Pascal Cyr

Interdit à l’hôtel de ville, il crie à la censure

Expulsé de la dernière séance du conseil municipal, le citoyen Pascal Cyr se voit interdire l’accès à l’hôtel de ville, aux séances des conseils d’arrondissement et aux séances de consultation publique municipales jusqu’au 31 décembre. Informé par lettre, l’ancien candidat aux élections dans le district de Desranleau estime qu’il s’agit d’une façon d’éviter de répondre à des questions embarrassantes.

M. Cyr, un assidu des séances du conseil, avait lancé haut et fort pendant la dernière réunion à l’hôtel de ville qu’il avait honte des élus. Le maire Steve Lussier l’avait aussitôt invité à quitter.

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Vaudeville à l’hôtel de ville

Un citoyen mis en demeure pour une de ses interventions au conseil

Le citoyen a reçu une lettre d’un huissier jeudi.

« Lors des dernières séances du conseil municipal et plus particulièrement lors de la séance du 17 juin dernier, vous n’avez pas adopté un comportement civilisé et vous avez utilisé un langage irrespectueux envers les représentants de la Ville, plus particulièrement du conseil municipal. Votre comportement nuit aux activités et au bon fonctionnement des séances du conseil et indispose également d’autres citoyens », lit-on dans la lettre signée du directeur général Daniel Picard.

La lettre en question fait état de plusieurs avis verbaux de la présidente du conseil et du maire. « Vous devez comprendre que la Ville de Sherbrooke n’accepte aucun écart de conduite de cette nature. »

Il est précisé que les comportements irrespectueux sont passibles d’amendes pouvant atteindre 2000 $. M. Picard cite entre autres le règlement 1 de la Ville de Sherbrooke et des articles sur la civilité et le respect dans les édifices municipaux.

Daniel Picard a décliné la demande d’entrevue de La Tribune.

« Preuve flagrante »

« Le libellé est très vague. Je suis puni pour mes opinions. Quand on dit que j’indispose d’autres citoyens, on parle probablement de la femme du maire, qui assiste à toutes les séances. La vérité, c’est que lors du dernier conseil, quand j’ai voulu poser des questions, Mme la présidente a décidé qu’elle ne prenait plus de questions. C’est parce que je voulais interroger le maire sur ses dépenses. Je ne me rappelle pas avoir insulté la présidente. Le seul que j’ai traité de quoi que ce soit, c’est le maire.

« Dans une lettre d’opinion, j’écrivais aussi que Mme [Nicole] Bergeron censure les gens et c’en est une preuve flagrante. »

Quant à la possible amende de 2000 $ qu’il pourrait se voir infliger, Pascal Cyr rapporte qu’il ne la paierait pas. « Je ferais de la prison avant de payer ça. Je deviendrais le premier prisonnier d’opinion à Sherbrooke. »

Le citoyen cherchera à voir s’il est possible de contester l’avis qu’il a reçu.

Pascal Cyr est reconnu pour ses critiques du monde municipal pendant les périodes de questions à l’hôtel de ville. Il avait été impliqué dans une controverse dans les jours ayant suivi l’élection du présent conseil alors qu’il rapportait avoir été invité à « pistonner » la conseillère Évelyne Beaudin par le directeur du cabinet de Steve Lussier.

En mars 2018, un autre citoyen qui s’en était pris verbalement à la présidente du conseil avait reçu une mise en demeure du directeur général de l’époque, Yves Vermette, l’intimant de faire preuve de plus de respect. M. Vermette avait alors prévenu que ce citoyen s’exposait à une expulsion de l’hôtel de ville et ajoutait que l’accès au bâtiment pourrait lui être interdit.