Les derniers jours ont été pénibles pour les restaurants Louis Luncheonette de Sherbrooke. La clientèle se fait plus rare, note le propriétaire Pierre Ellyson.

Jours difficiles pour les restaurants Louis

« Ça fait 50 ans que je suis dans la restauration. On a vécu des crises de quelques jours, comme pour des inondations. Jamais qu’on ne voyait pas la lumière au bout du tunnel. »

L’homme d’affaires sherbrookois Pierre Ellyson aimerait que ce qu’on vit actuellement ne soit qu’un mauvais rêve. Les derniers jours ont été pénibles pour ses trois restaurants Louis de Sherbrooke.

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La clientèle s’est raréfiée au fil des jours, déplore-t-il. « Nous avons dû diminuer le nombre de nos places. Il y a moins d’achalandage. Les gens sont craintifs de sortir et ils respectent ce que les gouvernements demandent », témoigne-t-il.

« Nous demeurons ouverts en respectant les règles. Nous avons engagé des étudiants qui ne font que nettoyer partout, tout le temps. Nous allons essayer de fonctionner. » 

M. Ellyson estime que les chiffres d’affaires ont chuté considérablement depuis le « vendredi 13 » mars. Il a remarqué une baisse de 15 pour cent cette journée-là. Le lendemain, la diminution a atteint 25 pour cent. Dimanche et lundi, la chute s’est poursuivie pour atteindre 50 pour cent. 

« Nous avons réduit nos heures d’ouverture. Nous ouvrons maintenant à 8 h et nous fermons à 20 h, explique-t-il.

« Nous avons des employés depuis de nombreuses années. Il faut prendre aussi soin d’eux. Nous avons 150 employés dans les trois restaurants Louis. C’est du monde. La restauration ce n’est pas un domaine facile au départ. Tu ne comptes pas tes heures. »

On a aussi dû prendre des mesures à la Taverne Alexandre sur la rue du même nom au centre-ville de Sherbrooke. Le commerce demeure ouvert en raison de son permis de restauration, mais le nombre de places a diminué, précise Pierre Ellyson.

 L’homme d’affaires a réfléchi à la possibilité d’opter pour la livraison à domicile. Mais pour le moment, il y renonce.

« Je ne l’exclus pas, mais je ne suis pas rendu là encore, témoigne-t-il. Je crains que la qualité de la nourriture ne soit pas la même une fois rendue chez les gens. Dans la restauration rapide, ça s’y prête moins, disons. »

« Aide rapide »

Julie Arel, propriétaire du Resto La Muse de Drummondville, espère qu’en cette période de la COVID-19 qu’une « aide rapide » sera offerte des gouvernements et les propriétaires d’immeubles pour passer à travers cette crise sans précédent.

« Actuellement, nous sommes en train d’envoyer 90 % de notre personnel en chômage. Nous souhaitons prendre les bonnes décisions, mais surtout savoir ce qui nous attend, car présentement nous n’avons aucune information concernant les aménagements ou les allégements qui seront offerts aux restaurateurs du Québec », affirme-t-elle.

Comptant plus de 30 ans d’expérience dans la restauration, l’ancienne propriétaire du mythique Restaurant Madrid, entre Montréal et Québec lance un mouvement pour rallier les restaurateurs des quatre coins du Québec afin de faire pression sur les gouvernements.

« Nous n’avons pas été formés pour envoyer l’ensemble de nos employés au chômage. Depuis des mois, nos établissements fonctionnaient à capacité malgré le manque de personnel », se plaint-elle. 

« Aujourd’hui, nos restaurants sont vides. À la fin du mois, nous devrons payer nos taxes, nos loyers et notre électricité. La réalité est que plupart des restaurateurs du Québec ne sont pas assez solides financièrement pour soutenir cette pression. Si nous n’avons pas d’aide, nous allons tous mourir à petit feu. »

Sur Facebook, elle a lancé le mouvement « Sauvons nos restos et bars ».