La CSRS veut recréer un sentiment de sécurité

SHERBROOKE —  Les écoles devront recréer un sentiment de sécurité pour que les élèves aient envie d’y retourner, et leurs parents, le goût de les y envoyer. C’est l’objectif visé par le directeur général de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), Christian Provencher, qui devra, avec toutes ses équipes, relever plusieurs défis. 

« Si le parent a l’impression que son enfant n’est pas en sécurité, il ne l’enverra pas. C’est notre premier principe de travail : la santé physique et psychologique ainsi que la sécurité de tout notre monde, incluant le sentiment de sécurité (...) L’école ouvre, la place des enfants, elle est là », précise M. Provencher en soulevant les exceptions, dont les élèves qui ont des problèmes de santé. Le volet « socialiser » de la mission éducative sera d’abord mise de l’avant, notamment pour des aspects comme les déplacements et le lavage des mains dans ce contexte tout particulier. 

Christian Provencher sait que les deux prochaines semaines seront fort occupées, et les défis, très grands. Les employés du milieu scolaire ont toutefois déjà relevé plusieurs défis depuis le début de cette crise, dit-il en se disant fier de ses équipes.

Tout de suite après le point de presse du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, la CSRS a discuté avec ses équipes de direction d’établissement afin de faire le point. 

Parmi les nombreux aspects à étudier, l’organisation scolaire se penche sur la possible augmentation du personnel en conciergerie. 

Déjà, avec l’ouverture de services de garde d’urgence, des concierges ont été formés dans le contexte de la COVID-19.

« Dans le cadre de ces services-là, pour que ça fonctionne bien, on a mis des mesures en place. On a formé nos concierges, on a ajouté des mesures d’hygiène. Il va falloir regarder comment on va fonctionner », illustre-t-il. Il n’est pas exclu que d’autres membres du personnel puissent œuvrer à la désinfection des établissements.

Le directeur général a pris connaissance des nouvelles mesures en même temps que la population, soit aux points de presse de 13 h et 15 h 30.  

Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) aurait aimé avoir plus de précisions sur les enseignants plus âgés qui devront revenir au travail. 

« On a envoyé un questionnaire à l’ensemble du personnel pour connaître l’état de tout le monde, pour savoir s’il y avait des problèmes particuliers liés à leur santé qui feraient en sorte qu’ils ne pourraient pas être de retour le 11 mai. On a pris les devants », note à ce sujet M. Provencher. La CSRS devrait avoir ainsi un meilleur tableau et une idée du pourcentage d’employés en mesure de se présenter au travail. 

Certaines écoles de la CSRS sont déjà très à l’étroit. On peut penser, entre autres, à la Maisonnée, dans le secteur Rock Forest ou à Marie-Reine, dans l’est de Sherbrooke.

« À certains endroits, ça risque d’être un casse-tête, mais ce n’est pas grave, répond M. Provencher. On veut revoir les enfants à l’école. Même si c’est serré, on va trouver des moyens, des façons d’accueillir les élèves. » Les bâtiments vides des écoles secondaires feront aussi partie de l’équation. 

« On ne peut pas l’exclure. Ce sont des bâtiments qui sont là, qui ne sont, parfois, pas loin des écoles primaires. » Les établissements doivent jongler avec la distanciation de deux mètres et des groupes de 15 élèves maximum.

Québec demande aux parents d’aviser l’école une semaine à l’avance s’ils comptent oui ou non envoyer leurs enfants à l’école.

« Je compte sur la collaboration des parents pour faire en sorte qu’ils nous signifient si leurs enfants viendront ou pas. Si on s’est préparé pour accueillir 200 élèves, ce n’est pas comme accueillir 400 élèves. Ce ne sera pas la même rentrée », indique M. Provencher en souhaitant le portrait le plus juste possible. Le temps le dira, mais il pourrait arriver, également, que des parents d’une école soient plus nombreux à réintégrer leurs enfants en classe, ou l’inverse, ce qui pourrait occasionner certaines disparités. « Il y aura probablement des écoles où il y en aura plus que d’autres. »

Dans un communiqué, la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) a dit appuyer le ministre de l’Éducation. Elle dit vouloir envoyer le message aux élèves que l’école n’est pas facultative. Plusieurs établissements ont commencé les cours en ligne environ deux semaines après la fermeture des écoles. Québec a toutefois annulé tous les examens de fin d’année.