Steve Lussier

Jeux de la Francophonie : les règles changent, la volonté demeure

La Ville de Sherbrooke pourra redéposer officiellement sa candidature pour les Jeux de la Francophonie du 1er mars au 31 mai lors d’un appel de candidatures accéléré. L’organisation de la Francophonie change toutefois les règles du jeu et accepte de remettre le cahier de charges dès la mise en candidature afin d’éviter qu’une situation comme celle vécue à Moncton-Dieppe se reproduise.

L’ouverture de la nouvelle période de candidatures et des nouvelles procédures a été faite à l’issue d’une rencontre de deux jours à Paris du Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF). C’est la vice-présidence du CIJF qui a contacté le maire de Sherbrooke vendredi pour l’en informer.

« J’ai reçu un appel d’Annie Laflamme, vice-présidente, qui m’a informé de bonnes nouvelles. Tout d’abord, elle m’a confirmé que l’intérêt du Québec et de Sherbrooke avait bien été entendu par le comité. Il n’était pas fâché que l’on ne dépose pas immédiatement notre candidature. Professionnellement, ç’a été bien vu par le comité. Ils comprennent que les paliers gouvernementaux doivent se parler et il voit que nous voulons faire les choses dans le bon ordre. 

« La deuxième bonne nouvelle est que nous aurons accès au cahier de charges dès la candidature. Le CIJF a compris à la suite du désistement du Nouveau-Brunswick que si le cahier de charges avait été disponible dès le départ la situation actuelle ne serait peut-être pas arrivée », explique M. Lussier, en entrevue avec La Tribune.

« Dans l’ordre »

La Ville de Sherbrooke pourra ainsi analyser les demandes du CIJF dès le mois de mars, advenant une mise en candidature officielle, et fixer un budget. Notons toutefois que Québec, à titre de mandataire, n’a toujours pas confirmé officiellement sa volonté de déposer la candidature de Sherbrooke.

« Mais ils ont manifesté leur intention, ça m’a été confirmé. Et pour le travail d’analyse, ça ne m’inquiète pas puisque 90 % du travail a déjà fait dans le passé. Le travail qu’il reste à faire est quelques mises à jour des infrastructures », précise le maire.

Selon M. Lussier, les paliers de gouvernement supérieurs discuteront la semaine prochaine de leur part financière respective. 

Le choix de la ville hôtesse sera annoncé au début du mois de juillet.

Il restera alors deux ans avant la tenue des compétitions sportives et culturelles. « J’ai vérifié et le délai est toujours correct. Oui c’est court, mais comme on a beaucoup d’infrastructures, c’est réalisable », affirme M. Lussier.

Vendredi, dans les pages de La Tribune, le conseiller Pierre Tremblay a reproché la gestion du maire Lussier dans le dossier des Jeux de la Francophonie. « Un manque flagrant de leadership », dénonçait-il.

À cela, M. Lussier répond qu’il n’aurait servi à rien de se fâcher pour obtenir plus d’argent des paliers de gouvernement. « M. Tremblay comme d’autres conseillers ne sont pas au fait de tout ce qui se passe dans le dossier jusqu’à maintenant. Lundi, ce sera discuté au conseil. Il ne faut pas brusquer les choses et y aller dans l’ordre. »

M. Tremblay reprochait également au maire d’avoir tout d’abord fermé la porte aux Jeux, lors de l’annonce du désistement de Moncton-Dieppe. « Des gens dans le domaine m’ont dit que c’était tout à fait normal; que si Québec ne donnait rien et que la Ville n’avait rien budgété, pour l’instant la réponse était non. On a révisé notre réponse par la suite et il fallait que ça passe par le conseil. On a joué franc-jeu dès le départ. » 

Rappelons que jusqu’à présent, Sherbrooke a fixé sa contribution à 5,5 M$ tandis que le gouvernement du Québec est prêt à mettre 17 M$. Le fédéral offre un financement équivalent à celui du provincial et du municipal, ce qui porte à 45 M$ le budget sur la table. 

Selon différents scénarios, les coûts de l’événement pourraient toutefois atteindre entre 52 à 84 M$.