui se déroulent cette semaine. 

Le lancement s’est déroulé à l’école secondaire Alexander-Galt, en présence du ministre des Transports, François Bonnardel, de même que plusieurs intervenants du milieu de l’éducation et du monde municipal. Le maire d’Asbestos, Hugues Grimard, a rappelé le rôle que peuvent jouer les élus et les municipalités pour soutenir la réussite scolaire des élèves. Ce dernier a raconté sur scène à Félix Mathieu, qui a animé l’événement sous forme de talk-show, que le fait d’être terrorisé par les exposés oraux pendant qu’il était aux études ne l’a pas empêché de faire ce qu’il souhaitait faire, c’est-à-dire devenir maire. 

Même si la planification stratégique de la TECIE se termine en 2020, cette planification continuera d’être utilisée pour quelques années encore, a indiqué Marie-France Bélanger, coprésidente de la TECIE et directrice générale du Cégep de Sherbrooke, en soulignant que le plan de travail est ambitieux.

Martial Gaudreau, directeur général de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, Marie-France Bélanger, directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Félix Mathieu, bénévole des Grands Frères Grandes Sœurs, Ryan Sylvestre-Young, élève de l’école Sherbrooke Elementary School, Nathalie Savard, de Verbom, Hugues Grimard, maire d’Asbestos et préfet de la MRC des Sources, de même que Josiane Bergeron, coordonnatrice du Projet Partenaires pour la réussite éducatrice en Estrie se sont tous retrouvés sur la même scène pour le lancement des Journées de la persévérance scolaire.