Le prix des maisons à Sherbrooke a connu une forte hausse au cours du deuxième trimestre 2020, stimulé par le manque d’inventaire amplifié par la pandémie de COVID-19 et la demande refoulée.
Le prix des maisons à Sherbrooke a connu une forte hausse au cours du deuxième trimestre 2020, stimulé par le manque d’inventaire amplifié par la pandémie de COVID-19 et la demande refoulée.

La demande provenant de Montréal fait grimper le prix des maisons

Le prix des maisons à Sherbrooke a connu une forte hausse au cours du deuxième trimestre 2020, stimulé par le manque d’inventaire amplifié par la pandémie de COVID-19 et la demande refoulée.

La demande provient principalement de Montréal, selon l’Étude sur le prix des maisons de la firme Royal LePage,

Le prix des maisons a augmenté de 5,9 % dans la région de Sherbrooke par rapport à la même période en 2019, pour atteindre 265 520 $. 

Par type de propriété, le prix médian d’une maison à deux étages a augmenté de 4,8 % pendant la même période pour atteindre 302 730 $, tandis que le prix médian d’une maison de plain-pied a crû de 7,1 % d’une année sur l’autre pour atteindre 235 425 $, note-t-on dans l’étude. 

Après plus d’un mois d’arrêt des activités de courtage immobilier en raison de la pandémie, le marché a repris en mai au même rythme qu’avant le confinement, puis fut exacerbé par un surplus de demandes venant d’acheteurs de l’extérieur de l’Estrie, menant à une hausse des prix, souligne-t-on. 

Au chapitre des ventes, bien qu’elles aient reculé considérablement pour l’ensemble du trimestre à Sherbrooke, on observe une hausse record des ventes pour le mois de juin. Au deuxième trimestre, les ventes de maisons de plain-pied ont reculé de 21,2 % d’une année sur l’autre, tandis que celles de maisons à deux étages ont diminué de 28,6 %. À titre comparatif, les ventes en juin ont grimpé de 36,7 % à travers l’ensemble des types de propriétés, analyse Royal LePage.

« À Sherbrooke et en Estrie, on constate une nette augmentation d’acheteurs de la région de Montréal, ce qui constitue un des facteurs les plus importants de cette hausse d’activité », dit Jean-François Bérubé, dirigeant-propriétaire de l’agence Royal LePage Évolution. 

« Plusieurs acheteurs cherchent une résidence secondaire ou choisissent d’y emménager de manière permanente. Tout cela a un impact important dans la région, d’autant plus que les acheteurs qui possédaient une résidence à Montréal et qui la vendent sont bien positionnés pour concurrencer d’autres acheteurs potentiels. »

Jean-François Bérubé

Il n’y a jamais eu autant de demandes pour des maisons avec une grande terrasse et une piscine creusée. 

« Les gens recherchent un mode de vie », ajoute-t-il.

« Il y a des promesses d’achat multiples dans une grande majorité de transactions et les acheteurs motivés sont prêts à offrir davantage ou à faire des compromis sur certaines caractéristiques pour être certains d’élire domicile en raison de la pénurie d’inventaires dans la région. »

Message dissuasif

Selon M. Bérubé, les nouveaux critères de souscription de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) entrés en vigueur le 1er juillet envoient un message dissuasif notamment aux premiers acheteurs et le moment était mal choisi pour restreindre encore davantage l’accès à la propriété. Il croit toutefois que les institutions financières pourront se tourner vers d’autres assureurs du domaine privé n’ayant pas emboîté le pas à la SCHL, ajoutant que les critères étaient déjà suffisants pour éviter l’endettement des ménages. 

Concernant la vigueur du marché, M. Bérubé espère que les vendeurs seront plus nombreux à mettre leur propriété à vendre au cours du prochain trimestre pour éviter une crise du logement. 

« Il est difficile d’envisager comment le marché pourra soutenir le rythme actuel et pour combien de temps, admet le courtier, qui compte 24 ans d’expérience dans le domaine. Il s’agit probablement du meilleur moment pour mettre sa propriété à vendre et la demande est présente dans toutes les gammes de prix », conclut-il.