Dominic Bachand, directeur général adjoint de la Clinique Plateau Marquette, estime qu’entre 100 000 et 110 000 patients passeront les portes de ce groupe de médecine familiale en 2019.

La Clinique Plateau Marquette ne sera pas une superclinique

La Clinique médicale Plateau Marquette ne deviendra pas une superclinique. Les plans de la direction de la clinique qui compte 28 médecins de famille ont changé et l’équipe d’omnipraticiens a décidé de mettre l’accent sur la prise en charge intense de sa clientèle inscrite.

Il y a un an maintenant que la Clinique Plateau Marquette est déménagée dans ses vastes locaux de la rue J.-A. Bombardier, à l’intersection de la rue King Ouest et de l’autoroute 410. Le déménagement avait été pensé pour que la clinique devienne une superclinique et qu’elle puisse recevoir des patients orphelins (sans médecin de famille) 12 heures par jour, 365 jours par année.

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Besoin d’une 2e super-clinique?

« Mais nous avons changé d’attitude pour orienter notre travail vers la prise en charge de patients. Nous faisons bien notre travail. Nous avons 32 000 patients inscrits. Nous n’avons aucun problème à faire du sans rendez-vous pour nos patients. Nous sommes ouverts toute l’année, 12 heures par jour, et nous avons deux ou trois médecins qui font du sans rendez-vous par jour, selon les besoins, pour répondre à la demande de nos patients », souligne le fondateur de ce groupe de médecine familiale (GMF) le Dr Jacques Bachand.

Longtemps, le Dr Bachand a travaillé dans le but de transformer sa clinique en superclinique et à en ouvrir les portes à l’ensemble de la population.

« Les médecins que nous avons recrutés sont intéressés par la prise en charge de patients. Nous avons mis en place toute une équipe de professionnels autour de nos médecins pour les aider dans leur travail. Nous fonctionnons selon le modèle de l’accès adapté. En retour, on demande aux médecins d’inscrire le plus de patients possible », ajoute Jacques Bachand.

Résultat : le nombre de patients inscrits à la Clinique Plateau Marquette a bondi à 32 000 personnes qui réussissent neuf fois sur dix à voir leur médecin quand un problème de santé se pointe.

« Nous avons un taux d’assiduité de 91 %. C’est excellent. Il ne doit pas y avoir beaucoup de cliniques avec un tel taux », ajoute Dominic Bachand, le directeur général adjoint de la clinique.

Le taux d’assiduité signifie le nombre de fois où le patient réussit à voir un médecin à sa clinique plutôt que dans d’autres ressources, comme les salles d’urgence ou la « superclinique de l’Est ».

« Si nous devenons une superclinique et que nous ouvrons nos rendez-vous d’urgence à l’ensemble de la population, nous n’arriverons plus à voir nos patients inscrits. Nos patients vont à leur tour se retrouver dans les salles d’urgence ou dans la superclinique de la rue King Est. Ce ne serait pas logique », juge Jacques Bachand.

Alors la direction de la clinique s’efforce de mettre en place une grande équipe autour de ses médecins : un secrétariat efficace, une solide équipe de gestion, et tout plein de professionnels pour épaules les médecins dans leur travail auprès de leurs patients, comme des infirmières, des psychologues, des pharmaciens, etc.

Et puis les médecins travaillent selon « l’accès adapté ». Ce modèle de prise de rendez-vous permet généralement aux médecins pour des rendez-vous non urgents en moins de deux semaines et pour des problèmes urgents, en moins de 24 heures.

Et ça fonctionne. « En 2019, nous estimons qu’il y aura entre 100 000 et 110 000 patients qui vont passer les portes de la clinique », soutient Dominic Bachand.

Il y a un an maintenant que la Clinique Plateau Marquette est déménagée dans ses vastes locaux de la rue J.-A. Bombardier, à l’intersection de la rue King Ouest et de l’autoroute 410.

Un jour peut-être?

Les dirigeants de la clinique ne ferment pas la porte à ce que la clinique devienne un jour une superclinique si les conditions changent et si des nouveaux médecins s’ajoutent en Estrie par l’octroi des Plans régionaux des effectifs médicaux (PREM). « Mais je fais la promotion de la prise en charge. si tous les patients de la région avaient un médecin de famille, on n’aurait pas besoin de plus de supercliniques au Québec », ajoute le Dr Jacques Bachand.

En entrevue à La Tribune mercredi, le premier ministre sortant Philippe Couillard a pourtant réitéré son intérêt à ouvrir des supercliniques au Québec, 25 qui s’ajouteraient aux 49 actuelles. Il a pointé les médecins pour expliquer les lenteurs à mettre en place le réseau de supercliniques imaginé par son ministre de la Santé Gaétan Barrette. « La solution ne peut pas être de diluer le modèle », a-t-il déclaré.

« Je l’ai pris comme un commentaire général pour le Québec. Nous, on fait le travail que nous demande le ministère en inscrivant beaucoup de patients et en ayant un excellent taux d’assiduité grâce à notre mécanisme d’accès adapté. On atteint les cibles. Mais pour certains médecins qui travaillent vraiment très fort, c’est certain que ça peut devenir démoralisant quand le gouvernement ne reconnait pas leur travail et juge qu’ils n’en font pas assez », soutient Dominic Bachand.