Le président des Immeubles Must Urbain, Philippe Dusseault, a signifié par lettre d’intention le 5 février la volonté de son groupe de présenter une offre pour Well inc. Cette entreprise a rénové différents immeubles du secteur de la rue Alexandre, dont celui ayant accueilli la boulangerie Les Vraies richesses.

La concurrence se pointe pour Well inc.

CHRONIQUE / La clause d’exclusivité que la Ville de Sherbrooke avait consentie à un consortium privé pour le projet Well inc. est venue à échéance sans réponse de la part des élus municipaux, et voilà les partenaires privilégiés engagés sur le terrain de la concurrence puisque la mairie a déjà copie d’une lettre d’intention de la part de la firme sherbrookoise Immeubles Must Urbain, qui prétend avoir « un cadre financier avantageux et sérieux » à offrir.

« Le maire Steve Lussier est au courant de notre projet, nous l’avons rencontré à deux reprises et une lettre d’intention lui a été envoyée le 5 février. Nous attendions la fin de la période d’exclusivité pour rendre notre proposition publique », a confirmé à La Tribune le président des Immeubles Must Urbain, Philippe Dusseault.

Ce groupe suggère un ensemble moins volumineux et moins coûteux que celui soumis par le Fonds immobilier de solidarité de la FTQ, le Groupe Custeau et SherbWeb, les trois partenaires formant le consortium ayant été le seul interlocuteur de la Ville au cours des neuf derniers mois.

« Nous voulons ramener le projet à son envergure de départ, soit deux édifices de cinq ou six étages, qui se marieraient davantage à la trame urbaine qu’une tour de dix étages. Un investissement public et privé à hauteur de 50 M$ pourrait donner la même impulsion au secteur et serait plus réaliste, » prétend M. Dusseault.

La Ville a effectué des analyses de rentabilité en anticipant des investissements privés de l’ordre de 48 à 50 M$ de la part du consortium avec un levier municipal de 26 M$.

« Selon nos estimations, une réduction de nombre de cases de stationnement de 700 à 500  permettrait d’abaisser la participation de la Ville de 20 M$ à 10 M$ pour ce volet du projet et l’offre serait tout à fait adéquate. Des investissements de 35 M$ de notre groupe et de 15 M$ de la Ville représenteraient un ratio aussi avantageux que le projet sur la table, plus même », argumente le nouveau proposeur.

Philippe Dusseault reconnaît qu’il s’agit de données préliminaires puisque son groupe n’a pas encore planché sur un projet très élaboré.

« Le maire Lussier et le conseil municipal n’ont qu’à nous assurer que notre offre sera considérée et nous allons mobiliser des professionnels sherbrookois pour fournir des réponses rapidement. Nous prenons l’engagement d’offrir à toutes les entreprises de construction de Sherbrooke l’opportunité de nous soumettre un prix. Nous percevons qu’il y a un blocage à l’hôtel de ville. Certains élus sont réfractaires à appuyer Well Inc. à cause du modèle proposé », fait valoir le président des Immeubles Must Urbain.

Ce groupe a réalisé différents projets à Sherbrooke, dont la conversion et la rénovation d’immeubles dans le secteur de la rue Alexandre. Il a notamment préparé l’arrivée de la boulangerie Les Vraies Richesses, à l’intersection King-Gillespie.

« C’est modeste comme projet, mais la réponse favorable des consommateurs colle à notre vision. Nous connaissons le milieu, ses principaux acteurs et nous pouvons être rassembleurs », affirme M. Dusseault.

Ce dernier ne cache pas qu’une exemption de taxes de dix ans serait bien reçue par son groupe.

« C’est un bel incitatif et c’est normal de chercher à rendre un projet de cette envergure plus attrayant. Sherbrooke ne serait pas la première ville à agir ainsi pour relancer son centre-ville. »
Philippe Dusseault se défend bien de chercher à couper l’herbe sous les pieds des membres du consortium.

« Comme SherWeb n’occuperait que 10 % des espaces locatifs du projet sur la table, on ne peut pas prétendre que tout dépend de ses exigences. Cela dit, comme tous les Sherbrookois, je tiens à ce que cette entreprise poursuive son développement ici et nous la voulons parmi nos locataires. Nous ferions tout pour répondre à ses attentes.

« D’autre part, nous avons été partenaires du Groupe Custeau dans certains projets et j’avais frappé à la porte du Fonds immobilier de la FTQ avant la création du consortium. J’ai été le premier à parler de cette opportunité. Connaissant maintenant l’approche pour les investissements régionaux, je n’essaierai pas de convaincre les dirigeants du Fonds de s’associer à notre projet. Nous pouvons le financer et le réaliser sans eux », soutient M. Dusseault.

La clause d’exclusivité étant maintenant chose du passé, les enchères sont ouvertes. Qui dit mieux?