Hélène Dauphinais a décidé de retirer sa candidature aux prochaines électionas municipales pour des raisons de santé. La conseillère du district du Pin-Solitaire espère qu'un autre candidat indépendant viendra faire la lutte aux représentants des deux partis sherbrookois.

« Je suis hyper-déçue » - Hélène Dauphinais

Quelques heures après le début officiel des élections municipales, la conseillère du district du Pin-Solitaire, Hélène Dauphinais, a annoncé qu'elle se retirait de la campagne électorale pour des raisons de santé.
Mme Dauphinais a appris lundi qu'elle devra subir sous peu une intervention chirurgicale qui la tiendra éloignée du travail jusqu'aux Fêtes. La médecin spécialiste s'est montrée claire avec sa patiente, mener une campagne électorale n'était pas une option. Madame Dauphinais a demandé à ce qu'on respecte sa vie privée quant à son état de santé.
«Je n'ai pas pris part à la séance du conseil lundi, j'étais sous le choc, j'avais besoin d'absorber la nouvelle et de retomber sur mes pattes», confie, calme et souriante, celle qui a tout de même ensuite poursuivi ses activités tout au long de la semaine avant d'annoncer sa décision vendredi.
«Je suis hyper-déçue, j'avais vraiment envie de mener cette campagne», note Hélène Dauphinais, qui venait tout juste de recevoir ses dépliants de campagne et ses pancartes électorales. Des dépenses qui ne lui seront pas remboursées.
«J'aurais peut-être pu mener une campagne poteau et reprendre le travail après la convalescence, mais non, ce n'est pas moi, la décision s'est imposée d'elle-même. Mais j'espère que quelqu'un profitera de cette porte ouverte pour se lancer à son tour. Le district est prenable. Il est sur une belle lancée, qu'il faudrait poursuivre. Les citoyens du district sont des gens super si vous allez à leur rencontre.»
«Il reste deux semaines encore pour qu'un autre indépendant prenne la relève dans notre district, poursuit-elle. Il n'est pas trop tard. La dernière fois, j'avais installé mes pancartes en octobre seulement et j'ai quand même été élue. J'espère qu'il y aura quelqu'un pour démontrer de l'intérêt. Il faudrait vraiment une lutte. Quand je m'étais présentée contre Mariette Fugère, ce n'était évidemment pas parce que j'aimais son travail...»
Hélène Dauphinais avait fait son entrée à l'hôtel de ville de Sherbrooke en 2013, à sa deuxième tentative pour déloger la conseillère alors en place, Mariette Fugère. Les deux femmes devaient se retrouver sur le terrain cet automne afin de relancer leurs électeurs, tout comme le candidat de Sherbrooke Citoyen, Ludovick Nadeau.
«Je crois beaucoup en l'indépendance des candidats, ajoute Hélène Dauphinais. C'est plus intéressant d'avoir cette liberté de penser et de faire, que tu aies aussi à assumer tes décisions plutôt que d'avoir la possibilité d'aller te mettre à l'abri quand c'est agité. En plus, ici, le parti sert beaucoup à se mettre à plusieurs pour taper sur les indépendants. C'est l'effet de meute.»
Mandat sous tension
Économiste de formation, Hélène Dauphinais s'est toujours montrée critique de l'administration du maire Bernard Sévigny lors des quatre dernières années. À l'automne 2016, le nom de cette enseignante en économie au Cégep de Sherbrooke avait circulé comme candidate possible à la mairie de Sherbrooke cet automne. Elle y avait renoncé.
«La politique municipale, c'est une belle expérience, mais il faut bien se connaître et être prêt à y mettre du temps. C'est beaucoup de temps, je l'avais sous-estimé. Mais j'en aurai retiré beaucoup de positif parce que j'ai milité pour une bonne gestion des dépenses de la Ville afin qu'il y ait un retour juste aux citoyens, j'ai été près des gens comme je m'étais engagée à le faire, j'ai aussi apporté mon expertise d'économiste au conseil, même si la réception de mes idées n'était pas très bonne.
«Je me suis lancée là-dedans parce que je voulais apprendre comment se prennent les décisions, j'en ressors plus confiante en mes habiletés et mon expertise, souligne Hélène Dauphinais. Par contre, j'ai réalisé que je n'étais pas bonne dans la petite politique par en arrière, ça a peut-être nui à mon district. La politique devrait toujours se faire au vu et au su de tous.»
Fréquemment prise à parti par le maire Bernard Sévigny et l'équipe du Renouveau sherbrookois, Hélène Dauphinais a aussi subi les foudres de nombreux citoyens et intervenants du milieu culturel au cours de la dernière semaine après qu'elle ait demandé le retrait d'une murale présentant de la nudité dans le parc Victoria.
«C'est la première fois que je recevais des commentaires négatifs des citoyens, note-t-elle. C'est correct. Même chose pour les amoureux de l'art, même si dans leur cas, je me demande où ils étaient quand je me suis opposée, toute seule, au départ du Vaisseau lunaire qui avait été installé sur les berges du lac des Nations? Je ne sais pas...»
Hélène Dauphinais est également présidente de la Régie intermunicipale du centre de valorisation des matières résiduelles du Haut-Saint-François et de Sherbrooke, Valoris, qui s'est retrouvée dans la tourmente au cours des derniers mois après avoir augmenté des tarifs de 53 pour cent afin d'éviter un déficit. Elle est aussi vice-présidente de Récup-Estrie, présidente du comité de toponymie, représentante de l'employeur du comité de retraite des employées et employés de la Ville de Sherbrooke, représentante de l'employeur du comité de retraite des policiers et policières de la Ville de Sherbrooke, substitut du comité de gestion des assurances collectives.
Cette annonce de son départ survient après celle d'un autre conseiller indépendant, Jean-François Rouleau. D'autres vieux routiers de la politique municipale, comme David Price et Serge Paquin, ont aussi décidé de ne pas se représenter.
Appelée à commenter, la conseillère Annie Godbout, qui s'est aussi fréquemment retrouvée dans la mire du Renouveau sherbrookois, constate que le portrait va grandement changer au conseil après le scrutin du 5 novembre.
«Hélène a certainement longuement réfléchi avant de prendre cette décision, dit la conseillère sortante du district de Rock Forest. Mais sa santé c'est très important. Je lui souhaite bon courage. Je suis certaine qu'elle va continuer à jeter un regard critique sur la politique municipale de Sherbrooke.»
«Je ne sais pas ce que sera la suite des choses, remarque Hélène Dauphinais. Je suis une cartésienne. Pour l'instant, je suis ici, je fais ce que j'ai à faire. Ensuite, on verra. Je trouverai peut-être d'autres façons d'être engagée, mais je vais peut-être aussi me tourner vers d'autres choses, prendre du temps. J'ai envie d'apprendre certaines choses, entre autres sur les nouvelles technologies, d'écrire, d'avoir d'autres projets, lancer une entreprise peut-être. On verra.»
Avec la collaboration de Claude Plante