Les élèves de 6e année de l'école Alfred-DesRochers ont souligné la dénomination de l'aérogare Gilbert-Boulanger en faisant voler des avions de papier.

La mémoire de Gilbert Boulanger immortalisée

« Je suis parti à la guerre à l'âge de 18 ans. Je vous dis maintenant que nous n'avons pas encore gagné la paix. » Ces paroles du pilote de guerre Gilbert Boulanger sont gravées sur une plaque à l'aérogare de l'aéroport de Sherbrooke, aérogare qui porte officiellement son nom depuis mercredi.
Gilbert Boulanger
Dans le vestibule de l'aérogare, un présentoir regroupe également des objets ayant appartenu à Gilbert Boulanger, dont un sac à bandoulière et des écussons.
M. Boulanger a participé à 37 missions de bombardement pendant la Deuxième Guerre mondiale, dont deux se sont déroulées sur les côtes de la Normandie le 6 juin 1944, aussi appelé Jour J. Il a par ailleurs participé à la fondation de l'aéroport de Sherbrooke et s'impliquait dans le rassemblement des Faucheurs de marguerites. Il a aussi publié son autobiographie, L'Alouette affolée. Il est décédé le 31 décembre 2013.
« Il ne cherchait pas à se forger une image de héros. Il voulait que la société canadienne se souvienne de ceux qui avaient sacrifié leur vie. Il était important de rattacher l'aérogare à l'histoire. Gilbert Boulanger a fait l'histoire, comme aviateur pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi après ses exploits. Il s'est installé à Sherbrooke pour créer l'agence de voyages Escapade. Il a fait sa vie à Sherbrooke, a contribué à la création de l'aéroport. Il a marqué l'histoire de la Ville de Sherbrooke par ses initiatives, mais aussi pour son courage », commente le maire Bernard Sévigny.
« C'est fort probablement le pilote qui a marqué le plus Sherbrooke, mais aussi le Québec, et peut-être le Canada. C'était essentiel, non seulement de le souligner, mais de l'incruster dans l'aéroport pour que les gens s'en souviennent. »
La présidente du comité de toponymie, Hélène Dauphinais, explique qu'il n'est pas toujours facile de faire un choix pour nommer une rue ou un lieu. « Quand nous avons reçu une résolution de l'Association Québec-France pour proposer le nom de Gilbert Boulanger, les discussions n'ont pas été longues. Nous l'avons entérinée à l'unanimité. »
Le fils de Gilbert Boulanger, Philippe, y voyait un bel hommage. « Mon père a passé 35 ans ici, presque tous les jours de sa vie. C'était sa deuxième demeure. Il parlait de la guerre comme d'une aventure et n'avait aucun regret d'y avoir participé. Mon père disait souvent que ce n'était pas lui le héros, mais les gens qui ne sont plus. Il a toujours rêvé qu'il n'y ait plus de guerre. »
Un avion ayant appartenu à Gilbert Boulanger se trouve toujours à l'aéroport de Sherbrooke. Il sera toutefois mis en vente sous peu.
À la fin de la cérémonie pour officialiser le nom de l'aérogare, mercredi, des élèves de l'école Allfred-DesRochers et des élèves de l'école Gilbert-Boulanger, à Courseulles-sur-Mer en France, ont symboliquement lancé des avions de papier comportant des messages de paix. Les jeunes Français étaient présents par vidéoconférence.
Bernard Sévigny souhaite que le nom de l'aérogare rayonne grâce à une présence accrue de passagers. « Ça passe par des services commerciaux. Ce sera notre contribution pour le faire rayonner par l'achalandage qu'on générera ici. Ça demeure l'objectif. On y met les efforts et on va réussir à avoir un véritable aéroport que les gens d'affaires et la population pourront utiliser. »
Pendant le point de presse, il a été question d'en faire un aéroport international. « On veut avoir des vols et si on réussit à en avoir qui dépassent les frontières, ça deviendra automatiquement un aéroport international. Mais nous n'avons pas cette prétention à court terme. »
C'est bien l'aérogare, et non l'aéroport, qui prend le nom de Gilbert Boulanger. À court terme, il faut garder à mon avis garder le lieu géographique dans le nom. À plus long terme, il y a une tradition au Canada où les aéroports portent des noms de premiers ministres. »