Alexandre Hurtubise considère que la fermeture rapprochée des trois commerces est une coïncidence.

La fin du bar les Grands-Ducs de Wellington

Tout comme le bistro-cinéma La Capsule et le bar la Commission des Liqueurs, le bar Les Grands-Ducs de Wellington ferme ses portes. En deux semaines, ce sont donc trois commerces qui quittent le centre-ville de Sherbrooke.

Pour le président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, Alexandre Hurtubise, la fermeture d’un commerce n’est jamais une bonne nouvelle. « L’offre commerciale, on la veut la plus variée possible et la plus en santé possible. Et ce, à tous les nivaux », rappelle-t-il.

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« L’entreprise de Vicky, La Capsule, se portait bien, analyse le propriétaire de la Maison du cinéma. Elle était en pleine croissance. Elle a vraiment réussi à trouver une niche où il y avait un besoin et l’a fait croitre à un point où elle ne pouvait plus mener le bateau comme elle le faisait. J’ai senti qu’elle n’avait pas de difficulté à faire des affaires, au contraire. »

Des questions se posent toujours lorsque des entrepreneurs ferment boutique. « Toutes les fois que ça arrive, on se demande si on fait tout ce que l’on peut pour dynamiser le milieu et les différents secteurs d’activités et géographiques. Comme association, c’est notre rôle. Il y a encore plusieurs commerces qui prospèrent, ce n’est pas une tendance à la baisse pour l’ensemble. Du moins, ce n’est pas le message qu’on a », assure-t-il, ajoutant que les trois commerces étaient très différents les uns des autres. « Je ne vois pas ça comme une tendance dans un secteur d’activité », dit-il.

Cependant, ce sont plusieurs commerces en peu de temps qui ferment leurs portes. « Cette conjoncture-là dérange un peu. C’est plusieurs commerces en peu de temps. Le fait que ce soit rapproché, pour l’instant, je considère que c’est une coïncidence. Je ne pense pas que ce soit la période de l’année qui amène ça », décrit M. Hurtubise.


« Le défi, c’est d’avoir des commerces qui vont les remplacer.  »
Alexandre Hurtubise

Trois locaux de plus seront donc vides au centre-ville. « Le défi, c’est d’avoir des commerces qui vont les remplacer. Ils étaient tous là depuis plusieurs années, donc avaient trouvé leur niche. Il faut trouver des commerces qui ont un potentiel, qui répondent à un besoin qui sont complémentaires, dans le meilleur des cas, à ce qui est déjà au centre-ville. Il y a toujours des gens qui ont des projets », assure le commerçant.

La fin des Grands-Ducs de Wellington

Après un an et demi, l’aventure des Grands-Ducs de Wellington se termine. « C’est une décision qu’on n’a pas eu le choix de prendre, exprime le copropriétaire de l’entreprise, Jimmy Forgues. Durant les 18 derniers mois, on n’a pas réussi à rendre Les Grands-Ducs rentables. »

Pourtant, le bar destiné prioritairement aux communautés LGBTQ semblait rempli au maximum de sa capacité lors de certains événements. « Il y avait des soirées où il y avait énormément de personnes, tandis que d’autres soirées, c’était vide. Puisqu’on est à Sherbrooke, la clientèle majeure, ce sont les étudiants. C’est une clientèle difficile à prévoir », analyse M. Forgues, qui a rejoint l’aventure en décembre 2018.

« Ça faisait longtemps qu’on voyait que c’était difficile, renchérit-il. On se retrouvait dans la période estivale où tous les étudiants quittent Sherbrooke. On s’est dit qu’on devrait peut-être tirer la plug tout de suite, ce qu’on a fait à contrecœur. Il y a eu beaucoup de peine, de frustration, mais de l’acceptation. Les gens perdent un endroit qu’ils aimaient bien. Hier (mercredi), on a fait une fête ouverte à tout le monde. On a pu festoyer une dernière fois tous ensemble. Ç’a été extrêmement agréable. C’était festif, même si certaines personnes pleuraient un peu. On a senti l’amour qu’on avait à Sherbrooke. »

Selon Jimmy Forgues, les spectacles qu’organisaient Les Grands-Ducs étaient très bien accueillis par la population. « C’était difficile de rendre le bar rentable, car les gens s’en allaient après le spectacle. On avait plusieurs spectacles réservés jusqu’en juillet, qui tombent malheureusement à l’eau. C’est difficile de les relocaliser, car les autres établissements ont aussi leur programmation », résume-t-il.