Jean Perrault a déjà le feu vert de son épouse Nicole s'il décide de s'engager dans une bataille à la mairie face à son successeur Bernard Sévigny.

Jean Perrault songe à un retour à la mairie

Courtisé par un groupe cherchant à le convaincre de revenir en politique municipale, Jean Perrault n'écarte pas une bataille à la mairie face à son successeur Bernard Sévigny au cours des mois à venir.
M. Perrault a confirmé à La Tribune avoir pris l'engagement auprès de ceux qui l'ont sollicité « d'y réfléchir sérieusement ».
« Je suis loin d'être à l'étape d'annoncer une décision. Je suis même très loin de là. Par contre, des gens d'affaires influents m'ont rencontré et pensent qu'en revenant pour un mandat, je pourrais amener Sherbrooke plus loin. Je veux me montrer respectueux à leur égard en prenant le temps de bien évaluer leur proposition ».
Même si le commentaire est ambivalent et prudent, Jean Perrault vient d'entrouvrir une porte qu'il disait fermer à tout jamais au terme de son dernier mandat à la mairie de Sherbrooke, en 2009, après une carrière de 27 ans en politique municipale.
En niant tout intérêt, M. Perrault aurait vite étouffé l'affaire. Un vétéran comme lui n'est d'ailleurs pas sans connaître la portée de ses propos, d'autant qu'il admet que c'est la première fois depuis huit ans qu'il fait l'objet de telles pressions.
« J'entends des commentaires de citoyens tous les jours, et ce, depuis le premier jour de ma retraite. C'est toujours un peu flatteur d'entendre des gens vous dire qu'ils aimeraient vous revoir à la mairie. Lors des élections de 2013, personne ne m'avait formellement invité à poser ma candidature. Là, de fait, c'est différent » convient-il.
M. Perrault refuse de dévoiler les motifs qui pourraient l'engager dans une bataille électorale pour tenter de reprendre les commandes de l'hôtel de ville.
« Je me suis toujours fait un devoir de ne pas jouer à la belle-mère et je ne briserai pas cette ligne de conduite en commençant à critiquer du seul fait que des rumeurs courent à mon sujet. Malgré mes 72 ans, je suis en pleine santé. Je pète le feu. Je suis la première personne à convaincre et il faut que ma réflexion soit honnête et sereine », répond-il à ce sujet.
L'ex-maire a déjà soumis l'idée à sa femme Nicole, qui ne l'a pas dissuadé d'aller au bout de ses convictions s'il a le goût de relever ce défi.
« Nicole m'a déjà dit qu'elle était prête à m'appuyer. Nous sommes des parents et des grands-parents comblés et je suis conscient de tous les sacrifices familiaux que cela impliquerait ».
Est-il un retraité hésitant, souhaitant prendre la température de l'eau avant de décider s'il plongera ou pas?
« Pas du tout! Je n'ai pas besoin de ça. Ma notoriété est établie, les Sherbrookois me connaissent et savent ce dont je suis capable. Je prendrai mes propres décisions, comme ce fut le cas lors de mon départ », bondit-il.
Jean Perrault avait dévoilé qu'il en serait à un dernier mandat un an avant les élections de 2009. Bernard Sévigny se profilait déjà comme adversaire pour l'affronter à la mairie. Les deux hommes s'étaient précédemment retrouvés à couteaux tirés durant le référendum sur le plan d'urbanisme. La dissidence de M. Sévigny, ainsi que des conseillers Diane Delisle et Robert Pouliot, avait contribué à la défaite que l'ex-maire Perrault et les 16 conseillers municipaux rangés derrière lui avaient essuyée dans ce dossier.
« Le contexte d'alors n'est pas nécessairement celui d'aujourd'hui », désamorce M. Perrault, qui veut sans doute éviter que sa réflexion soit interprétée comme une soif de vengeance. 
« J'ai été au coeur de la réforme sur les saines habitudes de vie en milieu scolaire et j'ai également produit à la demande du gouvernement provincial le rapport ayant mené à la révision des lois pour accorder plus d'autonomie aux villes. Ma passion pour la vie municipale n'a donc jamais cessé », relève celui qui n'a jamais connu de revers électoral.
Les discussions avec Jean Perrault ont été menées avec un grand souci d'éviter les fuites. Peu de conseillers indépendants en auraient été informés. Annie Godbout avait toutefois été prévenue qu'elle risquait d'avoir à se frotter à l'ex-maire Perrault en se lançant dans la course à la mairie.
« Oui, on m'a parlé de cela. Je ne saurais vous dire par contre à quel point les intentions de M. Perrault sont sérieuses », commente-t-elle prudemment.
« Rien ne presse et je ne dois rien à personne. J'annoncerai ma décision quand je serai prêt », conclut le principal intéressé.
La seule ouverture manifestée par M. Perrault déclenchera une forte secousse à l'échelle de la politique sherbrookoise.