La proposition lancée par le premier ministre François Legault samedi, alors qu’il était à Laval pour observer la montée des eaux, a déjà été discutée à la table de la FQM à la suite des inondations de 2017.

La FQM a envisagé le déplacement de riverains

Le président de la Fédération québécoise des municipalités estime qu’il faut envisager le déplacement des propriétés riveraines inondées à répétition, même si chaque cas doit être évalué à la pièce.

D’ailleurs, signale Jacques Demers, la proposition lancée par le premier ministre François Legault samedi, alors qu’il était à Laval pour observer la montée des eaux, a déjà été discutée à la table de la FQM à la suite des inondations de 2017. 

« On a remis en question toute la façon de faire et on a regardé différentes opportunités et ce qui se passe dans différents pays. Il y a plusieurs moyens pour se protéger d’une inondation. La majorité des municipalités et des MRC ont regardé leur schéma de couverture de risques et ce qu’ils doivent faire pour intervenir. On sait que ça peut arriver n’importe où », a livré celui qui est aussi maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog lors d’une entrevue téléphonique avec La Tribune.

« Si vraiment on pense vouloir les déplacer, il y a des coûts énormes, ajoute-t-il. Je pense que ce qui est important, c’est de prévenir, de ne pas répéter ces situations. Je pense que le premier ministre a raison, je pense qu’il faut regarder les possibilités de retirer ces gens-là de certains endroits et trouver des ententes avec eux. »

Cependant, pour lui, ce qui est important, c’est de regarder chaque situation de manière individuelle. « Il y a toujours des cas d’exception. Il y a des endroits qui sont des zones inondables, mais jamais la sécurité publique n’a à intervenir et il n’y a pas d’impact économique sur le provincial. Dans d’autres endroits où on voit que ça prend l’armée, on doit le regarder de façon différente. Il ne doit pas se baser sur le fait que c’est une zone inondable. Il y a la récurrence et la façon », relativise-t-il.

De plus, d’autres facteurs sont à analyser. « C’est toujours difficile de voir l’endettement relié à leur résidence. Il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte dans ces dossiers. Il faut aussi voir la récurrence. On est rendus à surveiller ça. D’abord pour protéger les gens dans de telles situations », considère-t-il. 

Jacques Demers

Est-ce que des petites municipalités pourraient trouver difficile de perdre des citoyens ? « Il y a une question de sécurité publique. Si on n’est pas capable [de les déménager], car les inondations sont de plus en plus récurrentes, il y a un danger. Au-delà des taxes municipales, il faut commencer à penser au citoyen », pense M. Demers.

Sherbrooke 

Pour le coordonnateur des mesures d’urgence Stéphane Simoneau, déménager des riverains n’est toutefois pas nécessaire au centre-ville de Sherbrooke. « À 22 pieds, pour des gens qui sont dans des zones inondables, ça n’a pas été problématique. » 

Les commerces récents ont dû se construire selon de nouvelles normes qui tiennent compte des risques. « Le Maxi a été construit avec les normes du jour, donc l’exigence d’un plan d’inondation. La SAQ, c’est la même chose. Les gens qui se reconstruisent dans le périmètre inondable doivent le faire dans les normes, souvent ils vont être plus haut que la plus grande crue qui était de l’ordre des 26 pieds », explique M. Simoneau. 

La conseillère et présidente du comité de sécurité publique à la Ville de Sherbrooke, Danielle Berthold, tient le même discours. « On ne s’est pas penchés sur la question, indique-t-elle. Je ne pense pas qu’on en soit rendus à cette étape à Sherbrooke. Depuis qu’on a des inondations, on s’est toujours bien débrouillés avec les riverains. Pour ce qui est du centre-ville, l’idée de demander une expropriation n’a jamais été effleurée. On n’a pas prévu parler de ça au conseil. Ils l’auraient fait en 1982 quand il y a eu la grosse inondation. » 

« Dans le temps, il n’y avait pas autant d’instruments permettant de faire des projections, continue-t-elle. Maintenant, on est capable de prévoir longtemps d’avance et d’avertir les riverains. Les gens sont habitués de vivre là et les propriétaires sont de plus en plus au fait de ce qui va se passer et savent se protéger. »