Réjean Hébert

Intérêt de Réjean Hébert pour le PLC : des réactions normales et prévisibles

Le Parti québécois n’a pas tardé à critiquer l’ancien ministre péquiste Réjean Hébert, au début du mois, après que celui-ci ait évoqué la possibilité de se présenter comme candidat libéral aux prochaines élections fédérales. Toutefois, ce changement de cap ne serait pas nécessairement mal reçu hors des cercles militants, estime l’analyste politique sherbrookois Emmanuel Choquette.

Les réactions négatives de membres du PQ étaient normales et prévisibles, affirme M. Choquette, conférencier et chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. « Ils perdent une figure de proue, une personne qui a incarné le ministère de la Santé au Québec dans un gouvernement souverainiste. Donc évidemment, c’est une perte, une fracture, et c’est choquant de voir un membre de cette équipe avec qui ils ont travaillé pendant des années passer dans l’équipe adverse », explique-t-il.

Selon lui, la déception est d’autant plus forte que la réflexion de M. Hébert était accompagnée d’un certain désaveu envers le projet d’indépendance du Québec.

« Pour une question aussi fondamentale que l’avenir de la nation, ça ajoute à la tension! La souveraineté n’est pas une question qui préoccupe la majorité des Québécois présentement, elle stagne et perd en importance au niveau de l’électorat, et ce n’est pas agréable à remarquer pour le Parti québécois. Alors c’est sûr que c’est embêtant et choquant pour eux », souligne l’analyste.

Question de motifs

Des militants et observateurs cyniques y voient de la trahison ou de l’opportunisme, mais, toujours selon M. Choquette, il serait étonnant que l’ambition politique soit le moteur principal de la réflexion de M. Hébert, qui avait délaissé la politique après son mandat de ministre pour retourner œuvrer en santé.

« On peut voir là le désir d’accéder au pouvoir, et c’est bien possible, mais ça ne veut pas dire pour autant que c’est machiavélique ou négatif. Ça peut aussi venir d’une volonté véritable de s’impliquer et de faire bouger les choses. En politique, le côté stratégique est toujours présent : ce qu’on veut, c’est le pouvoir, parce qu’on c’est quand on l’a qu’on peut changer les choses, alors que dans l’opposition, on a moins de prise sur les enjeux et sur la façon qu’on a de proposer ou construire les lois, parce qu’on ne fait pas partie de l’exécutif », rappelle le chargé de cours.

« Mais on a de la misère à voir quels sont les enjeux d’actualité qui semblent l’interpeller. Moi, je trouve ça vraiment flou, pour l’instant! », concède tout de même M. Choquette.