La construction neuve est très dynamique depuis le début de l’année en Estrie.

La croissance ralentira en Estrie selon Desjardins

À l’instar des données prévisionnelles pour la province, la croissance économique de l’Estrie sera moins soutenue en 2020, selon la mise à jour annuelle des prévisions économiques de Desjardins pour l’Estrie.

L’augmentation prévue de son PIB nominal de 3,1 % devrait être similaire à celui de la moyenne provinciale pour 2020, comparativement à une hausse prévue de 4,3 % pour 2019. Les investissements de la région demeurent en progression, soutenus par la présence d’importants chantiers, notamment ceux dans le secteur résidentiel. 

Ce bon tonus de l’économie estrienne se reflète sur son marché du travail; l’emploi est en progression depuis le début de l’année et le taux de chômage est en diminution. Ce dernier devrait se chiffrer à 3,5 % en 2020, ce qui représentera son plus faible niveau en plus de deux décennies.

Enfin, la région demeure confrontée à plusieurs incertitudes, dont l’ouverture du marché agricole à davantage de concurrence étrangère et le conflit sur le bois d’œuvre. De plus, les guerres commerciales, surtout entre les États-Unis et la Chine, continuent d’apporter de l’instabilité et de l’imprévisibilité.

Également, le vieillissement de la population s’accélère, ce qui multiplie les départs à la retraite. Dans ce contexte, les entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à combler leurs besoins de main‑d’œuvre.

Selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), cette dynamique perdurera encore quelques années puisque la part de la population en âge de travailler, soit le nombre de personnes de 15 à 64 ans, continuera à se replier.

Par ailleurs, les investissements devraient croître de 9,1 % dans la région en 2019, un record de croissance depuis 2010, selon les prévisions de l’ISQ.

Cette troisième hausse d’affilée des sommes injectées dans l’économie est notamment attribuable à l’arrivée de projets, tels que la construction d’une usine de papier hygiénique et de papier essuie-tout haut de gamme par Kruger dans l’arrondissement de Brompton à Sherbrooke (575 M$) et la fin du prolongement de l’autoroute 410 (92 M$). 

Le secteur résidentiel amène également beaucoup d’investissements de long terme notamment avec les développements « Boisé de la Rivière » à Magog (100 M$ de 2015 à 2025) et « Le Plateau McCrea » à Sherbrooke (600 M$ de 2011 à 2038).

Marché de l’habitation

La construction neuve est très dynamique depuis le début de l’année en Estrie en raison essentiellement de la forte activité observée dans le segment des logements locatifs. Les mises en chantier devraient ainsi terminer l’année en hausse de près de 20 % dans la région, pour atteindre un sommet depuis 2015. Pour l’an prochain, un ralentissement de la construction neuve est prévu, toujours selon Desjardins.

Le taux d’inoccupation régional, de son côté, devrait s’accroître pour atteindre 3,0 % cette année et l’an prochain. Malgré cette légère hausse, ce dernier demeurera inférieur à sa moyenne des cinq dernières années établie à 5,1 %. À l’échelle québécoise, il se chiffrera à 2,5 % en 2019 et à 2,8 % en 2020 (moyenne de 2014 à 2018 = 3,6 %).

Le marché de la revente de propriétés existantes a aussi enregistré une hausse au cours des trois premiers trimestres de 2019 par rapport à la période équivalente de 2018. Comme pour la construction neuve, les transactions devraient afficher une croissance sur l’ensemble de l’année en cours. Pour 2020, toutefois, un repli de l’activité résidentielle devrait être observé en Estrie et à l’échelle provinciale.