La Sûreté du Québec a frappé un grand coup à Coaticook, jeudi en fin de journée, en procédant au démantèlement d'un laboratoire de production de comprimés méthamphétamine.

La juge Desgens s’inquiète du fléau de la méthamphétamine

« J’espère qu’avec la légalisation du cannabis, la méthamphétamine ne l’a pas remplacé chez les jeunes. »

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a soulevé son inquiétude, lundi, au palais de justice de Sherbrooke à ce qu’elle constate comme un nouveau fléau devant les tribunaux.

Coup sur coup, deux individus ont reconnu, lundi, la possession de huit et de neuf comprimés de méthamphétamine au palais de justice de Sherbrooke.

Deux autres cas de possession simple de cette substance nocive qui s’ajoutent aux centaines d’autres sur lesquels interviennent chaque année le Service de police de Sherbrooke, la Régie de police Memphrémagog et de la Sûreté du Québec.

« On remarque de plus en plus de cas de possession simple de méthamphétamine. Cette drogue est un poison. Les pilules sont souvent produites dans des conditions exécrables. Cette drogue met en danger la vie de plusieurs personnes » a soulevé la juge.

Les deux individus coupables devront effectuer des travaux communautaires dans le cadre d’une absolution conditionnelle.

Depuis 2017, le Service de police de Sherbrooke voit le nombre de dossiers dans lesquels des comprimés de méthamphétamine sont saisis croitre à un rythme régulier.

Le nombre de dossiers où au moins un comprimé de méthamphétamine a été saisi est passé de 274 en 2017, à 282 en 2018 pour atteindre 275 en date du 1er septembre sur le territoire.

« Il reste encore un tiers de l’année à compiler et nous avons dépassé le nombre de dossiers de 2017. Nous voyons de plus en plus de cas de drogue de synthèse et nous en attendons parler de plus en plus sur la rue », confirme le porte-parole du SPS, Samuel Ducharme.

Ce dernier estime que le bas prix de ce type de drogue de synthèse sur la rue ainsi que son effet à long terme peuvent expliquer son engouement.

« C’est un fléau entre autres par le fait que pour environ le prix d’une consommation d’alcool, l’effet dure quelques heures. C’est une drogue dangereuse par le fait que personne ne sait ce qui compose chacun des comprimés », signale Samuel Ducharme du SPS.

Ce dernier signale qu’il y a plus de cas d’intoxication par les drogues de synthèse que d’intoxication au cannabis lors des arrestations concernant la conduite avec les capacités affaiblies par la drogue.

« Le nombre d’arrestations relativement à la conduite avec les capacités affaiblies par la drogue suit la même courbe à la hausse que les dossiers de possession de méthamphétamine », mentionne le porte-parole du SPS.