Le concept gagnant pour la salle de diffusion destinée à un public jeunesse avait été dévoilé en juin 2018.

La construction de la salle intermédiaire repoussée

PRIMEUR / La construction de la salle de diffusion destinée à un public jeunesse ne commencera pas au printemps comme prévu. La mise en chantier du bâtiment, à côté du Centre des arts de la scène Jean-Besré, au coin des rues Wellington Sud et du Dépôt, n’est assurément pas prévue avant la fin de l’été, selon ce qu’a appris La Tribune. La Ville négocierait par ailleurs avec la firme ayant remporté le concours d’architecture pour éviter des dépassements de coûts.

La Ville aurait également commandé une étude indépendante pour valider les coûts du projet, une disposition qui faisait partie des règlements du concours.

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Rappelons que le concept retenu pour la construction de la salle de 300 places était celui proposé par les firmes CIMAISE, Atelier Big City, Pageau Morel, Groupe EPG et Vinci Consultant. Le consortium a remporté la mise parmi les dix candidatures soumises. En juin 2018, on assurait que les coûts de 8,4 M$ seraient respectés. La contribution de la Ville doit être de 1,1 M$ alors que les gouvernements provincial et fédéral ont confirmé des subventions de 4 M$ et 2,7 M$. Côté Scène, le diffuseur, doit injecter 500 000 $.

La Tribune a pu confirmer que la Ville et le consortium ne s’entendaient pas sur les coûts du projet, qui dépasseraient les estimations. Des négociations pour réduire les coûts auraient été entamées.

Avant les élections de novembre 2017, des conseillers municipaux, dont le président du comité de la culture du moment, Pierre Tardif, avaient soulevé des doutes sur le budget réservé pour la salle de diffusion. En juin 2018, Nadia Marquis, du Bureau des projets majeurs, avait assuré que « le coût des propositions qui ont été soumises a été vérifié par un spécialiste en budget qui a été embauché par la Ville ». 

Elle indiquait que les budgets seraient revalidés « lors de certaines étapes ». « On va tenter de trouver des solutions s’il y a des dépassements, mais c’est un critère strict et ferme auquel il faut se tenir. C’est impossible de dépasser les coûts. On va pouvoir aller plus bas, mais pas plus haut » avait-elle déclaré.

Contrat sur la sellette

Selon des sources au fait du dossier, si la négociation achoppait ou si l’étude indépendante démontrait qu’il est possible de construire la salle de diffusion à un coût plus faible, la Ville pourrait mettre fin au contrat avec le consortium gagnant. Il faudrait alors relancer le concours d’architecture, ce qui reporterait encore davantage la construction de l’édifice. 

La Ville souhaiterait néanmoins éviter d’en venir à cette conclusion.

Il est déjà acquis que les travaux ne commenceront pas avant la fin de l’été, mais un échéancier plus précis ne sera connu que lorsque le différend concernant le budget sera résolu. Les prévisions initiales visaient la fin du chantier pour le printemps 2020.

La directrice générale de Côté Scène, Lilie Bergeron, disait mardi ne pas avoir été informée de délais majeurs dans la réalisation du projet. « Pour moi, les étapes suivent leur cours. S’il y a de légers ajustements, c’est normal. Je ne peux pas commenter une information que je n’ai pas moi-même, mais je ne suis pas inquiète. Je suis même impressionnée par la rigueur des porteurs de dossier à la Ville. »

Paul Gingues

Le président du comité de la culture, Paul Gingues, a pour sa part évoqué l’hypothèse du coût de l’acier, qui est plus élevé que prévu, pour justifier la différence au budget. « Je ne veux pas aller en rupture de contrat. Il faut laisser la chance au coureur. Il faut d’abord que le projet soit bien fait. Si ça ne fonctionne pas avec cette firme-là, on se revirera de bord rapidement. Si ça retarde de quelques mois, je ne vois pas d’inconvénient majeur. Faisons les choses comme il faut. »

La Ville de Sherbrooke a décliné toute demande d’entrevue. La conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance, n’a pas rappelé La Tribune.