Todd Pouliot profite de la fermeture de son restaurant durant la crise pour investir dans la production de canettes.
Todd Pouliot profite de la fermeture de son restaurant durant la crise pour investir dans la production de canettes.

La microbrasserie La Memphré veut doubler sa production

SHERBROOKE – La microbrasserie La Memphré investira environ 300 000 $ dans l’objectif de doubler sa production et de percer le marché de la canette.

D’ici deux ans, l’entreprise magogoise tentera donc de passer de 1000 hectolitres de bière (100 000 litres) à 2000 par année. Avant la crise, environ 80 % de sa production était destinée à son restaurant, situé sur la rue Merry Sud, à Magog.

« Notre production va probablement être à 80 à 90 % dans la canette, qu’on distribuera en épicerie et en dépanneurs. C’est une autre game », exprime le copropriétaire de La Memphré, Todd Pouliot, ajoutant qu’une microbrasserie doit produire un grand nombre de canettes pour être rentable.

Rester actif

En période de crise, le premier but de l’entreprise était de survivre et de rester active. « En ayant un ralentissement au pub, ça nous permet de se concentrer sur la production de la bière. Chez nous, on avait le projet de grossir l’usine et de déménager », explique M. Pouliot, précisant que pour l’instant, l’entreprise se concentrera dans son local de production actuel.

Le restaurant prenait beaucoup d’énergie à ses gestionnaires. « Mais ça allait bien comme ça. On travaillait à développer le volet industriel de notre identité. Mais là, ça nous donne le coup de pied pour le faire plus vite », dit-il, souhaitant que son entreprise soit forte dans les Cantons-de-l’Est. 

Lorsque la crise de la COVID-19 est arrivée au mois de mars, M. Pouliot se disait qu’il devrait jeter la bière qui était dans ses barils. « On ne savait pas combien de temps ça allait durer. On a décidé de la transférer dans des canettes avec des étiquettes temporaires. On a dit go, on n’attend pas de faire le projet et on achète de l’équipement », décrit-il, assurant que de plus gros fermenteurs et de plus grosses cuves arriveront dans les prochains mois.

En attendant, la microbrasserie travaille sa marque de commerce. « Ça va nous permettre d’encanner en plus grande quantité et d’avoir une image de marque qui se tient. On travaille avec une illustratrice pour les prochaines canettes. Ça ne nous fait pas peur, au contraire », assure le propriétaire, le sourire dans la voix. 

L’entreprise vit cependant un pépin. « On commence à paniquer, car on va manquer de bière, commente M. Pouliot. On doit recommencer à brasser. Les gens achètent nos canettes, la réponse est là. Beaucoup de monde nous dit qu’ils ont hâte de venir nous voir. Maintenant, on va pouvoir aller dans leur salon avec nos canettes. J’ai hâte qu’ils m’invitent! »