La faculté de droit de l’Université de Sherbrooke bonifiera son soutien aux étudiants autochtones. L’institution a reçu une aide financière de 108 000 $ de Québec qui lui permettra de mettre en place une série de mesures et qui a été annoncée par la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours. On la voit ici avec le recteur de l’UdeS Pierre Cossette, Miguel Coocoo Chachai, étudiant à la faculté de droit et le doyen de la faculté de droit, Me Sébastien Lebel-Grenier.

La faculté de droit de l'UdeS plus accessible pour les étudiants autochtones

La faculté de droit de l’Université de Sherbrooke bonifiera son soutien aux étudiants autochtones. L’institution a reçu une aide financière de 108 000 $ de Québec qui lui permettra de mettre en place une série de mesures, dont un service d’aide pour les étudiants autochtones et un volet de sensibilisation.

L’annonce a été faite par la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, également ministre responsable de la région des Laurentides.

La faculté de droit se penche sur l’accessibilité aux étudiants autochtones depuis quelques années déjà. 

« Il y a trois ans on a décidé de mettre en place un programme d’accès pour ces étudiants. Il faut savoir que les études en droit, c’est extrêmement contingenté et la plupart des candidats autochtones, soit qu’ils ne pensaient pas faire des études en droit ou encore ils n’avaient pas de résultats académiques pour être admis. Ils vivent une réalité très différente, qui fait en sorte que si on essaie de les faire entrer dans le moule général, ils sont constamment exclus. On voulait qu’ils aient une réelle chance d’étudier en droit comme tous les autres Québécois, pour qu’ils aient le choix de faire une carrière juridique (...) mais aussi, on l’espère, pour aider à outiller les communautés autochtones parce qu’on souhaite qu’elles puissent prendre elles-mêmes les décisions qui s’imposent pour leur bien-être et leur avenir. C’est clair que la plupart des enjeux auxquels les autochtones font face, ce sont des enjeux juridiques. On veut qu’ils aient la capacité eux-mêmes de déterminer les questions juridiques qui les concernent pour prendre des décisions qui s’imposent », explique le doyen de la faculté de droit, Sébastien Lebel-Grenier.  

Provenant de la communauté Wemotaci au nord de La Tuque, en Haute-Mauricie, Miguel Coocoo Chachai a été admis à la faculté de droit par l’entremise du programme d’accès aux étudiants autochtones. L’étudiant au baccalauréat parle l’attikamek, qu’on lui a enseignée de façon régulière jusqu’en troisième année du primaire. Une transition importante a eu lieu en quatrième année avec l’apprentissage du français, aujourd’hui sa deuxième langue.

Le père de famille a choisi une carrière en droit justement pour faire avancer cette question au sein des communautés autochtones. 

« Le droit autochtone a souvent été façonné par la Cour suprême. C’est grâce aux revendications que le droit autochtone a émergé. En tant que juriste, on a un rôle à jouer dans la conceptualisation du droit autochtone », indique-t-il en soulignant que c’est grâce à ses études au Collège Kiuna, à Odanak, qu’il a eu envie de poursuivre son parcours scolaire en droit. 

Des réalités différentes

La faculté de droit souhaite offrir un soutien personnalisé aux étudiants autochtones. « L’enjeu principal, c’est que lorsque les étudiants autochtones arrivent à l’Université, à la faculté de droit, ils arrivent dans un univers complètement différent. Ils sont déracinés de leur communauté et ça ne correspond pas véritablement à leur vécu en termes de vécu scolaire. C’est un grand choc, c’est très difficile, ce qui implique que l’université doit s’adapter à leurs réalités, mettre en place des mesures de soutien qui vont leur donner toutes les chances de réussite. On veut leur donner un accès à l’égalité », note M. Lebel-Grenier.

La faculté a créé l’an dernier un poste de coordonnatrice au recrutement et aux affaires autochtones, des fonctions occupées par Me Julie Philippe, une Innue diplômée de la faculté de droit. 

Il est difficile de recenser combien de jeunes autochtones fréquentent l’UdeS, puisque ceux-ci ne sont pas tenus de déclarer ce statut. « La vérité, c’est que l’on ne le sait pas véritablement, parce qu’on n’a pas de mécanique automatique », note M. Lebel-Grenier. L’UdeS dénombre 45 étudiants ayant un statut d’autochtone actif, mais il s’agit d’une estimation sommaire.

Le recteur Pierre Cossette a souligné que cette question s’inscrit dans une mouvance qui prend de plus en plus de place, à l’UdeS comme ailleurs. La faculté de médecine de l’institution a aussi pris des dispositions afin d’améliorer l’accessibilité des étudiants autochtones. Il note au passage qu’un comité de professeurs qui s’intéressent à ce sujet s’est créé au sein du pôle régional d’enseignement supérieur.