Des citoyens ont participé à une séance d’information convoquée par Bitfarms, mardi soir.

La colère gronde autour de Bitfarms

Les citoyens exaspérés par le bruit généré par Bitfarms se sont longuement exprimés, mardi soir à l’hôtel Delta, à l’occasion d’une séance d’information convoquée par l’entreprise. Disant être incapables de dormir en raison des nuisances sonores, plusieurs ont littéralement demandé à Bitfarms de déménager, remettant en doute les études acoustiques réalisées en octobre et en septembre. L’entreprise de chaînes de blocs s’est engagée à réaliser une nouvelle étude.

Voilà deux mois maintenant que les résidants du secteur de la rue Raimbault n’en peuvent plus du bruit, mais aussi des vibrations, émanant des installations de la rue de la Pointe, près du parc Lucien-Blanchard. Un mur coupe-son temporaire, composé de trois conteneurs, a été installé à l’entrée du site. Des panneaux acoustiques ont également été posés dans l’usine pour réduire le son généré par des ventilateurs.

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Bitfarms baisse le son

Marc Duchesne, directeur des communications pour Bitfarms, a expliqué que des tests de son ont été réalisés à trois occasions, dans cinq endroits différents, entre septembre et octobre. L’étude démontre une différence d’environ trois décibels entre le bruit ambiant et celui généré par l’entreprise, portant le niveau sonore entre 50 et 53 décibels, soit l’équivalent d’une pluie modérée.

Plusieurs citoyens ont d’emblée scandé que les chiffres étaient erronés, invraisemblables.

Fermer en attendant ?

M. Duchesne a ajouté que Bitfarms compte déplacer la voie d’accès à ses installations à court terme pour fermer complètement l’entrée actuelle avec des conteneurs en attendant la construction d’un talus et d’un mur coupe-son permanent de 20 pieds de hauteur et de 75 pieds de longueur. Ledit mur, qui sera végétalisé et dont les travaux pourraient commencer au printemps, ressemblera à ceux se trouvant sur le bord des autoroutes. Un investissement de 250 000 $ sera nécessaire.

Parmi environ 45 citoyens, Marcel Cyr a suggéré que l’usine ferme en attendant que le problème soit réglé, ce que l’entreprise ayant investi 5,5 M $ US à Sherbrooke n’est pas en mesure de faire.

Le promoteur Matthieu Cardinal, qui construit le complexe Humano près de la rivière, a demandé à Bitfarms de rendre publique son étude acoustique pour travailler à trouver des solutions communes.

Marc Duchesne (à droite), directeur des communications de Bitfarms, a expliqué les résultats d’une étude acoustique commandée par l’entreprise. Il était accompagné de Mathieu Vachon, vice-président exécutif de Bitfarms, et de Bianca Verreault, gestionnaire de projets.

« Le rapport final est en élaboration et nous le remettrons à la Ville », a dit Mathieu Vachon, vice-président exécutif de Bitfarms.

Devant la grogne générale, M. Vachon a convenu de réaliser une nouvelle étude sonore pendant 24 heures consécutives, en plus d’une étude à effectuer une fois les mesures d’atténuation permanentes en place.

Mario Côté a exigé que le son ne soit pas qu’atténué, mais bien éliminé. « Récemment, à trois heures du matin, je pensais qu’un hydravion atterrissait sur la rivière. Les nazis utilisaient ça comme torture dans le temps, le bruit. »

Déménager ?

Annette Raby a proposé de prendre l’argent à investir dans le mur pour financer un déménagement.

« Déménager, ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire. Si notre solution n’apporte pas de résultats, nous ne laisserons pas ça comme ça », a rétorqué Mathieu Vachon.

Le vice-président exécutif a ajouté avoir pris contact avec un chercheur de l’université pour des analyses de bruit.

L’usine actuelle utilise une puissance de 20 MW. Si Bitfarms avait l’intention d’ajouter 12 MW, et ensuite 18 MW, les plans d’expansion sont présentement sur la glace sur la rue de la Pointe.

René Pelletier, lui, a blâmé la Ville, qui a permis à Bitfarms de s’implanter à proximité de la rivière. « C’est une aberration que nous n’avions pas vue depuis longtemps. La Ville devrait vous relocaliser. »

Modifier le zonage

Le conseiller municipal Marc Denault a souligné la grande ouverture de Bitfarms et a proposé la création d’un comité citoyen pour trouver des solutions à court et long terme. Il a ajouté que le zonage permettait à l’entreprise de s’installer à cet endroit. « Nous nous assurerons de modifier le zonage à la première occasion. Nous aurions dû identifier des endroits où les impacts auraient été modérés par rapport à ce qu’on vit en ce moment. »

Son collègue Paul Gingues accueille positivement la nouvelle étude de son promise par Bitfarms.

Enfin, Marc Duchesne juge que l’échange était nécessaire. « Il fallait avoir une discussion face à face, crever l’abcès. Souvent, on se parlait à travers les journalistes ou les gens de la Ville. Il fallait être transparent. C’est le début de plusieurs interactions avec les citoyens. On veut être un citoyen corporatif responsable. »