La nouvelle usinedu la microbrasserie du Siboire, qui a permis aux copropriétaires Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault d’augmenter leur production de près de 50 %, est offerte à la vue de tous depuis la boutique installée à ses côtés.

La nouvelle usine Siboire pourra accueillir des clients vendredi

Ce sera « comme aller chercher son pain chez le boulanger du coin », mais avec de la bière d’ici, avance le copropriétaire du Siboire Pierre-Olivier Boily. La nouvelle usine Siboire, conçue pour vendre ses produits à même ses nouveaux locaux attenants à la succursale de la rue du Dépôt, pourra accueillir des clients dès vendredi.

Grâce aux nouveaux équipements de la microbrasserie sherbrookoise, les amateurs de bière pourront maintenant se procurer les produits du Siboire en canette de 473 mL, et ce, directement au cœur de l’action. Derrière les grandes vitres qui séparent les activités brassicoles de la boutique, les curieux seront en mesure d’observer les maîtres à l’œuvre.

« Ils auront l’impression que leur bière a été mise en canette il y a trois minutes, s’enthousiasme Jonathan Gaudreault, le deuxième propriétaire. On a la fierté d’avoir bâti quelque chose où les gens peuvent venir voir ce qu’on fait et triper avec ça. Vous avez de la famille qui descend de la Gaspésie ? Vous pourrez les apporter ici en leur disant : “il faut que vous voyiez ça.” Le monde de la microbrasserie, au Québec, c’est vraiment fou : il y en a de plus en plus. Avec ça vient une tendance de plus en plus locale et régionale. Ça devient ta place. C’est ta bière, de ta région, de ta ville. Ça nous pousse aussi à mettre en valeur les produits de notre région. »

En achetant la vieille gare du centre-ville pour installer une nouvelle usine et un dépanneur dans la partie qui accueillait autrefois Limocar, les deux partenaires se sont lancés dans un projet de près de 4 M$.

Même si cet investissement a permis d’augmenter leur production de près de 50 %, les microbrasseurs insistent qu’il n’a jamais été question de conquérir les tablettes du Québec : on retrouvera les canettes dans des dépanneurs spécialisés, notamment au Vent du Nord et chez Veux-tu une bière ? (NDLR Près de leur succursale montréalaise), mais pas en épicerie.

« Au tout début, on ne voulait pas faire de canettes. La distribution n’a jamais fait partie de notre ADN. On voulait un pub, on voulait recevoir le monde, et on voulait être fiers de faire de la bière et de la servir aux gens », indique Pierre-Olivier Boily.

C’est cependant en visitant des microbrasseries du Vermont, où le principe de vente de bière directement à l’usine est plutôt populaire, que M. Boily et M. Gaudreault se sont intéressés à l’idée.

« C’est probablement la formule qui nous ressemble et qui nous interpellait le plus. Les gens nous demandaient beaucoup quand ils pourraient avoir des bières en canette. Puis, les planètes se sont alignées », partage M. Gaudreault.

Le dépanneur de la succursale Jacques-Cartier demeura en activité, mais uniquement pour le remplissage de cruchons en fût, un service qu’offrira également le dépanneur du Dépôt.

« On veut être en tête de peloton, lance M. Boily. Je pense que le fait d’avoir de la canette, ça va nous apporter d’autres belles opportunités. On voit que la tendance est aussi sans alcool, on va peut-être essayer nos premiers tests cette année. »

Bâtiment patrimonial

À travers les ambitions du Siboire, la valorisation de la vieille gare a toujours été une priorité, et elle aura considérablement complexifié le projet, comme le partage M. Gaudreault devant les murs de brique exposés.

« On veut que les gens remarquent qu’on est dans une gare qui est encore belle et qui date de 1890, et ça, ça a apporté une complexité, mais on lègue quelque chose au Siboire et à la population de Sherbrooke qui a été respecté, peu importe combien ça a coûté, indique-t-il. Le bâtiment a eu un impact important et il fait partie de notre histoire. Une microbrasserie dans bâtiment patrimonial au centre-ville, avec tout ce qui s’en vient au centre-ville, je pense qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. »